Within Temptation n'ira pas au Liban

Within Temptation n'ira pas au Liban
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Within Temptation n'ira pas au Liban - © KIKO HUESCA - BELGAIMAGE

Les Hollandais de Within Temptation ont annulé une date au Liban, en soutien au groupe Mashrou' Leila.

Ils devaient se produire ce 7 août dans le cadre du Byblos festival, mais après l'annulation d'un groupe local, suite à des pressions de groupes chrétiens, Within Temptation a communiqué sur la suppression du show.

L'autre groupe a été déprogrammé suite à de violentes menaces proférées par des fanatiques chrétiens. Les autorités libanaises se sont dites incapables d'assurer la sécurité aux artistes, ce qui a également décidé Within Temptation à faire machine arrière. En effet, ils préfèrent proposer un concert dans une ambiance de paix, et veulent clairement afficher leur soutien au groupe Mashrou' Leila, "au nom de la tolérance et de la liberté d'expression". 

Le groupe a ajouté: "A tous nos fans au Liban, c'est une décision difficile que nous avons dû prendre. Notre dernier show chez vous nous a laissé un souvenir particulier dans le coeur et l'esprit et nous reviendrons dans de meilleures conditions."

Le groupe Mashrou' Leila est mené par un chanteur ouvertement gay, et les paroles des chansons traitent de l'égalité des genres, d'homophobie ou encore de sectarisme.

Les organisateurs ont expliqué devoir annuler leur show "pour éviter un bain de sang et maintenir la sécurité et la stabilité", après que des chefs d'églises à Byblos déclarent que les chansons violaient les "valeurs religieuses".

Une décision désavouée par Amnesty International qui a critiqué les autorités libanaises pour cette non-protection de Mashrou' Leila.

 

Nous avions rencontré la chanteuse Sharon den Adel, de Within Temptation, en juin dernier, lord du Graspop Metal Meeting.

 

Le groupe hollandais se produisait pour la 8ème fois à Dessel, en tête d’affiche sur la Mainstage. Même si ce sont des habitués des lieux, ils gardent toujours la sensation qu’il s’agit de la première fois.

Cyril Wilfart les avait rencontrés il y a quelques mois, et ils ont énormément joué depuis, notamment aux USA et en Finlande, de quoi étrenner ce nouvel album " Resist " sorti en février dernier.

Ces nombreuses semaines sur la route ont permis aux fans de s’imprégner des nouveaux morceaux de ce septième album. Des fans totalement dévoués au groupe depuis leur formation en 1996. " Un rêve devenu réalité ", explique Sharon den Adel, quand on lui demande si elle s’attendait à ça au début de sa carrière. " Nous n’imaginions pas en faire notre métier, je me sens très chanceuse, bénie, et j’apprécie chaque jour ce que j’ai. "

Une flamme intacte après deux décennies de carrière, dans un monde où tout change et où se faire sa place en tant que jeune musicien est aujourd’hui beaucoup plus difficile : " Il y a moins d’aide, moins de subsides, tout est en changement, on ne sait pas de quoi demain sera fait et on ne peut que donner le meilleur de soi-même".

On sent d’ailleurs une pointe d’amertume, notamment sur le titre " Holy Ground ", plus rageur, dans lequel elle parle de " désillusion, de perte d’espoir, de disparition de cette innocence un peu naïve qu’on pourrait avoir en débutant sa vie, de vouloir changer les choses et le monde. On se rend compte en devenant plus vieux qu’on ne changera rien."

De manière générale, elle livre un album imprégné du thème des libertés individuelles, après lequel elle prendra le temps de se poser et de laisser mûrir de nouvelles choses avant de se remettre à l’écriture.

Évoquant la pochette de ce dernier né, sur laquelle on peut voir un homme avec une cape tenant une boule lumineuse dans le creux de la main : " chacun peut y voir ce qu’il veut et se faire son avis. Certains y ont vu une représentation de Big Brother scrutant le monde de manière oppressante. D’autres y ont vu quelque chose de plus bienveillant, une sorte de " veilleur de nuit ", gardant le monde à l’œil pour le protéger. "

Nous avons refermé l’interview en lui demandant quel album lui a donné envie de devenir musicienne : " Nevermind, de Nirvana ", a-t-elle répondu. " Pour l’expression d’un pur amour de la musique, de la passion, sans limite ".

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