Topper Headon, batteur de The Clash : pourquoi les jeunes tombent dans le piège de l'héroïne

Nous sommes en 1976 en Angleterre. Les radios et télévisions cessent leurs programmes à 23 heures, les pubs sont fermés… Les Jeunes se retrouvent et n’ont plus qu’une chose à faire : s’asseoir, parler et contester le pouvoir en place ! C’est dans ce climat de révolution latente que naît The Clash.

Le Groupe affiche des chansons Punk militantes imprégnées de reggae et de rock. Les textes prennent les armes pour sortir du nucléaire. "London Calling", "This is Radio Clash", "Rock the Casbah", on a tous en tête ces titres commando ! Des textes qui ne plaisent pas à tout le monde. The Clash s’en fout, hors de question de revoir leur répertoire. Le milieu musical doit s’y résoudre… Et c’est ce qui fera le succès du groupe ! The Clash sort ce qu’il veut, comme il veut et ça cartonne !

En 82, Joe Strummer sombre dans la dépression… Topper Headon, batteur de The Clash est rongé par l’héroïne, il quitte le navire.

Dans l’archive vidéo que je vous propose cette semaine, on retrouve Topper Headon 4 ans plus tard, en interview pour l’émission RTBF "Cargo de nuit" présentée par Jean Louis Sbille (1986).

Topper Headon sort d’une traversée du désert qui a duré 2 ans. Il est surtout sorti d’une cure de désintoxication à l’héroïne qui lui permet à nouveau de faire de la musique.

The Clash est derrière lui, sa vie de junkie aussi. Aujourd’hui (en 1986), il veut aller plus loin en musique tout en étant "plus sage", plus expérimenté en tout cas.

Il vient de sortir un album solo au titre évocateur "Wakin’up", une renaissance pour laquelle il s’est entouré de cuivres, il a confié les claviers à Mickey Gallagher (claviériste qui bossait en studio pour The Clash) et c’est le soulman Jimmy Helms qui chante le titre "Leave it to luck" qui tourne sur les ondes Fm en 1986.

Et c’est vrai que c’est assez curieux de voir que le titre "Leave it to Luck" sort sous le nom de Topper Headon alors qu’il n’est pas le chanteur du band. Il accompagne Jimmy Helms dans les chœurs mais c’est tout. Si le nom de Jimmy Helms ne vous dit rien, peut-être avez-vous mieux connu le groupe "London Beat" dont il devient le chanteur quelques années plus tard avec quelques beaux succès dont "I’ve Been Thinking About You"

Ce qui est particulièrement intéressant dans cette archive, c’est le point de vue de Topper Headon qui commente une grande campagne de sensibilisation des jeunes au danger mortel de l’héroïne. Il explique que cette campagne, c’est très bien dans le sens où elle montre que l’héroïne n’est pas une drogue parmi tant d’autres. Celle-ci tue.

Il raconte que quand il avait 15 ans, il fumait un joint et les adultes le traitaient de junkie. Du coup, pour lui, passer à une autre drogue, ce n’est pas spécialement dangereux… Junkie pour Junkie autant tout goûter… Jusqu’au jour ou tu prends de l’héroïne… Donc dire que l’héroïne est mortelle, c’est très bien mais en même temps, les jeunes voient des musiciens comme lui s’en sortir, donc ils pensent qu’ils pourront faire pareil… Le souci, c’est qu’une cure de désintox, ça coûte énormément d’argent. Un producteur n’hésitera pas à t’envoyer en cure de désintoxication à ses frais. Il se dit qu’après ça, tu seras clean et que tu pourras à nouveau faire un album qui se vend bien… Mais pour les jeunes dans la vraie vie, il n’y a pas grand monde pour les sortir de ça. 34 ans après cette interview, rien n’a changé…

 

 

Une séquence réalisée avec la complicité de la Sonuma.

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