Alfred Wallace, le co-inventeur (oublié) de la théorie de l'évolution

Alfred Wallace, le co-inventeur de la théorie de l'évolution
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Alfred Wallace, le co-inventeur de la théorie de l'évolution - © Capture d'écran Youtube

Darwin, c’est le nom qui vous vient à l’esprit quand on évoque la sélection naturelle ? Saviez-vous qu’un autre scientifique avait contribué à la mise au point de cette théorie ?

Parmi ces personnalités absentes de nos manuels d’histoire, (re) découvrez aujourd’hui Alfred Russel Wallace, le naturaliste britannique considéré comme le père de la biogéographie.

Aujourd’hui, il nous raconte.

(Ceci est un une mise en récit posthume, qui ne constitue pas les dires d’Alfred Wallace)

Né le 8 janvier 1823 dans une famille peu fortunée de 9 enfants, au sud du Pays de Galles, ma famille et moi quittons Usk pour Hertford où j’intègre la Grammar School. La rigidité de ses méthodes, typique de l’éducation victorienne classique, ne m’a rien appris mais a eu le mérite de faire de moi un parfait autodidacte.

En 1937, un de mes frères m’emmène à la campagne de Bedfordshire pour m’initier à l’observation de la nature. Après être devenu apprenti géomètre, j’allais bientôt concrétiser mon intérêt pour les sciences naturelles.

À 25 ans, j’embarque avec mon camarade Henry Walter Bates pour découvrir la richesse de la flore et de la faune du bassin amazonien. De retour en Angleterre, ce goût pour l’inconnu me pousse à réitérer l’expérience, cette fois dans l’archipel malais, duquel je ramène quelques milliers d’échantillons d’oiseaux. Une partie était arrivée entre les mains de notables biologistes mais aussi dans celles de riches collectionneurs qui m’avaient permis de renflouer quelques caisses.

Lettre à Darwin

En observant ces mammifères du sud de l’Asie, mes conclusions sont concomitantes à la théorie de Charles Darwin, un de mes contemporains. 20 ans plus tôt, ce naturaliste réputé avait introduit le concept de sélection naturelle, l’idée selon laquelle l’élimination naturelle des individus moins aptes à survivre permet à l’espèce de se perfectionner de génération en génération.

En 1858, depuis Bornéo, je lui fais donc part de mes découvertes à travers quelques pages plus ou moins bien ficelées. Surpris de la manière dont j’étais parvenu à mettre sur papier des idées qui occupaient son esprit depuis 20 ans, il fait part à ses condisciples, Charles Lyell et Joseph D. Hooker, de son impression d’avoir été devancé.

Comme il est urgent de prouver l’antériorité de Darwin, ces derniers transmettent ses notes suivies de mon essai à la société savante, Linnean Society, le 1er juillet 1858. Un an plus tard, Darwin publie son œuvre majeure "De l’origine des espèces".

Wallace, moins politiquement correct que Darwin ?


Admiratifs l’un de l’autre, Darwin et Wallace n’ont cessé d’entretenir de bonnes relations malgré leur différence de points de vue sur certains aspects de la théorie. S’il est incontestable que la théorie de l’évolution est l’œuvre de Darwin, on doit à Alfred Wallace sa mise en application.

Une des raisons qui expliquent la relative postérité de Wallace par rapport celle de Darwin, est qu’il n’incarnait pas la figure du "politiquement correct" en cette époque victorienne.

En travaillant dans une menuiserie à Londres, il s’était en effet familiarisé avec le milieu ouvrier et absorbé leurs idéaux socialistes contre un capitalisme régnant. Son immersion auprès des populations autochtones lors de ses voyages l’avait également conforté dans son anti-impérialisme britannique.

Malgré une figure parentale anglicane traditionnelle, Alfred Wallace se définissait aussi comme agnostique et spiritualiste. L’idée qu’un scientifique puisse se détourner de la religion d’État pour croire aux esprits n’était pas des plus appréciées, et encore moins de Darwin.

Particulièrement en avance sur son temps, Wallace était aussi féministe. Plus d’un demi-siècle avant le droit de vote des femmes au Royaume-Uni, il se revendiquait déjà pour le suffrage universel, femmes comprises.

Si Alfred Russel Wallace était loin de faire l’unanimité, il n’a pourtant jamais été marginalisé.