Rock This Town : Dublin

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La plus grande ville d’Irlande, Dublin, est située sur la côte est. Elle est la capitale de la république d’Irlande, état indépendant alors que le nord de l’Ile, l’Irlande du Nord est restée attachée au Royaume Unis, Belfast est sa capitale. L’Irlande a connu les Celtes, la colonisation par les Vikings ensuite pas les Anglos Normands et a longtemps résisté au Britannique. La grande majorité des habitants de la République d’Irlande est de religion catholique, ce qui n’est pas le cas dans l’Irlande du Nord où l’on compte plus de protestants que de catholiques.

Les protestants appartenant pour la plupart au parti des unionistes souhaitent rester britanniques alors que les catholiques regroupés au sein du parti des républicains aimeraient eux intégrer la République d’Irlande. Et tout ça ne va pas sans mal. Ce petit topo s’imposait parce que ces éléments participent évidemment à l’histoire irlandaise, en ce compris l’histoire musicale avec toutefois un dénominateur commun le folk celtique. L’Irlande est en effet un des rares pays à pouvoir se targuer d’avoir toujours placé la musique traditionnelle au cœur de sa vie culturelle et d’avoir réussi à la faire connaître avec succès au monde entier.

Depuis les pionniers Booty Band ou Alan Stivell jusqu’au plus récent, Enya, Loreena McKennitt et bien d’autres, en passant par les spectacles genre River Dance basés sur des démonstrations spectaculaires de danses traditionnelles. Le filon semble intarissable. Le folk irlandais a contribué au succès de film comme ''Barry Lyndon'' ou même ''Titanic''. Et tant pis si les puristes n’apprécient moyennement que certaine variantes type New Age ou atmosphérique de cette musique puisque cela participe également avec bonheur à sa popularité.

Un des chefs de file incontesté du folk celtique est le groupe The Chieftains toujours actif depuis 1963 malgré la disparition du fameux harpiste Derek Bell en 2002. C’est aux Chieftains qu’on doit la musique de ''Barry Lyndon'' ou encore du ''Taxi Mauve''. Ils ont réussi à réconcilier le monde du rock et la musique traditionnelle. Dans les années 60, Brian Jones écoutait leurs disques. Mick Jagger et Marianne Faithfull assistaient à leurs concerts et Paul McCartney leur a demandé leur avis après leur avoir fait écouter les bandes d ''Abbey Road''. Plus tard, ils ont travaillé avec Van Morrison, McCartney encore, Elvis Costello, Roger Daltrey. Et en 1995 pour l’album ''The Long Black Veil'', ils ont invité Sting, les Stones, Mark Knopfler ou encore Sinead O’connor.

Les Chieftains ont également renoué avec la Country américaine, elle aussi en partie redevable au Rock Celtique. Ils ont d’ailleurs mêlé leur musique au Bluegrass et à la Country sur ''Down the Old Plank Road : The Nashville session''.

 

Les pubs irlandais sont réputés pour leur atmosphère conviviale, l’accueil y est plus chaleureux que partout ailleurs dans les îles britanniques. Depuis les années 90, le quartier incontournable à Dublin pour les amateurs de Guinness, de fameux whiskys irlandais ou du non moins célèbre Irish Coffee est celui de Temple Bar situé au cœur de la ville. Cependant les Dublinois boudent un peu ce quartier devenu trop touristique et préfèrent fréquenter d’autres pubs plus anciens, plus traditionnels où on put débuter des générations d’artistes. Les Dubliners, par exemple, font partie de la liste de groupes dont le nom est resté attaché à l’évocation des soirées surchauffées des pubs de Dublin. Soutenus par la radio pirate Caroline, ils ont figuré dans le top 10 britannique avec leur reprise du traditionnel ''Seven Drunken Nights''.

 

Il y a aussi les Pogues, même si le groupe a été formé à Londres mais par des musiciens d’origine irlandaise, ils ont connu en 1987 un des plus grands succès folks de tous les temps avec une chanson de Noël douce amer ''Fairytale of New York''. Leur chanteur Shane MacGowan nourrit à l’énergie punk à son adolescence, pochtron mal élevé, payera au prix fort son penchant pour l’alcool, il sera viré du groupe en 1990.

Né à Birmingham, de père brésilien et de mère irlandaise, Phil Lynott a passé son enfance à Dublin. Après avoir joué dans différents groupes, il y fonde Thin Lizzy en 1970. Les 2 premiers albums de Thin Lizzy passent inaperçus et c’est aussi la reprise rock d’une chanson traditionnelle typique du paysage des pubs ''Whisky in the Jar'' qui permet au groupe d’accéder pour la première fois au top 10 et de lancer sa carrière. Carrière pour qui Phil Lynott prend fin le 4 janvier en 1986, à l’âge de 36 ans, des suites d’une crise cardiaque et complications pulmonaires consécutives à une overdose.

 

Gary Moore a été à plusieurs reprises le guitariste de Thin Lizzy, un de ses plus grands succès ''Parisienne Walkways'' est d’ailleurs le fruit de sa collaboration avec Phil Lynott. Il est natif de Belfast tout comme le premier guitariste de Thin Lizzy : Eric Bell.

L’aventure du groupe U2 commence à Dublin sur les bancs du collège Mount Temple du nom de William Temple qui fut recteur de l’université Trinity collège au 18e siècle. Mount Temple est un institut expérimental mêlant catholiques et protestants dans une conception pédagogique révolutionnaire basée sur l’épanouissement personnel et créatif de ses étudiants. Le futur batteur Larry Mullen passe une petite annonce dans la cour du collège du genre " cherche musiciens pour former un groupe rock " à laquelle répondent David Howell Evans qui deviendra The Edge guitariste, Adam Clayton, bassiste, et Paul David Hewson dit Bono Vox.

Pourquoi Bono Vox ? Eh bien c’est le surnom qui lui a été donné par des camarades de classe, c’était l’enseigne d’un commerce spécialisé dans les appareils acoustiques et prothèse auditives. Il se dit que Bono déjà grande gueule avait répondu à l’annonce en précisant qu’il chantait et pouvait jouer de la guitare. En réalité il ne savait alors faire ni l’un ni l’autre !

Les premières répétitions ont eu lieu dans la cuisine des Mullen et dans le jardin des Evans. Le groupe s’appelle The Feedback ensuite The Hype. C’est le chanteur des Radiators, un groupe punk local, qui leur suggère le nom de U2. Outre le jeu de mots U2 'toi aussi', U2 c’est également le nom d’un avion d’espionnage américain.

Les premiers vrais concerts de U2 se donnent au Project Art Center à Dublin dont à l’époque le propriétaire est Jim Sheridan. Sheridan est une grande figure de la culture irlandaise contemporaine. Homme de théâtre, Directeur de collection et de musée, cinéaste ''My left foot'', ''Au nom du père'', ''The boxeur'' ou encore ''In America''. Il puise toute son inspiration dans les racines de son pays natal.

 

Après avoir assisté à un concert de U2 au Project Art Center que Paul McGuinness accepte de devenir leur manager. Il leur obtient de jouer en première partie des Stranglers au Top Hat Ballroom à Dublin devant en 2500 personnes et un contrat avec CBS Irlande, et également une minitournée à Londres où ils se produisent avant Talking Heads et OMD.

Bill Stewart, chasseur de talent pour les disques Island, les remarque suite à leur concert du 26 février 1980 au National Stadium de Dublin leur offre un superbe contrat pour 4 albums. C’est ainsi que ''Boy'' voit le jour produit par Steve Lillywhite. La presse britannique spécialisée est unanime : excellent album et le groupe est le plus prometteur depuis longtemps. Seule ombre au tableau la pochette illustrée par la photographie d’un enfant. Les craintes d’accusation de pornographie infantile sont-elles qu’aux États-Unis l’album est distribué sous une couverture opaque.

 

Toujours solidement ancrée à Dublin, la ville où il s’est formé, U2 est aujourd’hui l’un des plus grands groupes rock du monde. Il a eu le mérite de vouloir reconstruire après le marasme engendré par le nihilisme et la violence du mouvement punk, un rock tranchant et conscientisé positivement. D’abord en renouant avec l’humanisme américain du début 60, pacifisme et condamnation des injustices raciales et autres et en y ajoutant la défense environnementale et l’alter mondialisme. C’est essentiellement à partir de ''War'' le troisième album du groupe qu’apparaît cette conscience politique. ''Sunday Bloody Sunday'' relate ainsi l’épisode tragique du 30 janvier 1972, la fusillade de 13 personnes, dont des enfants, par des parachutistes de l’armée britanniques lors d’une manifestation en faveur des droits de l’homme à London Derry. Chanson de réconciliation car il est dit : ''je n’inciterai pas les gens à se battre''.

 

''New Year’s Day'' parle de l’oppression du peuple polonais sous la joue soviétique, de la loi martiale et de la persécution des principaux leaders du syndicat catholique Solidarité. Problématique de la drogue, hommage à Martin Luter King, le foie chrétien et ses doutes, la menace nucléaire etc. Ce ne sont là que quelques-uns des thèmes abordés par U2.

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