Rosanne Cash s'oppose à la NRA

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Ce 3 octobre, la fille de Johnny Cash s'est exprimée dans une lettre ouverte au New York Times, pour appeler les musiciens country à prendre position contre la NRA, suite à la fusillade qui a eu lieu lundi lors d'un festival à Las Vegas.

Un tueur isolé a ouvert le feu sur le public, pendant un concert de Jason Aldean, tuant 59 personnes, et en blessant plus de 520 autres.

Dans cette lettre, Rosanne Cash souligne à quel point "la National Rifle Association a nourri une alliance avec les artistes de musique country et leurs fans."

Et elle ajoute que derrière les "relations publiques avec des campagnes telles que NRA Country", qui prône les valeurs américaines, le respect des troupes militaires et de la liberté, "la N.R.A. finance le terrorisme domestique".

Cela fait 20 ans qu'elle milite pour le contrôle des armes, et elle a déjà reçu plusieurs menaces de mort. Elle a proposé un set lors du Concert Across America to End Gun Violence avec des artistes tels que Jackson Browne, Eddie Vedder et Marc Cohn. “Des gens voulaient nous tuer parce que nous voulons arrêter la violence armée. Voilà où nous en sommes, en Amérique, en 2017".

Rappelons qu'aux Etats-unis, détenir des armes est un droit fondamental, c'est même le deuxième amendement de la constitution. Autant dire qu'il fait partie de l'ADN des amateurs de poudre à canon. A chaque tuerie de masse aux Etats-Unis, des voix s'élèvent pourtant pour réglementer d'avantage le contrôle des armes. "Nous avons besoin d'un président qui reconnaît que nous avons un problème de violence avec les armes à feu et qui cherche à trouver des solutions", estime Mark Kelly, un militant pour une réglementation du contrôle des armes.

Mais le président Trump s'est contenté ce lundi d'une minute de silence dans les jardins de la maison blanche et d'un bref discours sur le thème du "bien et du mal".

Rosanne Cash critique aussi le poids de la NRA dans les décisions législatives, et encore récemment à propos d'un projet de loi visant à faciliter l'achat de silencieux: "ce n'est pas compliqué de voir comment la NRA a influencé les votes au Congrès", explique-t-elle. Elle ajoute aussi que si ce projet de loi était passé avant la tuerie de Las Vegas, "on pourrait supposer que le nombre de victimes aurait été encore bien plus important".

Elle a ensuite lancé cet appel aux musiciens country: "le patriotisme et le contrôle des armes ne sont pas incompatibles." Elle précise que certains fans pourront leur tourner le dos, brûler leurs disques, ou demander à être remboursés, mais elle en appelle à leur bon sens et à "trouver une conviction forte, quel qu'en soit le prix".

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Le 12 août dernier, un sympathisant des théories sur la suprématie blanche avait tué une jeune femme qui manifestait avec des antiracistes, en fonçant dans la foule avec sa voiture.

Des réactions très vives avaient suivi, dans les "deux camps", conduisant même Barack Obama à s’exprimer, avant que Donald Trump ne mette beaucoup de gens mal à l’aise (y compris au sein de son parti) en affirmant qu'il y avait eu des torts "des deux côtés".

De nombreux artistes ont alors pris position également, notamment le groupe Green Day, qui a sorti un nouveau clip. "Troubled Times" est en réalité un "relifting" d’une chanson sortie en 2016 sur l’album "Revolution Radio". La vidéo est rythmée par des images du Président Trump et les attaques récentes à Charlottesville. On y voit Billie Joe Armstrong avec un casque sur les oreilles, récitant les paroles de la chanson, images entrecoupées par celles des événements récents en Virginie.

La famille de Johnny Cash avait aussi attiré l’attention sur des raccourcis malheureux qui pourraient être faits. Kathy, Rosanne, Cindy, Tara et John Carter Cash ont publié une mise en garde sur leurs réseaux sociaux. Ils ont vu dans une vidéo un jeune homme de Charlottesville, auto-proclamé neo-nazi, crachant haine et bile, tout en portant un t-shirt à l’effigie de Johnny Cash. Ils se sont dits horrifiés par cette association.

“Johnny Cash était un homme dont le coeur battait au rythme de l’amour et de la justice sociale. Il a été décoré d’Awards humanitaires, notamment par le Fond National Juif et les Nations-Unies. Il a protesté contre la guerre au Vietnam, il fût une voix pour les pauvres, les opprimés, et un avocat pour les droits des prisonniers. Avec notre sœur Rosanne, il était conseiller dans une organisation dédiée à la prévention des violences contre les enfants. Son pacifisme et son patriotisme étaient deux traits déterminants de son caractère. Il aurait été horrifié que quelqu’un utilise son nom pour une idée ou une cause qui glorifie la haine et la persécution. "

"Les suprémacistes blancs et les néo-nazis de Charlottesville sont du poison pour notre société, et une insulte à tout héros américain qui a porté un uniforme pour combattre les nazis pendant la deuxième guerre mondiale. Et parmi eux, des membres de la famille Cash. Notre père nous a dit à tous, tout au long de sa vie: "mes enfants, vous pouvez choisir l’amour ou la haine. J’ai choisi l’amour."

 

Aujourd’hui, on apprend que le label de Johnny Cash a délivré une lettre officielle mettant en demeure une radio web clairement affichée comme suprémaciste, après qu’il ait été fait usage à plusieurs reprises de titres de Johnny Cash.

American Recordings et le Groupe Universal Music (UMG) ont adressé cette lettre à Stormfront, après que la reprise de Tom Petty par Johnny Cash "I Won’t Back Down", ait été utilisée comme générique pour une des émissions.

Dans la lettre, est mis en cause “l’usage sans licence ni permission” de ce morceau dans le cadre de ce programme présenté par le nationaliste blanc Patrick Slattery.

Slattery a d’ailleurs confirmé l’information : “Nous ne pourrons plus utiliser “I Won‘t Back Down” comme thème musical, mais je peux vous garantir que nous ne cèderons pas. "

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