Radio Caroline : le photographe Chris Killip

Ce samedi, Olivier Monssens fait naviguer son cargo Radio Caroline le long de la côte est de l’Angleterre au cours des années 70 et du début des années 80, alors que la Grande-Bretagne subit de façon violente une crise encore attisée par un thatchérisme qui cristallise la colère.

Une immersion en musique (celle directement liée aux affres de cette époque) mais aussi en images, en clichés, celles de Chris Killip, disparu il y a quelques semaines. En 1988, le photographe Killip publiait son premier recueil, devenu un classique et longtemps introuvable : In Flagrante, rassemblant une large sélection d’images prises entre 1973 et 1985 dans le cœur du Royaume-Uni. Celles de territoires en train de disparaître au fil des fermetures d’usines, du délitement de la culture ouvrière, de la destruction du lien social. Des clichés en noir et blanc, saisissant, évitant tout effet et pourtant poignants, captant moins des phénomènes sociaux que des individus, des histoires personnelles.

"Ce n’est pas l’histoire, ce sont des histoires", disait-il souvent. Killip confiera d’ailleurs après coup que c’est un peu sans le savoir qu’il avait photographié la "désindustrialisation" du nord-est de l’Angleterre.

Son objectif, avant tout, était de donner un sens à la vie de ceux qui étaient marginalisés par la fin de l’industrie traditionnelle dans la région – mineurs, constructeurs navals, pêcheurs, etc. Ce qu’il fera avec une observation et une empathie aiguës. "En enregistrant leur vie, je valorise leur vie", ajoutera-t-il à propos de ses sujets la plupart du temps sans emploi.

Une émission à écouter ce samedi 5 décembre dès midi sur Classic 21 ou bien en podcast si vous l’avez manquée.

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