THE 27 CLUB : Alan Wilson, pilier de Canned Heat, 3e musicien à pousser la porte du Club des 27

Alan Wilson est le 3e locataire du Club des 27 après Robert Johnson mort le 16 août 1938, Brian Jones qui le rejoint le 3 juillet 1969.

C’est à lui que Gabrielle Davroy et Laurent Rieppi consacreraient une heure d’émission ce samedi 7 août dès midi. Réécoutez dès maintenant l’émission ci-dessous.

3 images
Bob Hite (1943-1981), le guitariste Alan Wilson (1943-1970), le bassiste Larry Taylor, et le batteur Adolfo de la Parra © Bob Baker/Redferns/Getty Images

Alan Wilson pousse la porte du Club des 27 le 3 septembre 1970, deux semaines avant Jimi Hendrix, un mois avant Janis Joplin, 9 mois avant Jim Morrison. Il y a donc eu un tir groupé d’artistes disparus à la charnière des années 60 et 70 avec des artistes qui ont au moins 3 points communs :

  • Un immense talent
  • Une notoriété planétaire (parfois posthume)
  • Un fin tragique à l’âge de 27 ans

Pour beaucoup, ces disparitions groupées dans un laps de temps très court sont à l’origine de la Légende du Club des 27.

Alan Wilson n’est pas repris dans le top 7 des musiciens le plus connus faisant partie du club des 27 et pourtant, en tant que l’un des chanteurs, guitariste et harmoniciste du groupe Canned Heat, c’est une légende.

Voici l’histoire d’un incroyable destin pour ce petit garçon complexé, timide, qui n’aura pas un franc succès auprès des filles. Alan Wilson était dépressif et présentait des troubles qu’on pourrait qualifier d’autistiques. Il deviendra une star non pas de rock mais de blues.

Autre particularité, Alan Wilson était amoureux de la planète, soucieux de la nature et de l’urgence écologique. Il était précurseur sur ce point pour l’époque.

Alan Wilson est donc un bluesman blanc à la voix haut perchée qui réussit pourtant à se faire respecter et accepter par la communauté noire du blues.

Sa vie…

Faisons plus ample connaissance avec Alan Christie Wilson né le 4 juillet 1943 dans la banlieue de Arlington dans le Massachusetts aux Etats Unis.

Enfant, il est extrêmement intelligent, curieux, il aime comprendre et analyser les choses et sa belle-mère, Barbara, le sensibilise alors au jazz.

Le jeune Alan se montre alors totalement fasciné par ce qu’il entend et il commence à analyser ce qu’il découvre, instrument par instrument, étudiant aussi la structure du morceau.

Alors que l’on le connaît pour ses talents de guitariste, d’harmoniciste et sa voix, si particulière, les débuts d’Alan Wilson en musique se font au… trombone ! C’est le premier instrument qu’il apprend à maîtriser alors qu’il est fan de jazz.

Il va alors former un premier groupe, de jazz donc, nommé Crescent City. Ayant toujours eu un intérêt particulier pour la recherche et l’histoire de la musique, il croise naturellement le chemin du blues en approfondissant ses connaissances en jazz… Et c’est un nouveau déclic, notamment grâce à " Hoochie Coochie Man" de Muddy Waters.

 

Ce morceau inspire Alan tant au niveau du chant, du jeu de la " slide guitar " que par son jeu à l’harmonica.

Il développe rapidement une connaissance encyclopédique du blues et lorsqu’il apprend que Son House est de passage près de chez lui à Cambridge (Massachusetts), il profite de l’occasion pour le rencontrer et l’interviewer. Son House a notamment été l’un des mentors de Robert Johnson (1er locataire du Club des 27)…  Malheureusement, à cette époque, le guitariste plonge complètement dans l’alcool et n’a plus vraiment ses idées en place. Alan Wilson lui vient en aide, et ils sortiront plusieurs enregistrements que ce dernier va produire et sur lequel il joue également…

 

Et puis ce sera la rencontre avec un disquaire, qui en connaît aussi un rayon en disques de blues… Son nom ? Bob Hite, dit " The Bear " vu sa grande taille, son allure et sa barbe fournie. Il deviendra le co-lead vocal de Canned Heat ! L’aventure Canned Heat peut commencer….

 

En 1968 avec la sortie du second album du groupe " Boogie With Canned Heat ", le groupe triomphe aux Etats-Unis et en Europe…

Alors que les sonorités psychédéliques et pop envahissent la planète, le côté très roots de Canned Head réussi à s’imposer.

D’autres albums suivent, le succès est au rendez-vous, mais Alan Wilson doit faire face à certaines difficultés liées à cet élan de popularité.

D’un naturel timide, réservé, il n’arrive pas à gérer ce succès, ni même à réellement en profiter contrairement aux autres musiciens du groupe.

Il se réfugie alors dans son monde, celui de la nature, qu’il admire… Il a conscience que la nature est en grand danger. Le début des années 70 rime avec une urbanisation à outrance, mais aussi à la pollution grandissante, pollution qui pourrait détruire ce milieu qui lui fait tant de bien.

Environnementaliste avant l’heure et riche du succès du groupe, il commence à plancher sur le concept de " Music Moutain ", une fondation de préservation de la nature qu’il veut créer… Malheureusement, la dépression qui le ronge depuis le début du succès finit par l’emporter. Et il nous quitte à l’âge de 27 ans… Après avoir pris trop de médicaments, ou par suicide, on ne le saura probablement jamais…

La disparition de Wilson marque les esprits dans le monde ainsi que dans la communauté musicale. En 1972, Stephen Stills sort un de ses meilleurs albums solos " Manassas ", sur lequel on retrouve ce " Blues Man ", hommage à des musiciens disparus bien trop tôt, Jimi Hendrix, Duane Allman et Alan Wilson…

 

Alan Wilson, un bluesman blanc adoubé par la communauté blues noire, à commencer par John Lee Hooker avec qui il enregistre un album.

Patrick Louis de Boogie Beasts, grand fan de Canned Heat

Ce samedi 7 août dans The Club, nous célébrons donc la musique d’Alan Wilson, entré dans le Club des 27 le 3 septembre 1970 à Los Angeles en Californie et nous avons demandé à Patrick Louis, guitariste de blues et pilier du groupe Boogie Beasts de nous parler d’Alan Wilson.

Boogie Beasts est un groupe belge qui existe depuis une bonne quinzaine d’années. Il allie tradition et modernité et c’est précisément ce que Patrick Louis, chanteur et guitariste du groupe apprécie dans l’univers d’Alan Wilson.

Patrick Louis n’était pas né au moment de la mort d’Alan Wilson en 1970. Il découvre sa musique à l’adolescence grâce à un album de Canned Heat loué à la Médiathèque de Namur. Ce qui le frappe, c’est le mariage musical assez rare entre le blues traditionnel qu’il joue et un son 100% personnel et moderne particulièrement remarquable lorsqu’il chante et lorsqu’il joue de l’harmonica.

Dans Boogie Beasts, comme dans tous les projets musicaux menés par Patrick Louis, Canned Heat est très présent. Le single "Favorite Scene" de Boogie Beasts est clairement inspiré par le travail d’Alan Wilson :

 

Lorsqu’on demande à Patrick Louis d’imaginer ce qu’Alan Wilson aurait pu faire s’il avait vécu plus longtemps il pense qu’il aurait sans doute consacré une bonne part de son temps à tenter de sauvegarder la planète qui était une de ses préoccupations premières.

Boggie Beasts repart en tournée, voici quelques dates à ne pas louper parmi une belle et longue série de concerts :

- Le 8 août à la Ferme de la Madelonne dans le cadre du Jazz & Blues Gouvy Festival

- Le 15 octobre, présentation de leur nouvel album "Love Me Some" au Delta à Namur

The 27 Club

Un des mythes véhiculés par le rock, c’est le fameux Club des 27.

27 ans, c’est l’âge qu’avaient notamment Jimi Hendrix, Kurt Cobain, Janis Joplin, Brian Jones, Amy Winehouse etc. quand ils nous ont quittés. Dans cette thématique, nous brossons chaque samedi à midi le portrait d’un musicien charismatique, en soulignant son influence et son apport artistique.

 

Mythe ou simple coïncidence ? Gabrielle Davroy et Laurent Rieppi vous proposent ces 9 émissions qui seront traitées comme une collection.

The 27 Club : le samedi de 12h à 13h, et en podcasting via classic21.be et les plateformes de téléchargement.

Newsletter Classic 21

Recevez chaque jeudi matin un aperçu de la programmation à venir.

OK