Roger Waters VS Nick Cave

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Hier, nous vous apprenions que Nick Cave justifiait son choix de donner deux concerts à Tel Aviv ces 19 et 20 novembre malgré la pression d'autres musiciens comme Roger Waters.

Les réactions ne se sont donc pas fait attendre du côté du bassiste de Pink Floyd mais également du musicien et producteur Brian Eno.

Le mois dernier, l'association "Artists for Palestine" a écrit une lettre ouverte à Nick Cave, l'invitant à éviter de se produire en Israël "alors que l'apartheid israélien continue". Le chanteur australien a répondu ce 19 novembre en conférence de presse, affirmant qu'il avait déjà joué en Israël avec son groupe The Bad Seeds "il y a 20 ans" et avait immédiatement ressenti "une connexion énorme" avec ce pays qu'il "ne pouvait pas vraiment décrire".

Il a également répondu à cette lettre ouverte lors de sa conférence de presse, notant que les musiciens qui se produisent en Israël sont maintenant forcés de "passer par une sorte d'humiliation publique de Roger Waters et compagnie".

Nick Cave a affirmé que ses performances en Israël marquaient "une position de principe contre quiconque tente de censurer et de faire taire les musiciens", argumentant que ces protestations l'ont au contraire incité à jouer en Israël.

Mais Roger Waters et Brian Eno, avec d'autres membres du BDS [mouvement Boycott, Désinvestissement et Sanctions], ont critiqué la logique des diverses déclarations du musicien australien.

"Nick pense que cela concerne la censure de sa musique?" a réagi Roger Waters. "Nick, avec tout le respect que je te dois, ta musique n'a rien à voir avec ce problème. C'est aussi le cas pour la mienne, pour celle de Brian Eno, tout comme pour celle de Beethoven. Ce n'est pas une question de musique, c'est une question de droits de l'homme" a-t-il ajouté. "[Ce que tu déclares], c'est à en jeter nos lunettes dans le feu de ton insouciance arrogante, et à en briser nos bracelets sur le rocher de ton indifférence implacable".

Brian Eno a contesté la position de Cave sur le fait de "faire taire" les artistes, qualifiant la revendication de "grinçante lorsqu'elle est utilisée dans un contexte où quelques millions de personnes sont en permanence et grotesquement réduites au silence". Il a poursuivi: "Israël dépense des centaines de millions de dollars pour sa propagande dans le conflit israélo-palestinien et diffuse son argumentation haut et fort. Avec la tactique effrayante d'étiqueter toute critique de la politique israélienne comme "antisémite", cela donne une image très inégale de la situation".

Après la conférence de presse de Nick Cave, la campagne palestinienne pour le boycott académique et culturel d'Israël (PACBI), une association à la base du mouvement BDS, avait alors critiqué les concerts de Tel Aviv du chanteur comme un "cadeau de propagande à l'apartheid israélien".

"Nous remercions Nick Cave d'avoir rendu une chose très claire: jouer à Tel Aviv n'est jamais simplement qu'une question de musique. C'est une décision politique et morale de soutenir l'oppresseur contre les opprimés" avait écrit l'association.

Avant Nick Cave & The Bad Seeds, Radiohead avait déjà créé la controverse en jouant à Tel-Aviv en juilletThom Yorke avait alors argumenté que: "jouer dans un pays n'est pas la même chose que de soutenir son gouvernement. La musique, l'art et le monde académique cherchent à traverser les frontières sans les construire, à garder l'esprit ouvert et non fermé, à partager l'humanité, le dialogue et la liberté d'expression".

Des artistes tels que Roger Waters soutiennent en effet un boycott culturel d'Israël jusqu'à ce que le gouvernement mette fin à son occupation de la Palestine, donne au peuple palestinien la pleine égalité en vertu de la loi israélienne et accorde aux réfugiés palestiniens le droit au retour dans leur pays.

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