Conquistador : Tome 1

CONQUISTADOR: Tome 1
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CONQUISTADOR: Tome 1 - © Tous droits réservés

Quand l’aventure, l’histoire et le fantastique se mêlent, rendez-vous est pris avec une série qui promet d’être passionnante.

Résumer une histoire scénarisée par Jean Dufaux n’est jamais chose évidente, tant il est vrai que cet auteur aime à s’aventurer dans un mélange de genres, variant les plaisirs au gré de son imaginaire. Un imaginaire souvent, très souvent même chez ce scénariste prolifique, inspiré par l’histoire, celle que l’on dit majuscule et qui, sous sa plume, s’ouvre également au quotidien. Et son complice au dessin, Philippe Xavier, a tout le talent qu’il faut pour associer aux mots de l’écrivain un graphisme plein de mouvement, de mouvances, au travers d’une construction qui, pour classique qu’elle puisse paraître, laisse place, cependant, à des perspectives nombreuses et parfois inattendues.

 

Dans cet album, premier d’une série, nous nous retrouvons au seizième siècle, dans la jungle amazonienne, en compagnie d’un soldat, malade, épuisé, abandonné, Hernando Royo.

Il survit, et se souvient…

Il se souvient qu’il a été choisi par Cortès, en compagnie de cinq autres marginaux de cette guerre de conquête, pour voler le trésor de l’empereur aztèque Moctezuma.

Il se souvient, et l’album nous emporte dès lors pleinement dans cette époque de fureur, de sang, de virilités exacerbées, de féminités à la recherche constante de puissance… Nous découvrons ce qu’est le quotidien de ces soldats, de ces mercenaires, perdus dans un univers qui n’a que peu de rapports avec tout ce qu’ils ont connu auparavant. Nous découvrons aussi que, au-delà de la simple aventure humaine, la recherche d’un trésor, c’est d’une véritable confrontation qu’il s’agit : celle entre deux univers, certes, mais celle aussi d’une certaine rationalité, celle de l’âme guerrière, et d’un " fantastique " réel, celui né des légendes aztèques.

 

Sur fond d’horreur et de sensualité exacerbée, de sensations sans cesse changeantes, de sentiments puissants, Conquistador a l’apparence d’un récit tout ce qu’il y a de classique. Mais ce n’est qu’une apparence, comme nous le dit Jean Dufaux…

 

Outre le talent de Jean Dufaux, un talent évident dans la construction de l’intrigue mais également dans la force des dialogues, il faut souligner que le dessin de Philippe Xavier, vif, rapide, incisif et fouillé tout à la fois, classique tout en osant quelques découpages et raccourcis innovants, ce dessin est d’une évidente qualité.

 

 

Et comment ne pas parler, également, de l’excellente contribution de Jean-Jacques Chagnaud à cet album, lui qui a réussi à éclairer de ses couleurs toutes les ambiances, et elles sont nombreuses, qui émaillent ce qui est, très certainement, le début d’une saga à ne pas rater…

 

Un excellent livre, donc, dont on attend la suite, qui devrait paraître en novembre prochain.

 

Jacques Schraûwen

 

Conquistador (dessin : Xavier – scénario : Dufaux – éditeur : Glénat)