Ces Belges qu'on connaît moins : Leo H. Baekeland

LEO HENDRIK BAEKELAND
LEO HENDRIK BAEKELAND - © Capture d'écran Youtube

Avec pas moins de 55 inventions brevetées, Leo Hendrik Baekeland est classé par le Time Magazine comme "parmi les 20 plus grands esprits du XXe siècle". De ses découvertes, on retient surtout la Bakélite, une invention révolutionnaire ayant marqué le début de l’ère des plastiques.

Leo H. Baekeland est né le 14 novembre 1863 à Laethem-Saint-Martin, une commune située à une dizaine de kilomètres de Gand. Ses bons résultats scolaires incitent la Ville de Gand à lui octroyer une bourse universitaire. À 21 ans, il obtient alors son doctorat en sciences naturelles avec mention honorifique ("summa cum laude").

De l’université au marché de l’emploi

Après l’Université, Baekeland commence comme assistant du professeur Theodore Swarts, le successeur de Kekulé, lui-même fondateur de la chimie organique.

Féru de photographie, Baekeland obtient en 1886 un brevet pour les "Nouvelles plaques photographiques développables dans l’eau"N’ayant pas les moyens de fabriquer celles-ci, il fait appel à un ami assistant technique à l’Université avec lequel il fonde la société Baekeland & Co. Scheikundige producten. Leur manque d’expérience les contraint finalement à mettre la clé sous la porte.

En 1889, Baekeland quitte la Belgique pour les Etats-Unis, le temps d'un voyage de noces d'abord, puis pour s’y établir définitivement. Sans plan précis, il débute comme chimiste à l'Anthony Manufacturing Company, important producteur de pellicule et de papier au bromure.

Sa passion pour la photographie et la photochimie amène Baekeland à fonder sa propre société, consacrée à sa toute nouvelle invention : le papier VELOX ("rapide" en latin). Véritable succès commercial dès 1891, ce papier photo a l’avantage d’être produit à la lumière artificielle.

En 1899, Leo H. Baekeland revend sa société et ses droits sur le papier VELOX à George Eastman, fondateur de la société Kodak. Sur les 25.000 $ attendus, Baekeland reçoit la somme astronomique de 1.000.000 $ ! Cet argent lui permet ainsi de poursuivre des recherches entamées plus tôt à l’Université de Gand.

Le début de l’ère des plastiques

Cette fin du XIXe siècle – début XXe marque l’explosion de l’industrie électrique. Si la gomme-laque ("shellac" en anglais) répond au besoin d’isolant non-inflammable, ce n’est que partiellement, car la demande finit par dépasser l’offre. Leo H. Baekeland est sur le coup en créant, en 1907, le premier plastique totalement synthétique : la Bakélite. Formée par la condensation entre le phénol et le formaldéhyde, la Bakélite s’impose comme le premier plastique thermodurcissable, un bon isolant électrique et résistant à la chaleur.

Seul matériau plastique présent sur le marché jusqu’à la Seconde Guerre Mondiale, la Bakélite se décline sous différentes couleurs et se retrouve sur les téléphones, les appareils photos, les boules de billard et même les colliers.

Nommé président de l’American Chemical Society en 1924, Leo H. Baekeland est décoré de la médaille Franklin en 1940. Après avoir revendu la General Bakelite Company, en 1939, le chimiste décède d’une hémorragie cérébrale le 23 février 1944 à Beacon, dans l’Etat de New York.