Blake et Mortimer : 22. L'Onde Septimus

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Blake et Mortimer sont de retour. Et Olrik aussi… De la bd classique, des bons, des méchants, de la sf, des personnages qui résistent aux ravages du temps !

On peut se demander si le fait de continuer à faire vivre des personnages tels que Blake et Mortimer, des héros d’une autre époque, celle d’un âge d’or de la bd qui s’ouvrait petit à petit à de nouveaux publics, on peut se demander si cette politique éditoriale vaut vraiment la peine. Mais quand un album, comme celui-ci, réussit à allier le respect à l’œuvre originale avec un sens réel de l’innovation, je trouve que la réussite est au rendez-vous.

Cet album imagine une suite à la fameuse " Marque Jaune ". On y retrouve l’ombre du professeur Septimus, ce savant fou capable de contrôler le cerveau humain à distance. Il est mort, c’est vrai. Mais son invention, elle, existe toujours. Et un groupe de conspirateurs cherche un cobaye. Quant au professeur Mortimer, il fait des recherches sur l’appareil mis au point par Septimus. Tout est en place pour que l’infâme Olrik fasse sa réapparition !

Ce qui est remarquable dans cet album, c’est d’abord et avant tout le respect dont les auteurs ont fait preuve vis-à-vis de Jacobs. Tous les codes mis en place par le créateur de la série sont ici bien présents, que ce soit au niveau du graphisme ou à celui du texte, des dialogues (les phrases commencées par un adverbe, par exemple). Et ce respect se caractérise par plusieurs images qui, au fil de l’album, sont terriblement marquantes, comme l’étaient toujours celles que créait Jacobs.

Ils s’y sont mis à trois pour créer cet album, pour recréer en quelque sorte le mythe amorcé avec génie dans la marque jaune. Jean Dufaux est de ces scénaristes prolifiques qui aiment par-dessus tout mêler au réalisme le plus précis, le plus fouillé, des éléments fantastiques, ou, comme ici, un univers de science-fiction, au premier sens du terme. Et, incontestablement, il a pris plaisir à s’immerger dans un univers qui n’était pas le sien, dans un univers où il a apporté un peu de sa patte, sans pour autant le trahir. Le plaisir… Celui d’une certaine nostalgie sans doute, celui de permettre à ce fameux âge d’or de la bd de subsister, voilà ce qui semble avoir motivé, d’abord et avant tout, les auteurs de cet album.

L’histoire racontée dans cette " Onde Septimus " est fouillé à souhait, construite comme Jacobs aimait à construire ses récits. On se perd parfois, certes, mais on se laisse emporter par un rythme tracé comme au cordon. Et les dessins d’Antoine Aubin et de Etienne Schréder sont au diapason du scénario de Dufaux : ils respectent, malgré de ci de là quelques maladresses (dans le rendu des voitures par exemple), les codes inhérents aux aventures de Blake et Mortimer. Et puis, pourquoi le cacher, quel plaisir que de retrouver pleinement Olrik, le " méchant " par excellence de la bd ! Un Olrik qui, ici, gagne en humanité, en quelque sorte, tout comme Mortimer, lui, révèle une part d’ombre !

Pour tous les amateurs de BD véritablement " classique ", Blake et Mortimer réussissent, dans ce bouquin, à devenir un peu plus humains, oui. Et n’en déplaise aux puristes, cette " Onde Septimus " me paraît être un des meilleurs opus des re-créations de cette série !

 

 

Jacques Schraûwen

Blake et Mortimer : 22. L’Onde Septimus (scénario : Dufaux – dessin : Aubin et Schréder – éditeur : Blake et Mortimer)