Indicible : 1. Les dieux noirs

Indicible : 1. Les dieux noirs
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Une apocalypse venue d’ailleurs pour de la science-fiction intelligente et efficace.

Ce n’est certes pas le premier album de bande dessinée qui aborde le thème de la fin du monde, de la fin de notre monde. La littérature, le cinéma et la bd ont puisé dans cette fiction bien des réussites et bien des échecs.

Avec " Indicible ", c’est du côté des réussites que se penche la balance du plaisir pris à la lecture. Parce que lire se doit toujours d’être, d’abord et avant tout, un plaisir…

Kyle Matheson, le personnage central de cette histoire, qui va se conjuguer en deux albums, perd ses parents adoptifs dans un accident de voiture. Il se réveille à l’hôpital, muet, seulement capable de communiquer par ordinateur interposé. Et il ressent, soudain, l’approche d’un danger terrifiant, dont il ne peut rien décrire, mais qu’il sait imminent.

Ce danger, cette menace, c’est l’arrivée d’entités qui, telles des trous noirs, aspirent et détruisent petit à petit les grandes cités de la Terre. Des entités que seul Kyle est capable de voir.

Le Président des Etats-Unis est pris en otage par un être venu d’ailleurs. Pour sauver la planète, une seule solution : livrer Kyle aux envahisseurs.

Et commence alors deux quêtes parallèles. Celle des autorités, d’abord, qui poursuivent le jeune homme, accompagné d’une psychologue, celle de Kyle ensuite, recherchant sa mère biologique, certain que c’est auprès d’elle qu’il pourra comprendre ce qui arrive.

Le scénario de Patrick Renault, vous l’aurez compris, ressemble à un puzzle dont les pièces, petit à petit, se mettent en place. Mais ce puzzle n’a rien d’un casse-tête, on en joue d’une manière assez linéaire, et, lecteurs, on accompagne les péripéties du récit avec à la fois des interrogations, dont on pressent qu’elles trouveront des réponses, et des éclairages qui, de page en page, d’épisode en épisode, nous font entrer de plain-pied dans l’histoire racontée.

Le dessin de Ruizgé est double, à sa manière : un réalisme assez simple sans être simpliste, des décors minimaux pour tout ce qui est vie quotidienne, et des envolées graphiques étonnantes pour tout ce qui se rattache aux destructions de la Terre. Ce dessin semble parfois ne pas être totalement abouti, certes, et le graphisme du personnage central n’est pas totalement le même entre la première et la dernière page. Mais ce dessin se veut, d’abord et avant tout, lisible dans la continuité, et ne manque ni de lyrisme, quand c’est nécessaire, ni de précision.

Un livre intéressant, donc, bien construit, et dont la suite et le dénouement devraient remplir les promesses de ce premier tome.

Jacques Schraûwen

Indicible : 1. Les dieux noirs (scénario : Renault – dessin : Ruizgé – éditeur : Soleil)