Francofolies de Spa : si triste Renaud, place aux jeunes !

Gauvain Sers
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Au deuxième jour, l’enthousiasme est à trouver chez les jeunes : Dan San, Sonnfjord et le magnifique Gauvain Sers !

 

Spa, ville ensoleillée en ce vendredi. Une ville quadrillée par les barrières de sécurité parmi lesquelles on a parfois beaucoup de mal à se frayer un chemin, ce qui explique qu’on a du faire l’impasse sur quelques prestations de fin de soirée.

 

Journée plutôt bien commencée avec la belle énergie des Liégeois d’Abel Caine qui ont eu un joli succès sous le soleil généreux de 14h. Décontractés et affables, ils ont l’air de savourer leur moment autant que le public déjà bien en jambes et en voix.

 

La voix, c’est aussi ce qui porte la trajectoire de l’impressionnante Typh Barrow, désormais habituée de la ville d’eau, passée en quelques années de l’anonymat des bars aux scènes les plus exposées. Son groove et sa puissance vocale avaient, cette fois, les honneurs du Village devant une foule toute acquise à sa cause. Sans être grand fan, force est de reconnaitre qu’elle impressionne par son aisance et l’originalité de certaines reprises. Des atouts qui devraient la mener encore plus loin.

 

Mais le premier grand plaisir de la journée, nous l’avons trouvé auprès des Dan San et de leur pop voluptueuse. Ils avaient fait sensation ici l’année dernière, prouvant que l’on pouvait proposer des mélodies caressantes en plein air à l’heure de la sieste. Marqués par ce beau souvenir, les organisateurs leur ont proposé de revenir avec une série de copains, dont Gaetan Streel et Pale Grey, potes Liégeois actifs au sein du collectif "Jaune Orange". Ces retrouvailles feront date. C’était beau, simple, inspirant.

 

Alors que le village commence à applaudir les compositions pop complètement interchangeables du britannique Julian Perretta, on file écouter les histoires contées par le jeune Gauvain Sers. Et on craque complètement pour sa poésie et sa sincérité. Son single "Pourvu" touche au cœur de tous ceux qui cherchent la douceur des détails de l’intimité partagée. Tandis que "Mon fils est parti au Djihad" épate par sa justesse sur un sujet si difficile. On salive déjà à l’idée de le revoir à La Madeleine à Bruxelles le 15 décembre prochain.

 

Béret sur la tête comme Renaud sur la pochette d’ "Amoureux de Paname" il y a plus de 40 ans, la relève est assurée. Il y a même quelque chose de cruel à le faire chantre avant son idole. La comparaison est aussi rude qu’inévitable. Car, deux heures plus tard, Renaud nous a fait pleurer de rage ! Quelle tristesse, en effet, d’entendre celui que l’on a tant aimé, que l’on est allés applaudir par monts et par vaux avec amour et enthousiasme, gâcher ainsi ses propres chansons par des cordes vocales même plus capables de la moindre intonation. Heureusement qu’on connait les chansons par cœur, sinon on n’y comprendrait rien ! Les musiciens et le public en mode karaoké ont sauvé ce qui pouvait l’être. Il parait que cela s’est un peu amélioré par la suite, nous n’avons tenu que 30 minutes, trop triste !

Par contre, si vous avez aimé le Renaud du 20è siècle, vous allez adorer le petit Gauvain Sers !

 

On aurait adoré aller applaudir Mustii et Konoba mais le Village est vraiment bondé et la fatigue nous gagne. Une prochaine fois, c’est promis, on vous racontera…

 

François Colinet