Re-Cycle : Succès mais mauvais calcul financier !

Cette rubrique regorge de bons conseils sur le pourquoi du comment revisiter sa discothèque ou ses playlists sous des angles originaux ! Et cette fois-ci, je vous propose quelques titres mythiques, mais qui n’ont rien rapporté, voire ont même coûté des sous, à ceux qui les ont chantés !

On commence par un monument : le " Blue Monday " de New Order ! Avec une première leçon de base pour les jeunes musiciens : toujours surveiller un graphiste. Peter Saville était en l’occurrence le graphiste de Factory Records. Et il n’avait pas trouvé mieux que de faire une pochette de maxi imitant un floppy disc de 8 pouces, ce que les ados des années 80 appelaient donc une " disquette ".

Mais, souci : pour imiter au mieux cette disquette, Saville avait conçu une pochette très complexe et très chère à fabriquer puisqu’elle devait être perforée à des endroits différents et avec des formes différentes pour bien imiter le look d’une disquette. Bref, cette pochette coûtait si cher à produire que chaque fois que le groupe vendait un exemplaire du disque, cela lui coûtait de l’argent tellement la pochette était hors de prix. Quand on sait que " Blue Monday " est le maxi le plus vendu en Angleterre avec un million d’exemplaires, et que plusieurs autres millions se sont vendus à travers le monde, on se dit que la gestion de Factory Records tenait plus du numéro de Cirque Pinder que de l’entreprise réglée comme du papier à musique !

New Order et ''Blue Monday'' : un carton très cher !

Pour continuer, je vous amène la preuve que s’il faut surveiller son graphiste, il faut aussi surveiller son manager. Et celui de Soft Cell en particulier ! " Tainted Love ", leur méga-hit des années 80, est une reprise, ça, on le sait tous. Le titre original a été composé par le musicien américain Ed Cobb, aujourd’hui oublié de tous. Mais le souci vient du fait qu’en face B du 45 tours de " Tainted Love " figure aussi une reprise : celle des Supremes avec " Where did our love go ". Et celui qui gagne le plus sur une chanson, ce n’est pas l’interprète mais bien le compositeur original.

Bref, Soft Cell n’a quasiment rien gagné sur les millions de " Tainted Love " vendus, alors que s’ils avaient mis en face B une composition à eux, même pas bonne du tout, peu importe, chaque disque vendu pour " Tainted Love " leur aurait rapporté de gros droits d’auteur puisque la face B aurait été la leur. J’imagine que leur ancien manager, qui ne savait même pas ça, alors que c’est le B.A. – BA du métier, doit toujours pendre quelque part par les pieds. Donc, je vous le dis : quand vous vous déciderez enfin à sortir un disque avec votre voix suave, sachez-le : jamais 2 reprises sur le même 45 tours, c’est la loose totale !

Et puis, chères firmes de disques, parfois il faut aussi se méfier des artistes, tout simplement ! Du moins si vous n’avez pas trop de scrupules ! Il y a quelques années déjà, quand Wham a demandé à sa firme de disques de choisir entre 2 titres afin que tous ses bénéfices soient versés à une œuvre de charité, la firme de disque a choisi " Last Christmas ", le plus gros carton du groupe ! Et c’est donc un paquet d’argent qui a échappé à la firme de disque.

Si l’œuvre de charité en question s’en est réjouie, les pontes de la firme de disques pas trop, du moins en off, même s’ils ont toujours fait bonne figure en public. Mais pour en avoir parlé avec le producteur du morceau, je peux vous dire qu’il m’avait bel et bien confirmé que ça n’avait pas rigolé en interne. Parce que même la charité, pour certains, ça a ses limites !

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