La Banque - tome 1 : 1815-1848

Charlotte et Christian, en 1815, enfants d’aristocrates ruinés, se sont réfugiés à Londres. Elle vend son corps, lui s’occupe des pigeons voyageurs de la famille Rothschild. Et l’un comme l’autre n’ont qu’un désir : retrouver leur splendeur passée ! La chute de Napoléon, le hasard, le vol et le meurtre vont permettre à Charlotte de Saint-Hubert de s’enrichir grâce à la bourse, et de pouvoir retourner à Paris, où ses conseils éclairés sur les remous de la finance vont lui offrir une place de choix.

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banque © dargaud

Dans ce premier volume s’entame donc une saga dont l’ambition est de nous raconter l’histoire de la banque moderne, au fil de son évolution. On pouvait avoir peur, bien évidemment, que le propos devienne ardu, ou, tout au contraire, qu’il se contente d’être anecdotique. Il n’en est rien, fort heureusement, et la lecture de cet album est véritablement passionnante. Bien sûr, la base historique est présente, réelle, mais sans être trop fouillée. On découvre, simplement, que les délits d’initiés ne datent pas d’hier, mais de bien avant ! Et la famille Rothschild n’est devenue un empire financier et bancaire que grâce à des manipulations qui, en d’autres temps, auraient dû être condamnées par la justice. Mais ce dix-neuvième siècle abordé dans cette première partie de cette saga n’avait rien d’angélique. Et c’est là, en fait, que ce bouquin tient toutes ses promesses. Nous faire plonger, peut-être même plus que dans l’histoire de la finance, dans celle d’une époque.

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Pierre Boisserie et Philippe Guillaume sont aux commandes de cette série. Boisserie est un scénariste prolifique, Guillaume vient, lui, du monde financier. Leur association réussit à merveille à mêler étroitement le romanesque, l’aventure, les sentiments humains puissants, exacerbés, et leurs démesures, et la vérité historique.

Chaque époque sera conjuguée en deux volumes, semble-t-il, aux mains, chaque fois d’un dessinateur différent. Ici, c’est Julien Maffre qui tient le pinceau… Et avec un fameux talent, sans aucun doute possible ! D’un réalisme " léger ", son graphisme alterne avec une facilité déconcertante les décors somptueux et les scènes intimistes, les personnages en mouvement et les gros plans de visages aux expressions vibrantes.

Il faut souligner également le travail extrêmement varié et lumineux de la couleur, un travail dû au talent de Delph.

Le sang et l’argent ont toujours fait bon ménage… Et c’est le cas dans cet album… Un album qui se termine sur une seule envie : celle de vite découvrir le second tome de cette première partie d’une petite histoire perdue dans la grande Histoire !

 

Jacques Schraûwen

La Banque - tome 1 : 1815-1848 (dessin : Maffre – scénario : Boisserie et Guillaume – éditeur : Dargaud)