Quand Pearl Jam a décidé de ne pas s’enfoncer dans le star system

Eddie Vedder et Mike McCready de Pearl Jam sont revenus sur un tournant décisif de leur carrière dans une interview au magazine Classic Rock.

Ils ont en effet discuté des choix qu’ils ont dû faire face au succès complètement inattendu de l’album Ten, qui célébrera ses 30 ans cet été.

Eddie Vedder avait la sensation que cet engouement phénoménal arrivait trop rapidement. Pour rappel, cet album, sorti en 1991 n’était pas directement dans le top des charts. C’est seulement quand MTV a présenté le clip de leur 3e single, "Jeremy", l’année suivante que tout s’est accéléré.


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Alors que Ten était sorti en 1991, l’album est devenu la 8e plus grande vente de l’année 1993.

"Le groupe va me détester quand il entendra ce que je vais vous dire", expliquait Eddie Vedder, le chanteur, à l’époque, "mais je pense que cela devient trop grand trop rapidement."

"Quand "Jeremy" est sorti en single, le CEO de Siny Music, Tommy Mottola, nous a dit qu’on devait sortir "Black"", expliquait le manager du groupe, Kelly Curtis, en 2001. "Et le groupe nous a dit : "Non, c’est assez comme ça." On a donc refusé les cérémonies, les émissions TV et tout le merchandising auquel on pourrait songer. J’ai même reçu un appel de Calvin Klein qui voulait qu’Eddie fasse une publicité pour la marque. Et j’étais fier que le groupe tienne bon par rapport à tout cela."

Et pour Eddie Vedder, c’était même une question de survie.

 

Il explique : "Je savais que ce n’était pas très sympa, notre réaction face à ce succès. Mais en même temps, c’est comme si on devait être reconnaissants d’être dans une bagarre de ruelle. On essayait juste d’en sortir vivants. On s’est serré les coudes et on s’est raccrochés à la musique."

"Cette décision de faire un pas en arrière, de ne pas faire de clips ni d’interviews, ça venait surtout de Jeff, Stone et Eddie qui pensaient que c’était nécessaire," explique aujourd’hui McCready. "Ed devenait de plus en plus parano. Ça le dépassait sans doute. Et on se tenait tous ensemble à cette époque. Mais je me souviens que je ne voulais pas me retirer. Je disais : "C’est ce dont on a rêvé toute notre enfance. Faisons-le. Enregistrons des vidéoclips, allons-y !" Mais ils ne voulaient pas. Ils disaient que tout allait s’effondrer si on ne faisait pas un pas en arrière. Et je pense qu’ils avaient raison."

"Et je pense qu’on en est toujours là aujourd’hui à cause de cette première grande décision de faire les choses à notre manière. On a fait de nombreux choix qui n’ont pas plu à notre maison de disques. Mais c’était notre décision."

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