Rocket Man : une fable rock'n'roll réussie

Rocket Man: une fable rock’n’roll étonnamment réussie
Rocket Man: une fable rock’n’roll étonnamment réussie - © Tous droits réservés

Si le grand public connaît surtout Elton John pour son travail sur la BO du Roi Lion (“Can You Feel The Love Tonight ?”) ou encore la réédition de son classique “Candle in the Wind” en 1997 en hommage à son amie, la princesse Diana, il maîtrise moins les débuts de sa carrière, pourtant si riche en tubes, inspiration, extravagance et frasques en tout genre…

Rocket Man, réalisé par le britannique Dexter Fletcher (qui a “sauvé” et “finalisé” le biopic “Bohemian Rhapsody” suite à l’éviction de Bryan Singer aux suites des scandales #MeToo), se veut un zoom sur la transformation de Reginald Dwight, jeune musicien talentueux timide et introverti, en superstar internationale.

Malheureusement pour le chanteur et musicien, ce parcours est parsemé d’embûches et sa grande sensibilité va être mise à rude épreuve. Que ce soit à travers sa relation tumultueuse et amoureuse avec le manager John Reid (qui s’occupe également des affaires de Queen à la même époque) ou par le manque d’amour exprimé par son père et l’inconstance émotionnelle et les paradoxes de sa mère. Ce bouillon d’émotions emmène la rock star dans la spirale infernale des excès de drogues, d’alcool, de sexe, une descente aux enfers qui s’impose comme l’axe central du film.

Un long-métrage finalement assez “dur” même si l’expression “la musique adoucit les mœurs" ne peut être plus appropriée ici.

Autre thème récurrent abordé dans cette production, c’est cette formidable amitié, véritable symbiose, qui unit depuis tant d’années Elton John et le parolier Bernie Taupin, qui arrivera toujours à combiner les mots justes aux accords majestueux de piano du chanteur et musicien.

Chapeau bas à Taron Egerton qui incarne ici Elton à merveille et se fait également remarquer par ses talents de chanteur, ce qui permet d’ajouter quelques touches “comédies musicales” réussies à l’ensemble et ce sans ternir en rien la trame globale de “Rocket Man”.

A signaler également la participation de Giles Martin, fils du regretté producteur des Beatles, George Martin, à la bande-son, qui mélange avec subtilité et élégance des titres originaux d’Elton John à des reprises de ce dernier par les différents acteurs du film. Scénarisé par Lee Hall, qui avait signé le superbe “Billy Elliott”, le film se concentre essentiellement sur les années 70 et 80 soit les années d’excès, mais ne couvre pas la période de sobriété et n’évoque donc pas vraiment l’Elton John, toujours extravagant mais beaucoup plus apaisé, d’aujourd’hui.

Bien plus “cinématographique” que Bohemian Rhapsody, qui, bien que réussi, avait un aspect “grosse production terminée dans l’urgence”, “Rocket Man” est une grande réussite du cinéma britannique, un film psychologique qui prouve que le terme “biopic” n’est pas forcément significatif de production bâclée et purement commerciale.

Reste à savoir si l’aspect plus “exigeant”, plus “cinéma d’auteur”, réussira à convaincre le grand public de se déplacer pour découvrir le parcours étonnant, dramatique et émouvant du “Rocket Man”. Espérons-le puisque ce très bon film est également une très belle manière de découvrir ou redécouvrir de véritables chefs-d’œuvre de la discographie d’Elton John tels que des extraits des albums “Honky Château", “Madman Across The Water", “Goodbye Yellow Brick Road” ou encore “Captain Fantastic and The Dirty Brown Dirt Cowboy”.

 

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