Boule A Zéro : 5. Le nerf de la guerre

Boule à zéro
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Boule à zéro - © Ernst

De toutes les séries qui honorent l’univers de la bande dessinée, " Boule à Zéro " reste pour moi, à bien des niveaux, la plus importante de ces dernières années ! La plus humaniste, aussi ! Et chacun des albums de Zidrou et Ernst se doit de trouver place dans toutes les familles !

On peut sourire de tout, oui, et avec tout le monde !

Ce 15 février, c’est la journée internationale du cancer de l’enfant.

Et revoici donc Zita, cette adolescente atteinte de leucémie, et prisonnière de son corps enfantin dans l’aile d’un hôpital réservée aux enfants malades du cancer.

Prisonnière, mais, en même temps, merveilleusement libre, dans sa lutte contre l’horreur, dans sa nécessité de fédérer autour d’elle tous les courages nécessaires à continuer à sourire, envers et contre tout.

Dans ce cinquième opus, la tendresse, comme toujours, est au rendez-vous de l’association entre deux auteurs non seulement talentueux et intelligents, mais formidablement humanistes. Zidrou, le scénariste, dans chaque album se plonge, et nous plonge à sa suite, dans une thématique nouvelle, mais toujours en liaison immédiate avec la maladie. Il y a eu le racisme, il y a eu les rapports étroits entre les malades, quels que soient leurs âges. Et, ici, le thème abordé est celui de l’accueil des familles dans ces lieux où sont hospitalisés des enfants gravement malades. Et même si Serge Ernst dit haut et fort qu’il n’est pour rien dans le choix des thèmes, dans la narration elle-même, il réussit, grâce à un dessin tout en rondeur, tout en finesse, à rendre acceptables des situations qui pourraient n’être, graphiquement, qu’insupportables.

Sans le dessin de Ernst, l’humour de Zidrou pourrait peut-être tomber à plat. Avec ce dessin, son propos se retrouve comme magnifié, ou, plutôt, d’une nouvelle et belle et redoutable efficacité!

Dans ce cinquième volume, les auteurs nous parlent des lourdeurs administratives, des règlements qui ne tiennent jamais en compte la réalité humaine des sentiments. Et ils le font avec humour, bien évidemment, en nous montrant des enfants malades qui jouent de leur maladie pour récolter des fonds capables de financer la mise en place d’une chambre destinée aux parents des enfants hospitalisés.

Le pari, difficile, de cette série, est gagné, sans aucun doute, il continue à se gagner, d’album en album. A partir d’un thème casse-gueule, Ernst et Zidrou parviennent à construire une véritable série passionnante, intelligente, animée de mille et un sentiments sans cesse mêlés, qui n'a rien de gnangnan et qui est et reste accessible à toutes et à tous! Et ils le font aussi en réussissant, à chaque nouvelle parution, à se renouveler !

Cela dit, au-delà de la seule aventure éditoriale de cette série hors-normes, une aventure qui, de numéro en numéro, touche un public de plus en plus large, de plus en plus présent, Boule à Zéro possède une autre dimension, qui, tout en se nourrissant de la bande dessinée dépasse ses frontières et se fait véritablement humaniste.

Les auteurs ont, en effet, dès le premier album, créé une association dont le but est simple : réussir à offrir aux enfants hospitalisés des albums de bd, et les leur apporter, à l’hôpital, dans leur chambre.

Là aussi, comme me l’a dit Serge Ernst, le but est atteint, dépassé même. Puisque vient d’être imprimée une version anglaise et espagnole qui va être distribuée, elle, aux Etats-Unis.

Quand j’ai rencontré Ernst, à l’occasion du service de presse de ce cinquième album, j’ai eu, je l’avoue, toutes les peines du monde à ce qu’il me parle de ce livre. Par contre, il a été intarissable, et d’une belle émotion, quand il m’a parlé de son association.

Je n’ai qu’une seule chose à dire, une seule : achetez cet album ! Toutes et tous, nous sommes confrontés, un jour ou l’autre, à cette horrible maladie qu’on appelle le crabe. Et notre impuissance face au cancer nous rapproche du désespoir, plus encore quand il s’agit d’enfants atteints.

Avec Zidrou et Ernst, il n’y a plus de désespoir. Il y a, tout au contraire, l’arme de l’humour et de l’empathie, du partage et de la tolérance, de l’enfance pleine de dignité aussi et surtout, une arme sans violence pour faire face aux violences de l’inacceptable !

 

Jacques Schraûwen

Boule A Zéro : 5. Le nerf de la guerre (scénario : Zidrou – dessin : Serge Ernst – éditeur : Bamboo)

Lien vers l’association 2000 BD