James Harrison, l'homme qui a sauvé 2 millions et demi de nourrissons

Parmi ces personnalités qui méritent de sortir de l’ombre, retrouvez cette fois James Harrison, un Australien, une personne "comme vous et moi" qui incarne pourtant une forme d’héroïsme peu commune.

Méconnu de la plupart d’entre nous, cet Australien a, le temps d’une vie ou presque, donné son sang à un rythme effréné pour contribuer à la survie de 2,4 millions de nourrissons.

Surnommé "l’homme au bras d’or" ("Man with the golden arm"), James Harrison compte à lui seul 1173 dons en 60 ans, c’est-à-dire un don tous les 15 jours. Le 11 mai 2018 marquait la fin de sa longue carrière de donneur, son âge étant trop avancé pour poursuivre l’aventure solidaire.

Une poche de sang hors du commun

En Australie, près de 17% des femmes enceintes sont touchées par le problème dit d’"immunisation fœto-maternelle", une maladie qui peut apparaître lorsque la mère est de rhésus négatif et que l’enfant qu’elle porte est de rhésus positif.

Provoquées par la destruction des hématies du nourrisson par les anticorps de la mère, des complications peuvent ainsi survenir à la naissance.

Comme l’explique le Docteur Saima Aftab, directrice médicale du Fetal Care Center de l’Hôpital pour enfants Nicklaus à Miami : "[…] beaucoup de ces bébés auraient une quantité importante de leurs globules rouges détruits lorsqu’ils étaient dans l’utérus […] Cela peut conduire à de sérieuses complications pour le nouveau-né, y compris des dommages cérébraux, une jaunisse ou même une mort à la naissance".

Jusqu’aux environs de 1967, ce problème causait chaque année le décès de milliers de bébés, mais n’était malheureusement pas encore suffisamment connu.

En 1967, Robyn Barlow (coordinateur de l’Anti-D program, mis en place par le service des dons du sang de la Croix Rouge australienne), découvre dans le sang de Harrison un moyen d’arrêter les anticorps dangereux pour l’enfant"À la suite de la transfusion, son système immunitaire s’est suractivé et a produit une haute concentration d’anticorps", explique Saima Aftab.

Une découverte qui allait faire des heureux.ses !

Sauver après avoir été sauvé

Si, tout au long de sa vie, James Morrison est aussi sensible à l’importance du don de sang, c’est parce qu’il a lui-même un jour frôlé la mort et l’a évitée de justesse grâce à la générosité d’autrui.

À 14 ans, l’Australien avait en effet subi une lourde opération de chirurgie thoracique au cours de laquelle un de ses poumons lui avait été retiré. C’est grâce à une transfusion sanguine massive de 13 litres qu’il survit à l’intervention.

Cette épreuve l’a amené à se faire la promesse, dès sa majorité, de continuer – tant qu’il le pourra - à sauver d’autres vies que la sienne. Une promesse qui ne l’a pas quitté pendant la soixantaine d’années qui suivit.