Epistory, un jeu indépendant belge au gameplay dactylographique qui vaut le détour

Epistory, un jeu indépendant belge au gameplay dactylographique qui vaut le détour
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Epistory, un jeu indépendant belge au gameplay dactylographique qui vaut le détour - © Fishing Cactus

Jeu indé / Création belge / Gameplay original


Epistory est de ces jeux qui vous tapent dans l’œil par leur originalité : tout d’abord par ses graphismes 3D en style origami, et ensuite par son gameplay. Le studio belge, Fishing Cactus, le décrit comme un jeu « d’aventure dactylographique et atmosphérique ». Comprenez, il vous faudra taper au clavier les mots qui apparaîtront, plus vite que son ombre, dans un univers plutôt apaisant et léger.

Un monde qui se déplie et se dévoile

Epistory, c’est l’histoire d’une jeune femme et d’un renard qui découvrent un monde au fur et à mesure qu’il se déplie devant eux. Un monde qui se déplie… et qui se dévoile. Telle une page blanche qui se remplit, au fur et à mesure de votre aventure, vous dévoilerez l’histoire du jeu.

Le style 3D origami s’accroche donc parfaitement à l’objectif du jeu, et permet de découvrir un univers graphique plutôt réussi, léger, porté par une magnifique direction artistique. A chaque pas du renard, on a l’impression de s’enfoncer légèrement dans du papier, et voir les bâtiments, rochers, fleurs et arbres se révéler et se déplier à nous est toujours un bonheur, même après plusieurs heures de jeu. La bande-son vient soutenir cet effet " atmosphérique ", avec des sons de nature, et des musiques assez discrètes et efficaces (mais parfois manquantes, surtout lors des combats).

« Typing chronicles »

Epistory est le premier opus des « Typing Chronicles » (les chroniques dactylographiques en français, ce qui est beaucoup moins sexy). Le deuxième opus, Nanotale, est en cours de développement et devrait sortir courant 2019

Ces « Typing chronicles » se basent sur un concept plutôt ambitieux : développer le gameplay uniquement autour des compétences en dactylographie du joueur. Et pour le coup, c’est carrément réussi. Tout le jeu est construit pour que nos doigts gardent le bon agencement dactylographique (main gauche sur le QSDF, main droite sur le JKLM) : les déplacements, les combats, et même la navigation au sein des menus et options du jeu se font en tapant des mots. Les développeurs ont donc créé une nouvelle manière de déplacer un personnage en mode isométrique, via les touches IJEF. C’est assez déconcertant, mais très efficace une fois la prise en doigts acquise. Le gameplay bouscule donc nos acquis (surtout pour les fanas de FPS), et au final, ça fait un bien fou de devoir créer de nouveaux réseaux neuronaux juste pour faire avancer un renard là où on le souhaite. A souligner également, la progression sur la carte est assez intuitive, et il est rare de ne pas savoir où aller pour continuer l’histoire.

Niveau des combats, le principe est simple : à chaque ennemi sont accrochés une série de mots, à taper, afin de le mettre à terre. L’adrénaline monte donc vite, et comme notre jeune femme disposera de différents pouvoirs tout au long de l’aventure, il faudra gérer la horde d’ennemis s’abattant sur vous avec une pointe de stratégie (mais pas trop, la vitesse étant votre principal atout).

A côté de l’aspect ludique, le côté pédagogique du jeu est indéniable : apprendre la dactylographie et le vocabulaire peut devenir très fun, et Fishing Cactus a donc mis à disposition le jeu aux enseignants via la plateforme Teacher Gaming. Le jeu adapte naturellement sa difficulté aux capacités dactylographiques du joueur, et pour ceux qui aiment le challenge, a également un mode arène, où le but est de faire grimper ses statistiques dactylographiques.

Quid pour la suite des Typing Chronicles ?

Seul petit bémol du jeu, l’histoire qui est trop simple et plutôt banale. On aurait aimé plus s’accrocher au personnage, et également voir de l’interaction entre la jeune femme et le renard aux trois queues. On regrette également que seuls les textes (et mots à taper) aient été traduits en français, du côté des voix, on doit se contenter de l’anglais… Plutôt dommage pour une boîte belge montoise, mais le coût des doublages n’est sûrement pas étranger à ce choix.

Tout l’intérêt du jeu réside donc dans un gameplay dactylographique plutôt unique, et par son graphisme qui invite à la contemplation. On attend donc avec impatience son successeur, Nanotale, en espérant que Fishing Cactus saura se renouveler dans son choix de gameplay, et développera une histoire plus accrocheuse.


Epistory, jeu développé par le studio montois Fishing Cactus et édité par Plug In Digital, sorti en mars 2016 sur Steam