Quelques grandes productions de Phil Spector

Quelques grandes productions de Phil Spector
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Quelques grandes productions de Phil Spector - © Michael Ochs Archives

Outre ses productions 60s, son "Wall of Sound", ses Ronettes, son travail avec les Crystals ou encore Ike & Tina Turner, dans les années 70 et 80, Phil Spector s’est associé à quelques grandes stars du rock, pour le meilleur et pour le pire…

The Beatles Let It Be (1970)

Let It Be est le dernier album des Beatles à être sorti, les sessions d’enregistrements de celui-ci précède cependant celle de l’album précédent, Abbey Road.

Quelque peu chaotiques, les sessions d’enregistrements de l’album Let It Be montrent les Beatles en pleine crise existentielle. C’est John Lennon qui imposera Phil Spector à la production de l’album, ce dernier remaniant à sa façon des classiques tels que la plage titre ou encore "The Long And Winding Road". Cette "surcouche" d’arrangements ne plaira pas du tout à Paul McCartney, qui n’aura pas le dernier mot. Le 18 novembre 2003, Paul McCartney présentera fièrement Let It Be… Naked, une version "déspectorisée" de l’album.

George Harrison – All Things Must Pass (1970)

Suite à la sortie de Let It Be, qui marque la séparation des Beatles, Spector devient par la suite le producteur attitré de John Lennon et de George Harrison.

C’est Spector qui s’occupe de la production de l’excellent triple album All Things Must Pass sorti en novembre 1970.

A cette époque, George Harrison lui présente des centaines de démos de titres en projet et le producteur se montre impressionné par l’énorme potentiel du chanteur et guitariste. Pour la production, Spector souhaite proposer sa fameuse technique du "Wall of Sound", mais précise qu’il veut qu’on ressente celle-ci, sans forcément l’entendre...

Malheureusement, les sessions d’enregistrements seront régulièrement perturbées par le comportement assez imprévisible de Spector, et Harrison devra, à plusieurs occasions, s’occuper seul de certaines parties de l’enregistrement.

Même si l’album est un grand succès, George Harrison précisera ensuite regretter l’omniprésence des arrangements "spectoriens" sur l’album. Retrouvez notre dossier complet consacré à la réalisation de cet album.

 

John Lennon – Plastic Ono Band (1970) et Imagine (1971)

John Lennon fera régulièrement appel aux services de Spector sur ses albums solos. Le travail de ce dernier est particulièrement remarquable sur les deux premiers "véritables" albums solos de Lennon Plastic Ono Band et Imagine.

Avec Lennon pour ces deux premiers albums, les choses se passeront plutôt bien.

Plastic One Band est enregistré au studio 2 d’Abbey Road et est produit par Phil Spector.

Sur ce disque, il n’y a pas beaucoup d’effets, de filtres sur le son. C’est un son très intime. Les seuls effets utilisés seront quelques petits échos sur certains titres mais rien de très important, il n’y a pas d’arrangements grandiloquents comme sur d’autres productions de Phil Spector. Tout est ici très simple, très naturel. Spector va véritablement se concentrer pour que le son que l’on retrouve sur cet album, soit le plus clean, le plus naturel, le plus dépouillé possible.

Phil Spector est ici encore "normal" et n’a absolument rien du personnage dingue, incontrôlable, qu’il deviendra par la suite.

Retrouvez notre dossier complet sur la création de l’album Plastic Ono Band.

Si ces deux albums montreront une relation complice entre Lennon et Spector, la réalisation de l’album Rock’n’Roll en 1975 s’avérera, elle, être un véritable cauchemar.

Leonard Cohen – Death of a Ladies Man (1977)

Leonard Cohen, Phil Spector et ses (très) nombreux musiciens entrent en studio au mois de juin 1977 pour enregistrer Death of a Ladies Man. Changement de décor, Cohen qui avait l’habitude d’enregistrer à Londres, à New York ou à Nashville, se retrouve ici à Los Angeles…

Changement de décor radical donc et changement d’équipe aussi… Cohen – qui a l’habitude de travailler avec quelques musiciens de studios et de réaliser des séances d’enregistrement plutôt intimistes – se retrouve ici dans une configuration très différente.

Avec Spector, à Los Angeles, on fait plus dans le grandiose et la mégalo que dans la réserve et l’intimité…

Leonard Cohen expliquera après la sortie de l’album : "Travailler avec Phil, c’était… Comment dire ? J’ai trouvé sa façon de traiter la musique très… étrange. Je veux dire, je n’avais jamais vraiment eu l’occasion de me retrouver dans un studio gigantesque en compagnie de 25 musiciens – donc 2 batteurs, trois bassistes et 6 guitaristes."

Cohen ne retrouve pas le producteur qu’il aimait, il est ici face à un producteur mégalo qui est passé à tout autre chose.

Cohen expliquera à Hervé Muller du Rock & Folk en 79 : "Je n’ai pas retrouvé le Phil Spector que je connaissais et que j’aimais. Je le voulais dans sa période Debussy, de même que ‘To Know Him Is To Love Him’ (avec les Teddy Bears) est sa période Chopin. Mais j’ai eu droits à sa période post-wagneriennes (rires). Mais il reste un grand producteur, c’est son droit d’avoir des périodes différentes, seulement je suis mal tombé."

Phil Spector est génial – musicalement parlant – mais peut être pris d’une crise de folie à tout moment et devenir dangereux. Tous les musiciens qui travailleront avec lui se plaindront de ses crises d’humeur incessantes mais aussi de menaces et même d’insultes…

The Ramones – End of the Century (1980)

Probablement l’une des sessions d’enregistrements les plus chaotiques de l’histoire, Phil Spector poursuit dans ses excès de folie sur End of the Century. Les Ramones, désireux alors de faire évoluer leur son et de rendre hommage au son 60s du Wall of Sound qu’ils affectionnent particulièrement, font ici appel au célèbre producteur pour ce cinquième album.

C’est le bassiste, Dee Dee Ramone, qui rapporter le comportement erratique du producteur. D’après le témoignage de Dee Dee, Spector le forçait, en pointant un revolver sur son cœur, à rester en studio, en compagnie des autres musiciens du groupe, pour l’écouter jouer et chanter le titre "Baby, I Love You" jusqu’aux petites heures du matin. Ambiance, ambiance…

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