Say It Ain’t So Joe, Murray Head

Say It Ain’t So Joe, Murray Head
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Ce vendredi, Axel du Bus vous explique la réelle signification du morceau : Say It Ain’t So Joe de Murray Head.

L’autre matin, j’allume la radio dans ma voiture et sur quoi je tombe ? Sur l’horrible One Night In Bangkok du pourtant sympathique Murray Head. Mais qu’est-il allé faire dans cette galère, me demande-je, il est chouette pourtant Murray Head, je sais pas pourquoi mais il a une bonne tête. Pourquoi cette daube, pourtant écrite par les deux B de ABBA, oui, le Björn et le Benny, à propos de la rencontre de deux champions d’échecs à Bangkok.

Pris d’une empathie comme rarement pour ce pauvre Murray Head, je décide sur le champ de lui rendre hommage pour son premier succès, la ballade folk Say It Ain’t So Joe parce qu’un mot m’a toujours intrigué dans le titre : le Joe. Joe Dalton ? Joe Bazooka ? Beverly Jo Scott ?

Non, il faut remonter près de cent ans en arrière. Le Joe en question, à qui le chanteur n’arrête pas de dire « Dis-moi pas que c’est pas vrai ! » s’appelle Shoeless Joe Jackson. Aucun rapport avec la grande tige anglaise  de I’m The Man, ou avec le cerf, pardon, le père de Bambi. Non, Shoeless Joe Jackson est l’une des premières grandes stars du baseball américain, vainqueur des World Series en 1917 avec les Chicago White Sox. Une icône qui ne le restera pas longtemps. En 1919, les White Sox perdent  la finale des World Series face aux Cincinnati Reds. Une défaite qui semble immédiatement suspecte aux yeux des connaisseurs et des officiels. Une enquête est lancée et je vous en épargne les détails parce que les aspects techniques du baseball me sont aussi familiers que ceux de la séparation des diphtongues dans le langage proto-bantou du Haut-Niger.

Toujours est-il qu’en 1920, le Grand Jury déclare huit joueurs de l’équipe coupables, dont Shoeless Joe Jackson.  Il sera blanchi plus tard mais ne remontera plus jamais sur un terrain en tant que joueur professionnel. A sa sortie du tribunal, plusieurs centaines de jeunes fans l’attendent. Et de cette masse, un môme s’extirpe et attrape la manche du champion en le suppliant de cette phrase « It ain’t true, is it, Joe ? » Réponse de Jackson « Yes kid, I’m afraid it is… » Le silence se fait, la foule s’écarte et le champion disparaît. De cette légende est née l’expression « Say it ain’t so Joe ».

Bon, évidemment Murray Head n’a pas 110 ans, il n’était pas là au moment des faits. Alors pourquoi cette chanson ? Les paroles ne sont qu’une longue et tragique complainte : dis-moi que c’est pas vrai, Joe, j’ai le droit de savoir, je suis sûr qu’ils nous racontent des sacs, paraît que notre héros a abattu son dernier atout, il ne sait plus quoi faire, l’armée et l’empire peuvent tomber en morceaux, l’argent est devenu rare, les beaux jours sont bien loin, les petits chéris,  ne pensez-vous pas qu’on va être brûlés, qu’on va se faire avoir…

Personne n’est nommé dans la chanson, mais de l’aveu de Murray Head, elle fait écho à toutes les histoires politiques de l’époque aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne. Fin de la guerre du Vietnam, démission de Nixon et les débuts de la grande crise qui, en quelque sorte, nous fait toujours baver aujourd’hui. La mi-70, c’est la fin des illusions sur fond d’apocalypse. Le chanteur lui-même s’est toujours étonné du succès en France d’une chanson aussi noire. C’est cette même expression qui m’est venue en tête quand j’ai entendu One Night in Bangkok, l’autre jour dans ma voiture…
Say it ain't so, Joe please, say it ain't so
That's not what I wanna hear Joe
Ain't I got a right to know
Say it ain't so, Joe please, say it ain't so
I'm sure they telling us lies Joe,
Please tell us it ain't so.

They told us our hero has played his trump card
He doesn't know how to go on.
We're clinging to his charm and determined smile,
But the good old days have gone.

The image and the empire may be failing apart
The money has gotten scarce
One man's word held the country together,
But the truth is getting fierce

Say it ain't so, Joe please, say it ain't so
We pinned our hope on you Joe
And they're ruining our show

(Ooo Babies)
Don't you think we're gonna get burned
(Ooo Babies)
Don't you think we're gonna to get turned
We're gonna get burned
We're gonna get learned
Where going to get turned
Where going to get burned
Where going to get burned
Ooo learn
Turn
Burned
Ooo burned
Yea.....

Say it ain't so, Joe please, say it ain't so
That's not what I wanna hear Joe
Ain't I got a right to know
Say it ain't so, Joe please, say it ain't so
I'm sure they telling us lies Joe,
Please tell us it ain't so.

They told us our hero has played his trump card
He doesn't know how to go on.
We're clinging to his charm and determined smile,
But the good old days have gone.

Say it ain't so, Joe please, say it ain't so
I'm sure they telling us lies Joe,
Please tell us it ain't so.

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