THE 27 CLUB : Qui était Jimi Hendrix avant "Hey Joe", avant le Monterey Pop Festival, avant Woodstock ?

Dans cette série consacrée aux membres du Club des 27, place à Jimi Hendrix !

Quand on évoque son nom, on pense directement au Jimi Hendrix Experience, à " Hey Joe " qui cartonne dès sa sortie en fin 1966, au décollage de la carrière de Jimi Hendrix après son arrivée à Londres lorsque le manager Chas Chandler le découvre et le révèle au monde entier. Mais avant tout cela, qui était Jimi Hendrix et quelles autres expériences a-t-il tenté ?

 

Avant de débarquer à Londres, Jimi Hendrix, qui se fait appeler Jimmy James, voire Maurice James et ce ne sont pas les seuls pseudos qu’il utilise. A l’époque, il gagne sa vie en étant guitariste d’accompagnement, notamment pour Little Richard ou encore les Isley Brothers. Mais manifestement, partager la scène avec un autre frontman, c’est mission impossible pour Jimi Hendrix. Lors des concerts avec Little Richard, chacun veut occuper le devant de la scène ce qui finit par créer des tensions irréparables entre les 2 artistes.

Jimi Hendrix est toujours aux Etats-Unis. Il finit par stopper ses activités de guitariste d’accompagnement, il est temps pour lui de lancer son premier véritable groupe et il portera le nom de " Jimmy James & The Blue Flames " avec notamment le guitariste Randy California, futur fondateur du groupe Spirit, groupe culte de l’histoire du rock.

Cette histoire est de courte durée, Jimi Hendrix embarque pour Londres. Il participe à des jams mais surtout, il fait la rencontre de l’ingénieur du son et producteur Eddie Kramer. Une rencontre capitale puisque c’est ce producteur britannique qui deviendra le véritable bras droit de Jimi Hendrix pour de très nombreux enregistrements studio.

Eddie Kramer à propos de Jimi Hendrix : " C’était un gars très très calme,… un gars réservé."

Laurent Rieppi a pris contact avec Eddie Kramer et il lui a demandé de nous livrer ses premières impressions lorsqu’il a rencontré Jimi Hendrix pour la toute première fois. Voici ce qu’il a répondu :

" Je l’ai rencontré au début de sa carrière après le succès de " Hey Joe ", c’était quelqu’un de très très calme, qui parlait très doucement, je crois que le mot pour le décrire le mieux était "réservé"… Mais très amical aussi et on s’est directement bien entendus parce que ce qu’il jouait en studio était juste incroyable, ça épatait tout le monde et, heureusement, j’arrivais à m’adapter à ça et à lui proposer assez rapidement un son qu’il aimait… Et il a rapidement compris que j’arrivais vraiment à lui donner ce qu’il souhaitait d’un point de vue sonore, donc on était connectés dans ce sens… "

Le travail du son, de la production, c’est l’une des caractéristiques de Jimi Hendrix. Il a une idée très précise de ce que son morceau doit donner une fois enregistré et lorsqu’une idée lui vient, il voudrait être en studio pour la matérialiser tout de suite… Le souci, c’est que les studios d’enregistrement fonctionnent pour la plupart " aux heures de bureau ", en journée en tout cas, et que les fulgurances de Jimi Hendrix ne sont soumises à aucun fuseau horaire. Impossible donc de débarquer en pleine nuit dans un studio pour bosser sur un titre… A moins de créer son propre studio, son propre terrain de jeu… Et c’est ce que Jimi Hendrix va réaliser en fondant à New York, dans Greenwich Village, le mythique " Electric Lady Studios ".

Parmi les nombreux artistes qui ont enregistré à l’Electric Lady Studios, il y a Patti Smith. Elle y enregistre notamment " Elegie " le 18 septembre 1975, 5 ans, jour pour jour après la mort de Jimi Hendrix.

Patti Smith à propos du studio Electric Lady :

Qui mieux que Patti Smith peut nous raconter l’ambiance qui régnait dans ce studio New Yorkais ? Laurent Rieppi avait eu l’occasion de la rencontrer aux Ardentes à Liège et il lui avait demandé d’expliquer en quoi ce studio était important pour elle. Voici ce qu’elle a répondu :

"On peut enregistrer n’importe où. On l’a déjà fait dans une ferme en Italie. De nos jours, on pourrait même enregistrer dans notre salle de bains si on voulait grâce à la technologie. J’adore simplement le studio Electric Lady, et comme je suis sous contrat avec Columbia, j’ai le budget nécessaire pour m’y rendre. Si Columbia me laissait tomber, je n’aurais peut-être plus la possibilité d’y enregistrer. Mais, vous savez, c’est un privilège… Et puis j’ai tellement de souvenirs là-bas avec mon guitariste Lenny. J’y ai enregistré "Piss Factory", les albums Horses, Gone Again, Twelve, et j’ai rencontré Jimi Hendrix dans ce studio. Je connaissais ses espoirs et ses rêves de l’époque pour ce studio, et quand on se rend là, tous ensemble - parce que nous adorons tous Jimi dans le groupe - nous croyons tous à sa mission qui était vraiment d’arriver un jour à créer un langage universel à travers la musique, un langage qui pourrait promouvoir la paix et la conscience de nos propres responsabilités en tant qu’êtres humains. Jimi Hendrix n’était pas ce gars qui mettait simplement le feu à sa guitare, c’était un véritable visionnaire et il se souciait de notre planète et des autres. J’aurais tellement aimé qu’il reste avec nous un peu plus longtemps… "

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Jimi Hendrix © CA/Redferns

Jimi Hendrix aura le temps de peaufiner le son de son studio en compagnie d’Eddie Kramer. Il y enregistrera avec le Jimi Hendrix Experience et quelques semaines seulement après l’inauguration de ce studio dont il rêvait, Jimi Hendrix s’éteint et entre dans la légende du Club des 27. C’était le 15 septembre 1970 à Londres.

De très nombreux groupes ont enregistré dans ce studio. Lenny Kravitz était un habitué des lieux, mais aussi U2 :

 

The Clash :

 

Ou plus récemment Soundgarden :

L’influence d’Hendrix chez nous…

51 ans après la mort de Jimi Hendrix, chez nous, en Belgique, un sacré musicien puise encore à cette source musicale pour composer ses morceaux. Ce musicien, c’est Alain Pire et le nom de son groupe ne laissera place à aucune équivoque : Alain Pire Expérience.

Des milliers de guitaristes jouent Jimi Hendrix à travers le monde depuis un demi-siècle. Alain Pire s’est intéressé de très près à la musique psychédélique chère à Jimi Hendrix au point de faire une thèse sur la musique psychédélique anglaise à Uliège en 2009. Dans ce travail, Alain Pire explique que l’émergence de ce courant musical a été rendue possible grâce à 4 facteurs :

- Le bouillonnement artistique londonien de l’époque

- La présence au même moment de grands musiciens dans la même capitale

- La facilité de se procurer des substances illicites sur le territoire britannique à ce moment

- Et des innovations technologiques qui ont permis à la création sonore d’explorer d’autres territoires

Dans sa musique au sein du groupe Alain Pire Experience, Alain désire perpétuer ce style musical pour lequel il conserve une tendresse et un profond respect. La musique de Jimi Hendrix a électrifié, éveillé toute une génération et Alain Pire s’est donné comme mission de faire vivre pour très longtemps encore l’expérimentation musicale qui a révolutionné la musique à la fin des années 60 et au début des années 70.

The 27 Club

Un des mythes véhiculés par le rock, c’est le fameux Club des 27.

27 ans, c’est l’âge qu’avaient notamment Jimi Hendrix, Kurt Cobain, Janis Joplin, Brian Jones, Amy Winehouse etc. quand ils nous ont quittés. Dans cette thématique, nous brossons chaque samedi à midi le portrait d’un musicien charismatique, en soulignant son influence et son apport artistique.

 

Mythe ou simple coïncidence ? Gabrielle Davroy et Laurent Rieppi vous proposent ces 9 émissions qui seront traitées comme une collection.

The 27 Club : le samedi de 12h à 13h, et en podcast via classic21.be et les plateformes de téléchargement.

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