Roger Waters - Is This The Life We Really Want?: les impressions de Cyril Wilfart

Roger Waters - Is This The Life We Really Want?
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Quelques auditeurs privilégiés de Classic 21 découvriront ce mardi soir le nouvel album de Roger Waters. Cyril Wilfart a également pu l'écouter avant tout le monde. Voici ses impressions.

 

25 années se sont écoulées depuis le dernier album studio du légendaire bassiste, chanteur et compositeur Roger Waters.


En effet, mis à part quelques albums "live", un Opéra centré sur la révolution Française, co-écrit par Waters et ayant reçu un accueil très mitigé, et plusieurs "Singles" enregistrés pour soutenir des causes politiques ou humanitaires, le dernier effort du compositeur de The Wall n’était autre que l’excellent "Amused To Death", sorti en 1992.

Néanmoins, la gigantesque tournée "The Wall", qui s’est étendue sur plus de 4 ans et qui s’est révélée être une des tournées les plus lucratives de l’histoire, nous a permis à tous de constater que la passion était toujours là. L’ex-membre de Pink Floyd est encore en grande forme!
Il était donc peu étonnant de palper ce mélange d’impatience, de curiosité et d’excitation partagé entre les différents journalistes présents dans les bureaux de Sony Music, à Paris, lors de la session d’écoute du nouvel album tant attendu  de Roger Waters.

C’est donc dans une ambiance très détendue, en la présence du manager Mark Fenwick et du célèbre producteur Nigel Godrich (Paul McCartney, Radiohead,U2, R.E.M,..) que nous nous sommes retrouvés dans les sous-sols de la maison de disques, en plein cœur de la capitale française, pour écouter, dans une ambiance quasi religieuse, "Is This The Life We Really Want?", ce nouvel album solo de Roger Waters dont la sortie est prévue le 2 juin.

Plongés dans la pénombre, autour d’une table bien fournie en boissons et viennoiseries, nous découvrons les premières notes de cet album plus minimaliste et intime que les précédents.
L’album s’ouvre sur un "tic-tac" et des battements de cœur qui nous plongent directement dans la carrière passée de Waters. Aucun doute, nous sommes bien dans la tête de l’artiste.
Tous les ingrédients y sont: les voix parlées, les bruitages, les orchestrations et surtout ces énormes moments d’intensité, ces envolées qui ont le don de nous faire dresser les poils.


Chacun des 12 titres de l’album sonne comme un clin d’œil au passé du musicien, sans pour autant sembler redondant ou trop "facile". Prenons par exemple, "Smell the Roses", le premier single dévoilé,  son instrumentation est assez similaire au titre "Have A Cigar (1975)" et son bridge nous replonge tout de suite en pleine période "Animals (1977)". Le Morceau "Picture That", est mené par une rythmique martiale qui rappelle clairement "Welcome To The Machine (1975)". Le second single, "Déjà Vu", aurait pu être un titre bonus du sublime album "The Final Cut (1982)" de Pink Floyd. Voilà assez d’éléments pour se rendre compte de la dimension autobiographique de ce nouvel album.

Musicalement, une chose interpelle : l’omniprésence des claviers, au détriment des guitares. En effet, les soli se font rares dans l’album, et les sons de guitare acoustique sont privilégiés. Telle était la volonté du  producteur, Nigel Godrich, avec lequel nous avons eu l’occasion d’échanger quelques mots.  Ce dernier ne voulait pas de guitariste pour ce nouvel album, pas de Guitar Hero. " Cela ne sert à rien d’essayer de remplacer David Gilmour ", de plus, " C’est l’album de Roger Waters, pas celui d’Eric Clapton (Pros and Cons Of Hitch Hicking, 1984) ou de Jeff Beck (Amused To Death, 1992) ".

Le résultat est touchant, sombre et les voix lointaines grésillant dans de vieux postes radios, les collages sonores et les orchestrations très présentes font de cet album une œuvre totalement cinématique.

Le climat politique du moment a nettement inspiré Waters, qui n’hésite pas, tout au long des 55 minutes de l’album, à cracher son venin dans des textes piquants mais extrêmement bien tournés.
De la crise des Subprimes à la politique menée par l’actuel prédisent Président des Etats-Unis en passant par les crimes en tout genre en tous genres, la crise migratoire et les attentats terroristes que nous subissons en ce moment même, Roger Waters prouve une fois de plus qu’il est un artiste très engagé, à la perspective assez unique et qui, comme le dit son producteur, est un écrivain avant d’être un musicien. " Ce sont ses paroles qui mènent à la composition, pas l’inverse ". 

"Is This The Life We Really Want" est un album très cohérent, extrêmement bien construit et toujours aussi engagé que ses prédécesseurs. Les quelques clins d’œil aux titres mythiques de son ancien groupe ne déforcent, à mon sens, absolument pas ce nouvel album qui sonne comme une belle et logique suite à la carrière de Roger Waters.
 
Je pourrais encore dire énormément de choses sur ce nouvel effort du musicien, tant il est bon et satisfaisant de retrouver un Roger Waters au sommet de son art, 25 ans après sa dernière tentative studio. Mais le plus simple reste d’attendre impatiemment le 2 juin pour vous procurer ce magnifique album qui ravira sans aucun doute tous les fans du genre.

Enfin, sachez que Roger Waters embarquera pour une nouvelle tournée mondiale, intitulée " Us+Them ", dont la setlist sera composée d’environ 25% de nouveaux titres et de 75% de classiques, le tout compacté dans un show aux proportions gigantesques.
Le management nous a  d’ailleurs confirmé que les dates Françaises et Belges de cette tournée seront à attendre pour les mois de Mai et Juin 2018…patience, donc !