Tempo : Dire Straits - Alchemy

En 1984, la sortie du live 'Alchemy' de Dire Straits, enregistré l’année précédente à l’Hammersmith Odeon de Londres, avait rencontré un succès colossal, atteignant des ventes pharaoniques. Fanny Gillard vous proposait de revivre ce célèbre live ce mardi 9 février à 23h dans Tempo sur La Trois en TV ou en replay sur Auvio et ci-dessous.

A l’époque, le groupe emmené par le guitar-hero Mark Knopfler n’avait alors que six ans d’existence mais avait déjà un panel de chansons désormais universelles, se mêlant aux hymnes des meilleures formations post-punk. Ce live de Dire Straits reprend la première partie de la carrière du groupe, et les versions proposées des titres sont assez éloignées des versions studio. Toute la virtuosité de Mark Knopfler, et de son groupe éclate sur l’époustouflant "Sultans of Swing" (plus de 11 minutes) avec son solo ravageur. Le jeu de Mark Knopfler atteint ici d’incroyables sommets de grâce, et le groupe dans son ensemble parvient à la perfection.

Dire Straits

Mark Knopfler (né en 1949 à Glasgow) et son frère David (né en 1951) sont les deux piliers de cette formidable aventure. Dès la fin des années 60, alors qu’ils sont tous deux étudiants, ces deux fils de la bourgeoisie anglaise commencent à écumer les pubs au sein d’une improbable formation dénommée " Brewer’s Drop ". On les retrouve quelques années plus tard à Londres, où ils font la connaissance du bassiste John Illsley (alors vendeur de disques, né en juin 1949) et du batteur Pick Withers, musicien de studio depuis déjà un moment. Nos quatre mousquetaires commencent alors à développer un rock très léché, parsemé de fioritures révélant une virtuosité complètement maîtrisée, bref, de la belle ouvrage qu’ils trimballent de pub en campus, dans un dernier tour de chauffe avant d’enregistrer.

En 1978, l’album " Dire Straits ", produit par Muff Winwood, fait alors l’effet d’une bombe. En pleine émeute punk, l’Europe découvre soudain un groupe formidablement décalé, cartonnant sur un tube bluesy sublime, envahi de lumineuses guitares inspirées par J.J.Cale, Ry Cooder ou Chet Atkins : "Sultans Of Swing", un de leurs plus grands morceaux, devient leur premier tube. En quelques mois, l’album Dire Straits fait le tour du monde (et des radios FM, enchantées par la limpidité de la production) pour atteindre aux Etats-Unis la seconde place du Billboard. Dire Straits, véritable antidote à l’épidémie punk, fait l’unanimité !

Dès l’année suivante, Communiqué (produit par Jerry Wexler et Barry Beckett), nouveau chef-d’œuvre, vient renforcer le décollage vertical de ce groupe pas comme les autres et se vend à plus de trois millions d’exemplaires. C’est l’époque que choisit David Knopfler pour quitter le navire et se lancer dans une carrière solo. Ce départ n’affecte en rien le groupe (rejoint par Al Lindes et Alan Clark aux claviers) qui, dès 1980, revient sur le devant de la scène avec Making Movies. Ce troisième album peut être aujourd’hui considéré comme un disque de transition pour un groupe tournant désormais comme une horloge suisse. Côté continuité, Mark Knopfler et ses hommes alignent une fois de plus quelques petits bijoux finement ciselés ("Tunnel Of LOve" ou la superbe ballade "Romeo And Juliet". Côté nouveauté, "Making Movies" annonce un ton plus dur, plus musclé, savamment travaillé par la production de Jimmy Iovine ("Expresso Love", "Solid Rock"). Cette impression est d’ailleurs confirmée dès 1983 par Love Over Gold, nouveau raz de marée du groupe, appuyé par le single "Private Investigations". Le double album " Alchemy-Live ", en 1984, tombe à point nommé pour ponctuer une époque et permettre au groupe d’un peu souffler (Withers en profite pour s’éclipser, laissant la batterie à Terry Williams).
1985 va être épuisant pour Dire Straits : cette année-là sort en effet Brothers In Arms, un album très attendu par les millions de fans de Mark Knopfler. L’album sert de support au lancement du compact disc par Philips et s’accompagne d’une gigantesque tournée de plus de 200 dates. Brothers In Arms, en quelques mois, va battre tous les records du groupe : clip en images de synthèse diffusé jour et nuit par MTV sur "Money For Nothing" (N ? 1 aux USA), tubes avec "Walk Of Life" ou "So far Away", duo avec Sting sur "I Want My MTV" l’album a de quoi convaincre les amoureux du vinyle qu’il est grand temps de passer au numérique ! Dire Straits est devenu un poids lourd du rock des années 80.

Du coup, Mark Knopfler a une fois de plus besoin de casser le rythme. En 1987, il se tourne vers les musiques de films, auxquelles il s’est déjà consacré avec " Local Hero " (1983) et " Cal " (1984), en signant la B.O. de The Prince’s Bride. Quelque temps plus tard, il annonce la dissolution du groupe et fonde les Notting Hillbillies en 1990, pendant que John Isley se lance à son tour dans une carrière solo.
Mais Dire Straits semble plus fort que tout. En 1991, le groupe revient sous les feux des projecteurs le temps d’un dernier album, On Every Street, suivi d’une monstrueuse tournée, puis s’évanouit une nouvelle fois dans la nature. Dire Straits peut prendre son temps et poursuivre une carrière en pointillés émaillée d’albums live (On The Night en 1993, Live At The BBC, superbe album sur les débuts du groupe, en 1995) et de compilations (Sultans Of Swing : the best of Dire Straits, 1998). De son côté, Knopfler a enregistré en solo, à Dublin et à Nashville, Golden Heart (1996), album qui le propulsera une fois de plus dans les charts, avant que notre homme ne re-disparaisse dans sa retraite irlandaise.

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