Roger Waters : photos et compte rendu

Photos: le concert dde Roger Waters à Anvers
28 images
Photos: le concert dde Roger Waters à Anvers - © Benoit Bouchez

La première date de Roger Waters en Belgique a profondément touché le public présent.

The Dark Side of the Floyd

“Is this the life we really want?” c’est sous ce titre interpellant que Roger Waters ajoutait en juin dernier une pièce maîtresse à sa discographie. C’est donc avec un nouvel album à la trame "Orwellienne" faisant écho quarante ans après sa parution à "Animals" de Pink Floyd que la légende du rock prenait hier soir possession du Sportpalais d’Anvers pour son premier des deux concerts belges. Dès l’ouverture de ce show en quadriphonie, le spectateur est emporté par un premier voyage au cœur de Dark Side of the Moon. Dans un tourbillon d’images du cosmos, le groupe attaque d’entrée et avec une parfaite maîtrise "Speak to Me/Breathe" !

Le message est clair, la soirée sera axée sur l’histoire de Pink floyd. Impression confirmée après un "One of these days" qui claque même si les puristes regretteront un peu le touché de David Gilmour et un "Time" réhabilité par la basse de Waters.

Toutefois, le créateur de " the wall " n’est pas parti en tournée pour nous proposer un simple best of, mais plutôt une mise en abîme de son travail depuis 50 ans. Lorsque le groupe commence à jouer " Welcome to Machine" en lui donnant une dimension angoissante, renforcée d’ailleurs par des dessins d’époque qui défilent sur écran géant, on sent que l’artiste va pendant les deux heures qui vont suivre, nous faire explorer la face la plus sombre, la plus politique et intègre de non seulement de Pink Floyd mais aussi de son œuvre en solo.

Élaboré comme un discours, la tension monte progressivement au fil du concert. Les titres " Picture That" et "Déjà Vu" tirés du dernier album résonnent comme des mises en garde sur l’urgence de se trouver une nouvelle forme de solidarité planétaire.  Vidéo de drones belliqueux, de réfugiés aux abois, de politiciens narcissiques, sont là pour souligner les propos de l’artiste. Le spectateur assiste à un déferlement d’images qui sont projetées pour le secouer, le faire réfléchir. Quand le premier acte du concert se referme sur " Another Brick in the Wall part 3 ", on a le sentiment que Waters a touché quelque chose de profond en nous. On sort de cette première partie avec la sensation d’avoir été un peu déstabilisé, le genre d’impression de malaise que nous pouvons avoir après la vision d’un épisode de la série " Black Mirror ".

Si le premier acte est magistral, le second l’est encore plus ! Alors que la salle est coupée en deux par un décor reprenant l’usine de la pochette d’ "Animals " , " Dogs " et " Pigs ", titres inspiré par la " ferme des animaux " d’Orwell,  explose à la face du public. Sur ces morceaux, on ne peut que vibrer sur le jeu de guitare du californien Jonathan Wilson dont on avait pu apprécier le style sur ses albums personnels. Dans un apocalyptique magma de quadriphonie, de cochon géant survolant la foule et de slogan à l’encontre du Porc de Donald Tramp, le moment est unique en son genre. Le final sera moins politique, même si tout le monde a encore en tête l’idée de résistance.

Avec un dernier détour par Dark Side of the Moon sur fond d’éclairage laser futuristes et 2 chansons en mode plus acoustique de The Wall (Mother et Confortably Numb), on sait que Roger Waters a fait la paix avec son passé. Il a construit avec ses complices Gilmour, Mason, les regrettés Wright et Barett une œuvre intemporelle qui bien au-delà de l’aspect musical est un manifeste à la réflexion sur notre monde en mouvement. Roger Waters, l’écorché, avec ses albums en solo ou au sein de Pink Floyd a toujours su rester fidèle à son projet artistique porté par ce rêve de l’après-guerre,cette utopie d’un futur en paix. Et hier soir, il nous l’a encore démontré et nous a prouvé également que son œuvre est à vivre immanquablement dans l’émotion de l’instant.

Roger Waters sera encore ce soir au Sportpaleis d'Anvers avec Classic 21, il reste des places.

Voici les photos du concert prises par notre photographe Benoît Bouchez:

(cliquez sur les images pour voir toute la galerie photo)

Newsletter Classic 21

Recevez chaque jeudi matin un aperçu de la programmation à venir.

OK