Tool : écoute du nouvel album

Tool : écoute du nouvel album
Tool : écoute du nouvel album - © Tous droits réservés

Dans mon métier, il y a de bons côtés, et il y a de très bons côtés. La journée de ce 16 juillet en fait partie. Parce que oui, vous lisez ces mots en ce 14 août, mais en réalité l’événement dont je vous parle s’est déroulé le 16 juillet, à Londres, dans les locaux de Sony Music.

Aujourd’hui avait lieu une séance d’écoute du nouvel album de Tool, "Fear Inoculum", qui sortira ce 30 août.

Ce n’est donc plus une légende, cet album arrivera enfin, plus de 13 ans après " 10.000 days ".

Ce mardi, j’ai eu le grand plaisir de participer (avec seulement deux autres journalistes belges) à cette écoute en 5.1, des 84 minutes qui constituent l’album.

A l’heure où j’écris ces lignes, les infos sont plus que légères : il s’agissait d’une découverte à l’aveugle, sans aucune information (ni du management, ni du groupe), sans visuel (qui est arrivé depuis), sans artwork, sans détail, et a fortiori sans les paroles/lyrics.

Nous avions donc pour seul outil notre paire d’oreilles pour traverser les neuf morceaux de l’album, sorte de vagues successives, dans lesquelles on retrouve tous les marqueurs de la musique de Tool.

De la puissance, de l’intensité, un son d’une pureté déconcertante (j’avoue, le 5.1 a pris tout son sens sur cet album "Fear Inoculum"), et un bel équilibre entre les parties instrumentales et les moments chantés.

Inutile de préciser que les amateurs de 4/4 et de musique bien carrée y perdront leur latin. Les structures sont multiples, complexes, fines, irrégulières, soignées.

La plage titulaire ouvre l’album tout en douceur d’abord, avec des percussions tribales qui reviendront sur les titres "Pneuma", "Culling Voices" et le dernier morceau "Mockinghead", sorte d’outro onirique, dans laquelle les sons électroniques font penser à des bruits reconstitués d’oiseaux, une expérimentation sonore courte qui succède aux 16 minutes de l’épique "7empest", le morceau le plus construit, le plus heavy de l’album.

Nous ne sommes pas ici dans une véritable réinvention, c’est du Tool, sans aucun doute possible, mais c’est surtout du très bon Tool, d’une fidèle qualité, avec ses envolées surpuissantes, ses riffs accrocheurs et ce son de la basse reconnaissable entre mille.

Une structure assez traditionnelle pour le groupe (à condition de pouvoir parler de "tradition" dans ce style peu usité et qui ne compte pas beaucoup d’élus) qu’on croise d’ailleurs dès le premier morceau, mais aussi sur "Pneuma", "Invincible" (qu’ils testent en live depuis le début de la tournée), ou encore sur "Culling Voices".

Si vous avez assisté au show d’Amsterdam, vous avez déjà découvert "Descending" et "Invincible" (joués à Werchter également) et le moment que s’offre Danny Carey, "Chocolate Chip Trip".

On ne peut pas vraiment parler de solo puisque ce morceau se termine en battle batterie/clavier avec des parties expérimentales difficiles à décrire. Élément atypique de l’album, tout comme le quatrième morceau, "Legion Inoculant", sorte de flux et reflux de fréquences, de vagues énigmatiques, intenses, avec des voix en recul, incompréhensibles, mais qui participent au côté mystérieux du morceau.

Je rappelle que je n’ai, à l’heure qu’il est, aucune information sur qui a fait quoi, mais on sent que les membres du groupe (Adam Jones à la guitare, Maynard James Keenan au chant, Danny Carey à la batterie, et Justin Chancellor à la basse) sont sur un pied d’égalité et se partagent cet album sans monopole de l’un ou de l’autre.

De la même manière que "le tout est plus que la somme des parties", "Fear Inoculum" est à considérer comme un tout indivisible, avec ses moments intenses et fidèles à leur style, et ses plages de liberté pour chacun des musiciens. On ne peut pas vraiment parler de "single" au sens strict du terme sur cet album, le doute plane d’ailleurs sur le morceau qu’ils sortiront en premier (on sait maintenant qu’il s’agissait de "Fear Inoculum"). A l’image du groupe, le management livre les infos au compte-gouttes.

On attend bien sûr, en plus des paroles, les visuels, ce pan qui fait partie intégrante de leur travail. L’objet en soi est toujours riche de sens et surprenant. Beaucoup de fans restent très attachés au format physique (CDs, Vinyles…), même si d’autres lui préfèrent les achats digitaux. Il y a donc là aussi une grande attente en parallèle à l’attente musicale. (On a appris entre-temps que l’album sera disponible en édition deluxe, et Cd limitée. Une version conçue par Adam Jones propose un écran rechargeable 4” HD avec des vidéos, un câble de recharge, des baffles 2 watts speaker, un livre de 36 pages et une carte de téléchargement digital. Une version vinyle suivra.)

Il ne reste donc plus qu’à patienter jusqu’à cette sortie complète du cinquième album promise pour le 30 août.

Tracklist de "Fear Inoculum", telle qu’elle nous a été donnée le 16 juillet :

1. Fear Inoculum

2. Pneuma

3. Invincible

4. Legion Inoculant

5. Descending

6. Culling Voices

7. Chocolate Chip Trip

8. 7empest

9. Mockingbeat

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