Your Song : Killing An Arab

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Axel du Bus vous expose la réelle signification du morceau : Killing An Arab, The Cure

Il en va dans le rock comme partout ailleurs, il y a des erreurs de jeunesse qu’on regrette toute sa vie. Demandez à Sylvester Stallone ce qu’il pense de son premier film, L’Etalon Italien, pour lequel il a été payé 200 dollars pour courir tout nu après des filles. Et demandez à Robert Smith, leader de Cure, s’il ne regrette pas d’avoir avoir appelé sa première chanson sortie en single Killing An Arab, tuer un arabe… Une chanson ou plutôt un titre qui le poursuit depuis 1978…

Car ce qu’il regrette, c’est le titre. A cause des interprétations et des utilisations douteuses qu’il a suscitées. Car en aucun cas Robert Smith n’est raciste, c’est un malentendu ! Killing An Arab n’est rien d’autre qu’une tentative de résumer un livre qui l’a beaucoup marqué, L’Étranger, d’Albert Camus, l’histoire de Meursault, un Français d’Algérie condamné à mort pour le meurtre sur la plage d’un Arabe appartenant à un groupe qui avait peu de temps avant agressé son voisin Raymond. Un livre écrit à la première personne, comme la chanson.

Killing An Arab ne raconte que le moment clé du livre, les instants qui suivent directement le coup de feu, il se trouve sur la plage, fixant la mer, fixant le sable, fixant le revolver… Il vient de tuer un homme. Il peut repartir, il peut à nouveau tirer, ça ne change rien, il a tué, il voit son reflet dans l’œil de l’homme mort… Il est l’étranger qui a tué un Arabe.

Ni dans le livre ni dans la chanson il n’est question d’un acte raciste. Lors du procès, dans le livre, Meursault ne regrette pas son acte, il se sent étranger à ce procès et avoue qu’il a été gêné par le soleil, ce qui fait rire l’assemblée. Il est finalement condamné à mort plus parce qu’il n’a manifesté aucune émotion lors de l’enterrement de sa mère, au début du livre, que pour le meurtre proprement dit.

Mais bon, avec un titre pareil et le nombre d’imbéciles qui traînent dans la nature, le groupe décide d’abord d’envoyer aux médias le disque accompagné du livre, pour éviter toute ambiguïté, d’autant plus que le Front National Britannique tente très rapidement de s’emparer de la chanson à des fins de propagande. Pour enfoncer le clou, Smith décide de changer le refrain en Killing an Englishman lors de certains concerts. Pour la sortie en 1986 de la compilation Standing On The Beach, un autocollant est apposé sur la pochette précisant qu’il ne s’agit pas d’un titre raciste. Lors de la première guerre du Golfe, en 1991, le groupe se sent obligé de remettre une nouvelle fois les points sur les i lors de plusieurs conférences de presse alors que la chanson est utilisée comme hymne de guerre. Smith prévient ensuite sa firme de disques qu’il poursuivra quiconque utilisera la chanson à des fins de propagande. En 2005, Killing An Arab devient Kissing An Arab, puis en 2007-2008, Killing Another... Vous le voyez, depuis plus de trente ans, Robert Smith ne ménage pas sa peine pour rattraper cette erreur de jeunesse. Si seulement il pouvait en faire de même avec son rouge à lèvres et ses cheveux…

Standing on the beach

With a gun in my hand

Staring at the sea

Staring at the sand

Staring down the barrel

At the arab on the ground

I can see his open mouth

But I hear no sound

I'm alive

I'm dead

I'm the stranger

Killing an arab

I can turn

And walk away

Or I can fire the gun

Staring at the sky

Staring at the sun

Whichever I chose

It amounts to the same

Absolutely nothing

I'm alive

I'm dead

I'm the stranger

Killing an arab

I feel the steel butt jump

Smooth in my hand

Staring at the sea

Staring at the sand

Staring at myself

Reflected in the eyes

Of the dead man on the beach

The dead man on the beach

I'm alive

I'm dead

I'm the stranger

Killing an arab

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