Trump a fini par prendre au sérieux l'épidémie mais ce retard pourrait lui coûter sa réélection

chronique economique
chronique economique - © Tous droits réservés

Trump a fini par capituler. Lui qui, pendant trop longtemps, a refusé de prendre au sérieux l’épidémie de coronavirus, change totalement de discours. Lui, qui estimait que c’était l’équivalent d’une grosse grippe, doit maintenant battre en retraite et demander à ses compatriotes de se confiner. Tous sans exceptions !

Donald Trump a même dit à ses compatriotes que les deux prochaines semaines seront dures, très dures. Il vise évidemment le nombre de morts et aussi le moral des Américains. Aujourd’hui, la mortalité "espérée" aux Etats-Unis devrait se situer entre 100.000 et 240.000 morts, vu les mesures de confinement prises tardivement, mais prises quand même. Sans ces mesures, le médecin, qui conseille Trump, estimait le nombre entre 1,5 et 2,2 millions d’habitants.

Ce sont ces chiffres qui ont fait reculer Donald Trump qui, jusqu’à présent, donnait la primauté à l’économie sur la santé de ses concitoyens. D’ailleurs, tous les leaders qui pensaient que cela allait passer, et qu’il fallait seulement prendre des mesures minimales de protection et laisser le virus contaminer un maximum de personnes pour que la population soit immunisée, tous ces leaders ont changé d’avis au fil du temps. Que cela soit Boris Johnson en Grande-Bretagne, Bolsanaro au Brésil, Mark Rutte d’une certaine manière aux Pays-Bas, et bien entendu Donald Trump aux Etats-Unis.

En réalité, ce qui se passe, c’est que le prix d’une vie est aujourd’hui inestimable. Pendant des siècles, les épidémies ont fauché des millions de personnes dans l’indifférence totale : la vie, avant, n’avait aucune valeur sauf celle des puissants de ce monde. L’espérance de vie était d’ailleurs très courte…

Mais aujourd’hui, tenir ce discours est impossible moralement et politiquement. D’où la question que se posent les analystes, est-ce que ce retard à la prise de décision de Donald Trump ne lui sera pas fatal pour sa réélection le 3 novembre prochain ? Les Démocrates l’espèrent bien mais, en réalité, toute dépendra du nombre de morts et de la gestion de la crise sanitaire au cours des prochains jours. 240.000 morts, c’est énorme, mais Trump serait capable de se présenter devant les électeurs américains en leur disant que grâce à ses mesures, il a évité le scénario de 2,2 millions de morts. Vont-ils le croire ? Aux Etats-Unis tout est possible y compris l’impossible.