Your Song : Dreadlock Holiday, 10CC

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Ce vendredi, Axel du Bus vous explique la réelle signification du morceau : Dreadlock Holiday de 10CC.

 

La scène se passe dans la seconde moitié des années 70. Nous sommes dans les Caraïbes, au large de l’île de La Barbade. Eric Stewart, chanteur et guitariste de 10CC est en vacances avec son pote Justin Hayward, le chanteur des Moody Blues. Ils sont en mer pour faire une petite séance de parachute ascensionnel. Alors qu’Eric Stewart fait l’oiseau en plein ciel, tiré par le bateau, Hayward se trouve seul à bord face aux trois types qui organisent le trip. L’un des trois types l’aborde : " Hey, j’aime vraiment bien ces petites gourmettes que tu as au poignet. Je t’en donne un dollar. "  - " Euh, ça va pas être possible… " répond Hayward. " Bon, ben dans ce cas, je vais te trancher la main pour te les prendre. " Hayward balbutie alors une excuse totalement bidon, " C’est un cadeau de ma maman… " Il s’en sort de justesse.

 

Voilà l’anecdote qui est le point de départ de Dreadlock Holiday, qui deviendra en 1978 le troisième numéro 1 de 10CC en Angleterre, mais également son dernier… L’histoire n’est plus située à La Barbade mais en Jamaïque, histoire de justifier le côté reggae du titre, et sur la terre ferme. Un touriste marche dans les rues. Il se retourne, quatre types le dévisagent. Il prend peur et bredouille que non, il n’aime pas le criquet (I don’t like cricket), il l’adore (I love it). Les types ne se laissent pas prendre,  ils veulent sa chaîne en argent, " c’est un cadeau de ma maman ! " (It was a present form me mother), mais bon, pas possible de discuter, il est seul et très loin de chez lui. Là, le cricket fait place au reggae, qu’il n’aime pas mais qu’il adore !

 

Le type trouve ensuite refuge dans son hôtel, où il sirote une pina colada au bord de la piscine. Une femme vient alors lui proposer de l’herbe, ce qui lui permettra d’apprécier ses Dreadlock holidays, bref, ses vacances Rasta ! Pour enfin conclure qu’il n’aime pas la Jamaïque mais qu’il l’adore…

 

À la sortie du simple, en 78, tout le monde ou presque leur tombe dessus. C’est une parodie certes brillante du reggae, mais ce n’est pas du reggae. C’est de la pop, tout sonne beaucoup trop bien, c’est trop clean. Bref, c’est une daube.  Mais c’est plus le contenu qui pose problème. Ce touriste blanc qui tente de ne pas se faire remarquer (concentratin on truckin right) et qui file à son hôtel à la moindre alerte, sous-entendant que ces îles peuplées de blacks (le mot dark revient plusieurs fois) sont des coupe-gorges pour les blancs, ainsi que la tentative grossière de reproduite les accents locaux, ça fait beaucoup trop cliché voire raciste et cette simplification, qui finalement nuit aux deux parties, les autochtones et les allochtones, ça n’a pas fait beaucoup rire les spécialistes, alors qu’un an plus tôt, les Sex Pistols avaient chanté, dans un autre genre, Holidays in the Sun qui débute sur cette ligne  " a cheap holiday in other people’s misery ".

 

Mais le vulgum pecus a rapidement fait taire toutes ces critiques en acclamant le titre à sa sortie. Ce qui nous ramène à un autre vieux cliché, les élites contre le peuple…

I was walkin' down the street

Concentratin' on truckin' right

I heard a dark voice beside of me

And I looked round in a state of fright

I saw four faces one mad

A brother from the gutter

They looked me up and down a bit

And turned to each other

I say

I don't like cricket oh no

I love it

I don't like cricket no no

I love it

Don't you walk thru my words

You got to show some respect

Don't you walk thru my words

'Cause you ain't heard me out yet

Well he looked down at my silver chain

He said I'll give you one dollar

I said You've got to be jokin' man

It was a present from me Mother

He said I like it I want it

I'll take it off your hands

And you'll be sorry you crossed me

You'd better understand that you're alone

A long way from home

And I say

I don't like reggae no no

I love it

I don't like reggae oh no

I love it

Don't you cramp me style

Don't you queer me pitch

Don't you walk thru my words

'Cause you ain't heard me out yet

I hurried back to the swimming pool

Sinkin' pina colada

I heard a dark voice beside me say

Would you like something harder

She said I've got it you want it

My harvest is the best

And if you try it you'll like it

And wallow in a dreadlock holiday

And I say

Don't like Jamaica oh no

I love her

Don't like Jamaica oh no

I love her oh yea

Don't you walk through her words

You got to show some respect

Don't you walk thru her words

'Cause you ain't heard her out yet

I don't like cricket oh no

I love it (Dreadlock holiday)

 

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