Robert Plant n'est plus très convaincu par les paroles de "Stairway to Heaven"

Robert Plant n’est plus très convaincu par les paroles de "Stairway to Heaven"
Robert Plant n’est plus très convaincu par les paroles de "Stairway to Heaven" - © HELLE ARENSBAK - AFP

Robert Plant ne se sent plus très convaincu par le morceau "Stairway To Heaven" sorti en 1971 avec Led Zeppelin.

Dans une nouvelle interview, il explique aimer beaucoup ce morceau, mais trouve qu’il fonctionnerait tout aussi bien de manière instrumentale, sans chant. "Bien sûr, c’est une bonne chanson, la construction est très bonne, c’est un bon moment musical. Mais au niveau des paroles, je ne me sens plus concerné aujourd’hui. Je ne pourrais plus écrire de manière aussi abstraite à présent. Même si il y a des moments incroyables, je tire mon chapeau à Jimmy Page, et cette manière dont la batterie arrive au climax… c’est un très beau moment. Mais au niveau des paroles, je n’en suis pas si sûr."

Le procès à propos de ce morceau a repris en septembre.

C’est en septembre 2018 qu’on apprenait que Led Zeppelin était de nouveau dans le collimateur de la justice après la décision d’un tribunal américain d’ordonner un nouveau procès pour plagiat de "Stairway to Heaven".

Une cour d’appel fédérale de San Francisco avait estimé que le procès remporté par le groupe en 2016 avait été entaché de nombreux vices de procédure. La justice avait alors été saisie pour déterminer si Led Zeppelin avait pillé l’introduction de la légendaire ballade "Stairway to Heaven" à un groupe californien des années 70, Spirit.

Le chanteur Robert Plant et le guitariste Jimmy Page s’étaient alors défendus d’avoir emprunté la mélodie d’introduction de leur chanson emblématique à "Taurus", un morceau instrumental de Spirit.

Le guitariste du groupe, Randy California, qui a composé "Taurus", n’avait jamais engagé de poursuites et est mort par noyade en 1997. Il a toutefois longtemps maintenu auprès de ses proches et dans certains articles de presse qu’il méritait un crédit d’écriture pour "Stairway to Heaven", qualifiant la chanson de "vol".

La plainte avait été déposée en 2015 par le gérant de sa succession, Michael Skidmore, demandant des dommages et intérêts et une mention d’auteur pour la participation à l’écriture de "la plus formidable chanson du rock", qui a généré des millions de dollars.

L’affaire était alors "renvoyée pour un nouveau jugement", écrit la cour d’appel de San Francisco dans une décision de 37 pages soutenant la requête de Skidmore et soulignant les failles du premier jugement rendu en 2016.

En juin dernier, onze juges américains ont décidé de réétudier leur décision à propos du plagiat du riff d’intro, qui pourrait être emprunté au titre " Taurus " du groupe Spirit, sorti en 1968. Francis Malofiy — avocat de Michael Skidmore, qui représente l’héritage de Wolfe — a confirmé que la Cour allait à nouveau étudier le cas. La nouvelle audition se tiendra en septembre.

Entre-temps, une lettre ouverte signée par plus de 120 artistes a été émise le 30 juillet, en soutien à Led Zeppelin. Les artistes y dénoncent des vices de procédure, mais aussi l’impossibilité pour les jurés d’avoir " une oreille neutre " après avoir entendu " Stairway to Heaven " pendant plus de quatre décennies. Rappelons qu’une " copie " parfaite de certaines parties du morceau n’a pas pu être établie lors du procès pour plagiat, et que les preuves apportées concernent plutôt des suites de notes " faisant penser à " Taurus.

Parmi les grands noms qui ont signé cette lettre : Sean Lennon, Nile Rodgers de Chic, Mike Shinoda de Linkin Park, Rob Halford de Judas Priest, Jason Mraz, mais aussi les groupes Tears for Fears, Smashing Pumpkins, A Perfect Circle, Heart, Primus, Tool, Korn et Bad Religion.

Parmi les nouveaux éléments abordés dans ce procès 2019, l’avocat Francis Malofiy stipule que les pistes audio de Taurus et de Stairway To Heaven auraient dû être incluses, et pas uniquement la partition.

Le juge du procès originel avait noté que Spirit avait été enregistré en 1967, mais la protection des partitions tombe sous le joug d’une autre loi.

Malofiy a expliqué hier que la partition était une transcription simplifiée et que la version enregistrée de Taurus était beaucoup plus proche de celle de Stairway To Heaven.

Le juge Andrew D. Hurwitz a posé la question suivante à l’avocat Malofiy : " À votre avis, quelle œuvre a droit à la protection du droit d’auteur ? Cela devrait être simple. "

Il a répondu : "Je ne pense pas que ce soit l’enregistrement sonore qui soit protégé par le droit d’auteur, je pense que c’est la composition qui est incorporée dans l’enregistrement sonore."

La Judge M. Margaret McKeown a alors demandé : “Vous voudriez prendre le son enregistré, et inverser ce qui a été fait par l’ingénieur du son pour retrouver la partition de l’enregistrement." L’avocat a répondu "Je pense qu’on peut le dire comme ça, oui."

Le département de la justice américaine déclarait, en août dernier, soutenir le groupe dans son procès autour d’un éventuel plagiat avec "Stairway To Heaven".

Dans une nouvelle communication, le département de la Justice expliquait que le premier jugement était correct car seulement les partitions étaient soumises aux droits d’auteur avant 1972. C’est seulement après l’écriture du morceau qu’une autre loi qui protège, cette fois, les enregistrements, a été créée.

Ils ont ajouté que les parties controversées de la chanson ne méritent d’être protégées que si elles paraissent identiques, ce qui rendrait encore justice à Led Zeppelin.

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