700 femmes de l'industrie musicale signent un manifeste contre le sexisme dans la musique

700 femmes de l'industrie musicale signent un manifeste contre le sexisme dans la musique
700 femmes de l'industrie musicale signent un manifeste contre le sexisme dans la musique - © Tous droits réservés

Près de 700 F.EM.M., Femmes Engagées des Métiers de la Musique, ont signé un manifeste pour appeler au changement des mentalités et des pratiques dans une industrie encore trop souvent machiste et sexiste.

Clara Luciani, Jeanne Added, Juliette Armanet, L'Impératrice, Chris, Elodie Frégé, Camélia Jordana, La Grande Sophie, Miss Kittin, Cléa Vincent, Vikken, Zazie, (...) Voici quelques unes des artistes qui ont signé le manifeste des Femmes Engagées des Métiers de la Musique. A côté de ces grands noms, figure toute une série de femmes artistes, musiciennes, techniciennes, productrices, éditrices, compositrices, attachées de presse, juristes et autres métiers qui font partie de l'industrie musicale. Ces femmes ont toutes été victimes ou témoins du sexisme qui règne dans l'industrie musicale et elles ont décidé, ensemble, de dire stop. Toutes ces femmes n'ont plus peur de dénoncer les abus et elles le font savoir.

Ce qu'elles dénoncent: " les propos misogynes, les comportements déplacés récurrents, les agressions sexuelles qui atteignent en toute impunité la dignité des femmes. Nous connaissons le fonctionnement – ou plutôt le dysfonctionnement – du secteur : les disparités salariales, l’invisibilité des femmes aux postes à responsabilité, les préjugés et les non-dits qui bloquent le développement et les carrières de professionnelles pourtant compétentes et investies. " Pour ces femmes, le temps est venu pour elles de faire la révolution égalitaire dans l'industrie musicale écrivent-elles d'emblée dans le manifeste. Publié sur le site de Télérama, ce manifeste n'est pas anodin. Il fait écho à une grande enquête sur le sexisme dans l'industrie musicale publiée dans le magazine de cette semaine.

Les témoignages récoltés par le magazine Télérama sont tous plus choquants les uns que les autres mais représentent malheureusement le quotidien de ces femmes qui travaillent dans l'industrie musicale. Juliette, professionnelle aguerrie raconte encore sous le choc ce qu'un producteur de spectacles lui a dit un soir dans une loge: "T'as les plus beaux seins de toute l’industrie, faut que je les touche.” Quand le type m’a dit ça, je lui ai tout de suite demandé d’arrêter mais il a continué : “Je veux coucher avec toi !” J’ai redit stop, c’était de pire en pire. Trois fois au moins, il a répété : “De toute façon, tu pues le sexe.” A l'époque Juliette n'a rien osé dire pour éviter l'esclandre. 

Aujourd'hui les signataires du manifeste demandent à ce que les agissements sexistes et discriminants, trop longtemps passés sous silence, soient dénoncés et sanctionnés. 

Ces femmes de l'industrie musicale se sont inspirées de celles de l'industrie du cinéma qui ont lancé le collectif 5050 pour 2020 en février dernier. Le collectif rassemble 300 personnalités, hommes et femmes du cinéma et a été lancé par l'association Le Deuxième Regard. Parmi les signataires on retrouvait notamment Maïwenn, Adèle Haenel, Léa Seydoux, Louise Bourgoin ainsi que des réalisatrices, scénaristes, directrices de casting, attachées de presse, productrices, techniciennes, cinéaste etc...

Clara Luciani, signataire du manifeste et auteure de la chanson " La Grenade " a d'ailleurs écrit ce titre car elle était lassée d'être confrontée à des remarques sexistes. Les machos de l'industrie musicale sont prévenus: " Prends garde, sous mon sein la grenade. "