LAD : les "derniers pour la route" de ce lundi 24 octobre


"Une passion" - Nicolas Crousse - Ed. Jacques Flament




La passion ne vaut rien. Quand l’amour est passé, elle a l’odeur de la charogne. Elle vous propulse dans un grand trou noir. C’est un cancer qui vous décharne. Une drogue dure qui s’attaque à votre système nerveux. Une terrible malédiction, où la solitude n’est plus qu’un autre mot pour l’exil. Tout à coup, il n’y a plus rien. Vous avez perdu le goût. Vos jambes sont des morceaux de bois mort. Votre poitrine est une prison. Et alors, rien ni personne ne peut plus rien pour vous. Vous n’entendez plus. Vous ne voyez plus que le puits de votre chagrin. Vous voilà autiste. Et vous vous jurez mort. Il n’y a alors plus qu’un seul enjeu : sauver sa peau.

Rien ne vaut la passion. C’est un don de Dieu. Une grâce divine. Une soudaine communion religieuse. Un partage de sang, entre frères ou sœurs. C’est une éclaircie dans la nuit. Ou alors une éclipse solaire. L’entrée dans une autre dimension. Soudain, vous ressentez à l’unisson. Vous retrouvez le jardin d’Eden. Vous êtes au cœur, au centre, dans le noyau le plus dur et le plus pur de la vie. Vous voilà réconcilié avec le monde. Vous vous remettez à vous aimer. Vous vous émerveil-lez d’un rien, d’un bruissement de feuilles, d’une araignée pendue à un fil, d’un ventre florentin. Votre corps est un océan qui s’éveille. Vous vous persuadez qu’avant cela, vous n’aviez pas vécu. Que vous viviez endormi. Que vous somnoliez entre deux songes.



"Portugal' de Cyril Pedrosa - Ed.Dupuis/Aire Libre
"J'avais une furieuse envie d'acheter du tabac. Après deux ans sans fumer une seule clope... Le pire, c'est que je m'en foutais copieusement. En fait, j'étais vraiment ravi d'avoir été invité par ce festival. Plus de vingt ans que je n'étais pas venu. Mes premiers pas d'adulte dans ce pays. J'étais fasciné et heureux. Un vrai crétin. Et je me demandais bien d'où venaient cette étrange colère puis cette douce mélancolie qui m'étaient tombées dessus sans crier gare en moins de 24 heures". La vie est grise. Simon Muchat, auteur de bandes dessinées, est en panne d'inspiration et son existence est en perte de sens. Invité à passer quelques jours au Portugal, il retrouve par hasard ce qu'il n'était pas venu chercher : les odeurs de l'enfance, le chant des rires de vacances, la chaleur lumineuse d'une famille oubliée - peut-être abandonnée. Quel est le mystère des Muchat ? Pourquoi Simon se sent-il de nulle part ? Et pourquoi, sans rien comprendre de cette langue étrangère, vibre-t-il à ses accents ? Des réponses et d'autres questions l'attendent au cours de ce voyage régénérateur. Ancré dans son passé gommé, Simon pourra enfin retracer sa propre trajectoire. Et la vie retrouver ses arcs-en-ciel. Aux. frontières de l'autofiction, avec humour et vivacité, Cyril Pedrosa signe - en couleurs directes et émotions immédiates - un récit essentiel sur la quête d'identité.

"Tortuga" de Valério Evangelisti - Ed. Rivages



En 1685, les jours des pirates regroupés dans la confréfie des Frères de la Côte, aux ordres du roi de France, sont comptés. Louis XIV a fait la paix avec son traditionnel ennemi, l'Espagne, et les attaques des flibustiers des Caraïbes à partir de l'île de la Tortue ne sont plus les bienvenues.

C'est dans ce contexte qu'un ancien jésuite portugais au passé mystérieux, Rogério de Campos, va faire le dur apprentissage de la vie. Sa passion pour une esclave africaine l'entraînera dans une véritable descente aux enfers, au contact d'une société dont il découvrira, non sans une certaine fascination, la barbarie et les codes rigides.

Véritable roman d'aventures bruissant du fracas des abordages et des batailles, Tortuga, dans une tentative pleinement réussie de "déboulonnage" d'un mythe romantique si complaisamment exploité au cinéma comme en littérature, restitue la noirceur de l'âme pirate.




" Rosa" de Jonathan Rabb - Ed. 10/18
Tandis que s'achève dans le sang la révolte spartakiste, un tueur en série continue de terroriser les rues de Berlin. Pour le commissaire Hoffner, la découverte d'une cinquième victime n'a rien d'ordinaire. Son nom : Rosa Luxemburg. Même mode opératoire, même rituel macabre. L'ombre d'une piste se dessine, mais plus l'évidence s'impose, plus l'ombre devient menaçante...

"Jayne Mansfield 1967" de Simon Liberati -Ed.Grasset
« Aux basses heures de la nuit, le 29 juin 1967 sur un tronçon de la route US 90 qui relie la ville de Biloxi à la Nouvelle Orléans, une Buick Electra 225 bleu métallisé, modèle 66, se trouva engagée dans une collision mortelle. »

Dans cette Buick broyée se trouvait une femme, une "Hollywood movie star" de trente-quatre ans, danseuse nue à Las Vegas, célébrissime sex-symbol des années 50.
Simon Liberait ressuscite Jayne Mansfield, l'actrice méconnue la plus photographiée au monde, fouille amoureusement dans les recoins les plus ténébreux de sa vie, retrace ses dernières heures en plein été hippie, qui disent aussi le crépuscule de l'âge d'or hollywoodien. Au programme : perruques-pouf, LSD 26, satanisme, chihuahuas, amants cogneurs, vie desaxée, mort à la James Dean, cinq enfants orphelins et saut de l'ange dans l'underground.
Une oraison funèbre et morbid chic dans la droite ligne de Truman Capote et Kenneth Anger.