Séquence Spéciale : Kandace Springs

c21 lounge
c21 lounge - © Tous droits réservés

L’espace lounge de Classic 21 recevra ce samedi la chanteuse de soul jazz Kandace Springs. De temps à autre, on a la chance d’assister à l’apparition d’un chanteur ayant parfaitement assimilé les leçons de ses prédécesseurs sans que sa profonde originalité n’en souffre, d’un musicien parvenant à rendre hommage à l’héritage musical qui lui a été légué sans s’en faire l’esclave.

Kandace Springs fait partie de ces artistes d’exception. Si cette chanteuse, pianiste et songwriter de 30 ans installée à Nashville revendique clairement l’influence d’artistes comme Billie Holiday, Ella Fitzgerald, Nina Simone, Roberta Flack ou Norah Jones, « Soul Eyes », son premier album chez Blue Note Records, ne se résume en rien à une simple imitation. Son dernier album « Indigo » sorti fin 2018, n’a fait que confirmer le talent de cette jeune chanteuse et pianiste particulièrement douée.

Loin de tomber dans le mimétisme, Kandace Springs se sert en effet de ces influences pour donner naissance à un son qui n’appartient qu’à elle. « Les artistes qui ont le plus compté pour moi chantent tous de manière extrêmement naturelle », explique-t-elle. « Ça m’a aidé à trouver ma propre voie. »

Ce cheminement ne s’est pas fait en un jour. Produit par Pop & Oak (Rihanna, Nicki Minaj, Miguel), son premier EP, l’éponyme « Kandace Springs », sorti en 2014, était très clairement orienté R & B/hip-hop. Mais ce premier essai ne reflétait pas parfaitement sa véritable personnalité. Après en avoir longuement discuté avec ses producteurs Carl Sturken et Evan Rogers, la chanteuse prit alors la décision d’emprunter une autre direction musicale et de revenir à un son beaucoup plus organique laissant bien mieux transparaître l’influence du jazz et celle d’une enfance passée à Nashville.

Durant cette période de profonde remise en question, Kandace Springs attira l’attention de Prince. Après avoir entendu sa reprise de « Stay With Me » de Sam Smith postée sur le site Okayplayer, la légende de Minneapolis l’invita en effet à se produire avec lui lors d’un concert donné à Paisley Park pour fêter le 30e anniversaire de la sortie de « Purple Rain ». « Il m’a beaucoup encouragé avant que je ne commence à enregistrer ce nouvel album, tout particulièrement lorsque j’étais encore en train de chercher le son qui me correspondrait le mieux », explique l’artiste. « Il m’a dit que qu’il fallait que je fasse la musique qui me venait le plus naturellement. Et il avait totalement raison. »

« Ce nouvel album sonne exactement comme j’en avais envie », indique la chanteuse qui doit beaucoup à son père, Scat Springs, un chanteur de session bien connu à Nashville. C’est à lui que Kandace doit d’avoir grandi dans un environnement où la musique faisait partie du quotidien et commencé à étudier le piano, son père l’ayant encouragé à prendre des leçons après l’avoir découverte, à dix ans, en train de chercher des mélodies sur l’instrument de la maison. La musique n’était toutefois pas le seul moyen qu’avait trouvé la jeune Kandace pour exprimer sa créativité. Les arts graphiques et, de manière plus surprenante, les voitures la passionnaient également. « Mon père m’avait offert une petite voiture, une Thunderbird ou quelque chose dans le genre, et ma mère une Barbie », se rappelle-t-elle. « J’ai dessiné une moustache à la Barbie et je n’ai plus jamais joué avec. Par contre, j’ai encore la petite voiture », indique la chanteuse qui est désormais passée aux vraies voitures, qu’elle collectionne, retape et revend.

Il fallut toutefois attendre qu’un ami de son père lui offre « Come Away With Me », le premier album de Norah Jones sorti en 2002 chez Blue Note pour que Kandace Springs commence à nourrir une véritable passion pour la musique. « C’est « The Nearness of You », la dernière chanson de cet album qui m’a vraiment donné envie de jouer au piano et de chanter », explique-t-elle. « Cette musique est la fois si simple, si dépouillée et si émouvante. Ça m’a vraiment touché. C’est là que je me suis dit, « Voilà ce que je veux faire ». »

Quelques années plus tard, Kandace Springs envisageait d’entrer dans une école de design automobile quand sa mère lui suggéra de prendre contact avec Evan Rogers et Carl Sturken. Deux producteurs bien connus pour avoir écrit pour Shakira, Christina Aguilera ou Kelly Clarkson et découvert Rihanna alors qu’elle n’était qu’une adolescente. La jeune femme s’installa finalement à New York où elle se mit à travailler d’arrache-pied sur de nouvelles chansons et à enregistrer des démos. Elle obtint finalement une audition avec Don Was, le président de Blue Note, qu’elle enthousiasma grâce à une reprise époustouflante d’« I Can’t Make You Love Me » de Bonnie Raitt, titre dont Don Was avait d’ailleurs produit l’original. « Cette chanson est si émouvante. La première fois que je l’ai entendue, j’étais à deux doigts de pleurer », se souvient Kandace Springs. « J’avais écrit mes propres arrangements pour ce morceau quelques années avant de le jouer à Don », ajoute-t-elle.

Ne cessant d’approfondir son art de chanteuse et de songwriter, Kandace Springs est, sans l’ombre d’un doute, appelée à faire chavirer bien des cœurs. « J’aimerais être connue comme une artiste qui participe à sa manière à faire du jazz et de la soul des musiques aussi actuelles qu’au premier jour », explique-t-elle avant d’ajouter : « ce que j’aime dans le jazz et la soul, c’est leur vérité brute. »

Et aussi

Newsletter Classic 21

Recevez chaque jeudi matin un aperçu de la programmation à venir.

OK