Francos 2012: fête nationale avec le Prince Laurent

Laurent Voulzy
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Laurent Voulzy - © photo : François Evrard

Laurent Voulzy a terminé tout en douceur une journée rythmée par les percus de Konono n° 1 et l’énergie de Julian Peretta. Sans oublier celle de Christophe Willem.

En début d’après-midi au Village, on retrouve avec plaisir une ambiance congolaise grâce au groupe mythique Konono n° 1 et leurs mélopées binaires hyper dansantes. Malgré l’heure presque matinale, il y a du monde pour applaudir et admirer leur set très expressif. C’est que l’Afrique est souvent le grand oublié de ces Francofolies. Rappelons qu’une bonne partie des 200 millions de francophones répartis sur la planète vivent au-delà de la Méditerranée, quelque part entre Tunis et Kinshasa et que l‘offre artistique y est abondante. Restent les difficultés pratiques plus importantes pour faire venir ces artistes en Europe évidemment. Après Amadou et Mariam mercredi, cette deuxième recette ensoleillée salue le retour du beau temps au dessus de Spa, et c’est tant mieux!

Journaliste, le privilège des coulisses

A Spa, il y a plein d’autres choses à faire pour les professionnels: un débat sur le futur de l’industrie musicale, des interviews à enregistrer pour de futurs articles et puis les fameuses conférence de presse, et leurs infos exclusives, qui font partie du charme de ce grand rendez-vous.

Hasard des horaires, on en a enchaîné trois ce samedi. D’abord celle de Laurent Voulzy, notre prince de la pop française, qui est longuement revenu sur son amour du Moyen-âge ainsi que sur son projet d’album en duo avec Alain Souchon : " Ça avance, on a déjà 6 chansons sous forme de maquette et on repartira à deux en 2013 pour continuer à composer!". Viscéralement honnête, il nous avoue aussi avoir d’abord refusé de jouer sur la scène Rapsat avec ce nouveau spectacle qui demande des endroits bien plus intimes. "Puis, je me suis laissé convaincre et je suis ravi dêtre là", ajoute-t-il tout sourire.

Cali vient annoncer un nouvel album fin novembre, et un changement de maison de disque. Il vient aussi expliquer son défi de jouer dans le Village ce spectacle, seul avec l’incroyable pianiste Steve Neeve qui accompagna les plus grands.

Christophe Willem ne peut cacher son plaisir d’être là, tout à fait joyeux et décontracté pour nous parler de sa tournée et répondre aux questions parfois surprenantes de nos confrères. Il nous confesse son amour pour Michael Jackson  ou Sinatra  et rend un vibrant hommage à son amie Zazie.

C’est comique, cette soudaine proximité avec des "stars". Pendant quelques minutes, on a l’impression de parler entre copains, enfin presque. Parmi les journalistes, il y a les éternels timides puis à l’autre extrême, il y a ceux qui ne lâchent plus le micro et se croient en interview privée. Mais tout ça reste quand même très encadré!

Julian Peretta, la bonne surprise

Une fois de retour dans la foule, particulièrement dense en ce samedi où le Village affiche complet, on reste scotché par l’aplomb du jeune britannique Julian Peretta. Bien présent sur les ondes, ce jeune homme fait vibrer le cœur de la jeune génération. Mais ce succès est justifié vu l’atmosphère de fête qu’il réussit à installer. On chante, on crie, on balance les bras de droite à gauche. Rien d’original mais agréable à écouter et diablement efficace. Encore une bonne surprise!

La suite sera tout aussi chaude avec BJ Scott qui profite de sa nouvelle notoriété pour inviter certains de ses poulains de l’émission The Voice à venir faire la fête. La foule est énorme. On s’est donc contenté de le voir sur écran. Tout comme pour la fête à Suarez d’ailleurs. Mais comme on n’est pas fan…

Laurent et Bruno sont mal placés

Sur la scène Rapsat, on assiste avec bonheur à la fin du concert de Sarah Carlier qui semble s’améliorer à chaque prestation; Moins plantée comme un piquet, moins timide, elle parait apprécier le moment à sa juste valeur. On le dit depuis près d’un an: elle ira loin!

On attendait celui de Christophe Willem avec curiosité, on n’a pas été déçu! L’homme fait plaisir à voir entre électro et joli slow, toujours la voix en avant. Il prend du retard tellement il aime communiquer avec le public déjà bien nombreux. On le quitte après un Berlin très réussi. Vivement un concert en salle cet automne!

Un petit détour par le rock électro de Pony Pony Run Run au village, toujours sympa puis par la prestation très convaincante de Jean-Louis Murat, enfin pour les quelques titres que l’on a entendus, issus de son excellent dernier disque "Le grand lièvre".

Retour scène Rapsat pour communier avec notre pote Voulzy. Toujours aussi classe et musicalement impeccable, on se dit rapidement qu’il aurait dû rester sur sa première intuition  et ne pas jouer ce spectacle sur une place aussi vaste. La set liste est trop calme, magnifique mais inadaptée à l’endroit. Pas grave, on ira le revoir en salle avec un plaisir immense. Même remarque pour finir pour l’ami Cali dont le spectacle piano solo mérite bien mieux que le Village et son écoute forcément peu attentive. On se rattrape au 140 en octobre!

Demain dernière journée qui promet de belles choses: le grain de folie d’Oldelaf et le charme irrésistible de mesdames Claire Denamur  et Emily Loizeau, entre autres…

A demain!

 

François Colinet