Une semaine de confinement, cela coûte combien en Belgique ?

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La Belgique sait enfin ce que lui coûte chaque semaine de confinement. Quant aux entreprises cotées, elles ont aussi compris qu’elles ne devaient plus verser de dividendes à leurs actionnaires et que ces derniers devraient se serrer la ceinture comme tout le monde.

Nos compatriotes flamands ont une belle expression : "meten is weten", autrement dit, "mesurer, c’est savoir". Depuis hier, on a enfin une idée plus précise de ce que pourrait coûter, à la Belgique, cette crise sanitaire sans précédent historique. L’évaluation a été établie par la FEB et elle est intéressante car elle tient compte du feed-back des différentes sous fédérations qui composent la FEB. Le résultat est simple : chaque semaine de confinement coûte 2,4 milliards d’euros ! En clair, si la crise dure 6 semaines, le coût total pour la Belgique serait de 14,5 milliards d’euros, soit 3,3% de notre PIB.

Bien entendu, si la crise devait durer plus longtemps, 3 mois par exemple, c’est presque un doublement du coût puisqu’on parle à ce moment-là de 25 milliards d’euros. Un montant qu’il faudra sans doute nuancer à la baisse car il est clair (ou du moins à espérer) qu’une partie des dépenses, non réalisées pendant le confinement, se feront plus tard. La fédération des patrons flamands VOKA parle plutôt de 40 milliards d’euros.

Mais les deux associations patronales sont au moins d’accord sur un point : le plus vite on aura terrassé le coronavirus, le mieux cela sera pour l’économie ! Mais là aussi, les patrons (ou du moins leurs porte-paroles) demandent aux autorités locales d’être souples car des bourgmestres et/ou la police ont tendance, parfois, à vouloir fermer des entreprises qui, sous certaines conditions de respect des règles sanitaires, pourraient fonctionner et non pas être à l’arrêt total. Par exemple, dans le secteur de la construction, si certaines mesures de distanciation sociales sont prises, le boulot pourrait continuer. L’idée est d’éviter la paralysie totale et d’inciter à travailler, via le télétravail, mais aussi sur les lieux de travail quand c’est possible et toujours dans le respect des règles sanitaires. En fait, ce dont ont peur les patrons, que ce soit en Belgique, en France ou ailleurs, c’est un scénario très strict à l’italienne qui entraîne l’économie locale dans la dépression.

En attendant, les sociétés cotées en Bourse ont aussi compris que l’heure n’est plus au versement des dividendes. Donc des entreprises aussi différentes que Volvo, Ford ou Airbus ont annoncé qu’elles annulaient le versement de dividendes. D’autres vont plutôt les réduire comme le brasseur belge AB Inbev qui, il est vrai, est très endetté et va utiliser son cash pour se désendetter.

Les banques sont également mises sous pression par les autorités monétaires et par les gouvernements pour ne plus donner de dividendes pendant cette période difficile pour tous. La banque centrale européenne a même clairement fait comprendre que si l’institution a mis à disposition de l’économie de la zone euro 750 milliards d’euros, ce n’est pas pour donner des bonus aux banquiers ou verser des dividendes aux actionnaires mais bien pour financer l’économie. Voilà qui est clair !

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