Rammstein au stade Roi Baudouin : la review et les images

Rammstein au stade Roi Baudouin: la review et les images
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Rammstein au stade Roi Baudouin: la review et les images - © Tous droits réservés

Marie-Amélie Mastin s’est rendue hier au stade Roi Baudouin pour assister au show tant attendu de Rammstein. Le compte rendu et les images…

Rammstein a enflammé le Stade Roi Baudouin à Bruxelles.

Non, il ne s’agit pas d’une expression un peu éculée pour faire transparaître l’ambiance du concert, mais bien d’une formule à prendre au sens littéral : la totalité du stade a été inondée par des torrents de flammes pendant le show livré par le groupe allemand ce 10 juillet à Bruxelles.

Voir Rammstein en concert, c’est faire le choix de valeurs sûres : de la musique carrée, martiale, efficace, voire militaire sur certains titres, une ambiance surchauffée, et une scénographique grandiloquente.

Et les fans belges ont vu cette promesse tenue lors de leur venue dans notre capitale. Rammstein a su imposer ce style dont ils sont les pionniers et ils ont prouvé une fois de plus ce statut de référence en la matière.

Dès la première minute du concert, après avoir profité quelques instants de l’introduction signée Händel, le stade a tressauté sous les tirs de feux d’artifice. Le son est colossal et suivi rapidement par une épaisse fumée noire à l’odeur de charbon.

Le ton est donné, les six musiciens sont survoltés, le son est soigné (en fosse, du moins) et la setlist particulièrement bien choisie. On retrouvera tout au long de la soirée, ces moments clé qu’ils aiment perpétuer et les gimmicks qui leur sont propres : le micro sur balancier, le claviériste tout d’or vêtu qui entame sa longue course de fond sur son tapis roulant, l’énorme marmite dans laquelle Till Lindemann aime faire bouillir son musicien, le berceau enflammé, ou encore la traversée en bateau gonflable sur la foule.

Mais on sent une véritable maturité dans l’exercice pour le groupe allemand, qui ajoute de petits clins d’œil finement pensés, d’une légèreté qui tranche avec leur musique. Par exemple, au moment de sortir les canoës gonflables : non pas un, non pas deux, mais bien trois bateaux prendront le large portés à bout de bras par la foule, pour être accueillis par un panneau " Wilkommen ", au bord d’un embarcadère reconstitué, clin d’œil s’il en faut à la crise migratoire actuelle, et de quoi faire taire les détracteurs du groupe qui leur reprochaient une orientation trop à droite.

On se rappellera à ce sujet les diverses réactions en Allemagne, à la diffusion du morceau " Deutschland ", annonciateur de l’album pour lequel ils sont en tournée actuellement. Les autorités n’avaient alors pas beaucoup apprécié cette publication, la qualifiant d’offensive.

Et c’est bien le terrain de jeu qu’affectionne le groupe depuis longtemps : la provocation au nom de choses plus grandes, et pouvoir attirer l’attention, certes avec des sabots teutons d’un certain poids, mais d’une manière diablement efficace, sur des problématiques plus profondes.

Parallèlement à cette finesse, les traceurs typiques du groupe sont tous là : Rammstein est une véritable machine de guerre, ce sont des showmen et les fans en auront pour leur argent. A un concert de Rammstein, vous n’aurez ni froid, ni peur du noir, même si vous aurez peut-être quelques soucis d’audition suite aux détonations des explosifs et effets pyrotechniques. Vous risquez aussi d’avoir soif, mauvaise note pour l’organisation du bar qui a instauré un nouveau système de carte particulièrement pesant, et qui allonge interminablement les files.

Les quelques gouttes de pluie qui se sont échappées des nuages n’auront pas le temps de nous atteindre, évaporées avant même de toucher le sol par les flammes gigantesques. Il y en aura sous toutes les formes : lance-flammes, feux d’artifice, projections sur scène, accessoires lumineux, " sac à dos à réaction lance-flammes ", guitare lance-flammes, canons gigantesques… il ne doit plus rester un cil intact à tous ces musiciens.

Et c’est un véritable exercice de funambule de jouer avec le feu sans se brûler les ailes. Le groupe le sait et équilibrera à merveille pendant plus de deux heures, ces moments de pure énergie et d’autres plus en douceur, notamment les retrouvailles avec le duo de première partie, Duo Jatekok, sur le titre " Engel ".

Ce moment suspendu, joué au cœur de la foule sur une scène élevée (nous avons eu le plaisir de voir filer en douce tous les musiciens jusqu’au centre du Stade, passant devant nous dans le public en toute hâte) a entamé les rappels, qui seront conséquents puisqu’ils joueront encore cinq morceaux.

On notera aussi, pendant ceux-ci, le digne héritier du pénis géant utilisé sur la tournée précédente, troqué cette fois pour un canon tout aussi phallique doté d’une selle sur laquelle Till Lindemann s’installe, avant de procéder à un arrosage massif de la foule, par des millions de " confettis-mousse ".

De quoi amener le public, heureux et satisfait, vers le bouquet final qui a accompagné les dernières notes de " Ich Will ", avant de remercier la foule présente, en français, d’un " Bruxelles, vous êtes très très bien, merci beaucoup ! "

Cliquez sur une image pour voir la galerie complète.

Crédits photos : Benoît Bouchez.

La setlist

 

  1. Music for the Royal Fireworks

(George Frideric Handel song)

  1. Was ich liebe
  2. Links 2-3-4
  3. Tattoo
  4. Sehnsucht
  5. Zeig dich
  6. Mein Herz brennt
  7. Puppe
  8. Heirate mich
  9. Diamant
  10. Deutschland

(Remix by Richard Z. Kruspe)

  1. Deutschland
  2. Radio
  3. Mein Teil
  4. Du hast
  5. Sonne
  6. Ohne dich

B-Stage

  1. Engel

(with Duo Jatekok) (Scala & Kolacny Brothers version)

 

Encore :

  1. Ausländer
  2. Du riechst so gut
  3. Pussy

Encore 2 :

  1. Rammstein
  2. Ich will
  3. Song played from tape

Sonne

(Piano version)

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