La lettre amusante laissée par Winston Churchill après son évasion de prison

La lettre amusante laissée par Winston Churchill après son évasion de prison
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La lettre amusante laissée par Winston Churchill après son évasion de prison - © AFP

C’est souvent le cigare en bouche et deux doigts en forme V qu’on se souvient de Winston Churchill. Quand il a ces mots célèbres "[Je n’ai à offrir que] Du sang, du labeur, des larmes et de la sueur", à l’aube de la Seconde Guerre Mondiale, le Premier ministre britannique a 65 ans et la majeure partie de sa vie est déjà derrière lui.

Saviez-vous que, quelques décennies plus tôt, Churchill avait été fait prisonnier et s’était évadé de prison en pleine guerre des Boers ? Mieux, il aurait laissé une drôle de lettre pour excuser sa fuite.

Churchill reporter de guerre

En 1899, la guerre éclate en Afrique du Sud opposant les Britanniques d'un côté et les "Boers" - ces descendants de pionniers blancs issus des régions néerlandophones d'Europe - de l'autre.

Âgé de 25 ansle futur Premier ministre britannique couvre le conflit pour le compte du quotidien britannique, le Morning Post.

Le 15 novembre 1899, Churchill se trouve dans un train bondé de soldats qui est attaqué par les Boers. Dans la débandade, Churchill est rattrapé par un cavalier boer qui le met en joue.

Comme il a oublié son pistolet dans le train, Churchill n'a d'autres choix que de se rendre à l'ennemi et le suivre jusqu'à la prison de Pretoria. Là-bas, le jeune journalise supporte mal l'enfermement et tente par tous les moyens de convaincre ses geôliers de le libérer. Malheureusement, Churchill est loin d'être insignifiant aux yeux de ceux-ci et constitue un élément trop dangereux que pour espérer une libération d'ici la fin de la guerre.

Une lettre d'excuse ironique

Conscient qu’il ne pourra sortir de Pretoria que par la petite porte, Churchill tente de se joindre au plan d’évasion échafaudé par le capitaine Haldane et le sergent Brockie. Lorsque le grand soir arrive, le 12 décembre 1899, le fugitif laisse derrière lui une lettre à l’intention de De Souza, ministre de la Guerre de la République du Transvaal :

[EN] “I have the honour to inform you that as I do not consider that your Government have any right to detain me as a military prisoner, I have decided to escape from your custody. Regretting that I am unable to bid you a more ceremonious or a personal farewell, I have the honour to be, Sir, your most obedient servant, Winston Churchill.”

[FR] "J’ai l’honneur de vous informer que, comme je considère que votre gouvernement n’a pas le droit de me détenir en tant que prisonnier militaire, j’ai décidé de m’évader de votre prison. Regrettant de ne pouvoir vous faire un adieu plus cérémonieux ou personnel, j’ai l’honneur d’être, Monsieur, votre plus humble serviteur, Winston Churchill."

La suite de la mission s’avère moins comique puisque le futur Premier ministre britannique est rapidement contraint de continuer seul, ignorant tout du pays, sans boussole et sans carte. Caché par des Britanniques au fond d’une mine, Churchill est déclaré "arrivé à bon port" au bout de 9 jours de cavale.