l'Enfer de Dante, revu par William Cliff

L'Enfer de Dante, revu par William Cliff
L'Enfer de Dante, revu par William Cliff - © La Table Ronde

L’histoire est connue. Un homme se perd dans une forêt obscure et est poursuivi par une louve. Il est heureusement sauvé par le fantôme du poète latin Virgile qui va le guider dans le plus terrible des voyages.

Après être passé sous une porte où il est écrit en lettres noires les mots tristement célèbres, " Vous qui entrez, laissez toute espérance ", le narrateur va découvrir les neuf cercles de l’enfer.

Vous ne le savez peut-être pas mais l’Enfer ressemble à un entonnoir souterrain avec des cercles concentriques sur les flancs de plus en plus petits. Tout en bas on trouve Lucifer planté jusqu’au torse dans un lac gelé à cause du courant d’air froid causé par le battement de ses six ailes. Avant d’arriver là, le voyageur infernal aura rencontré Cerbère, le chien aux trois gueules, recouvert de neige sale. Des centaures archers sur les rives d’une rivière de sang bouillant ou encore Mahomet tranché en deux avec les entrailles pendantes.

Ne vomissez pas tout de suite. C’est évidemment un des plus célèbres poèmes du monde, " l’Enfer " du Florentin Dante Alighieri, le père de la langue italienne qui vécut fin XIIIème début XIVème siècle. C’est la première partie de la " Comédie ". L’appellation " divine " sera ajoutée bien après la mort du poète.

Si je vous en parle, c’est à cause de cette traduction du poète belge, wallon et gembloutois William Cliff. De son vrai nom André Imberechts. Vous le savez, les belles traductions sont souvent de belles infidèles. C’est le cas cette fois-ci.

William Cliff a suivi deux axes de traduction : simplification et respect du décasyllabe. En gros, il a laissé tomber les rimes, des références fastidieuses et des passages entiers qui ralentissaient le rythme mais on dispose ainsi d’un poème sans entrave, très rapide et très moderne qui, d’une certaine manière se rapproche peut-être au plus près du Toscan rapide et sautillant de l’auteur médiéval. Ça ne donne qu’une envie, que Cliff traduise au plus vite " Le Purgatoire " et " Le Paradis ", les deux autres parties de la Comédie. C’est paru à La Table Ronde.

 

Gorian Delpâture

L'Enfer - Dante - Trad. de l'italien par William Cliff - Édition bilingue

Collection La petite vermillon (n° 394), La Table Ronde