Procès Ed Sheeran: Led Zep évoqué

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Les deux camps dans la dispute autour du titre « Thinking Out Loud » d’Ed Sheeran ont maintenant déposé leurs documents.

Il y a deux ans, Ed Sheeran était accusé d’avoir été peu trop inspiré par "Let's Get It On" de Marvin Gaye pour son méga hit "Thinking Out Loud" et se retrouvait poursuivi en justice par les héritiers de l'auteur de la chanson.

"La mélodie, l'harmonie et la composition rythmique de 'Thinking' ressemblent de façon substantielle, voire frappante à la composition pour la batterie de "Let's Get It On"", selon la plainte déposée à l’époque devant un tribunal fédéral de New York, par les héritiers de Ed Townsend - qui a écrit le tube avec Marvin Gaye -, et détenteurs du copyright.

Les plaignants ont indiqué que le chanteur britannique avait ignoré leurs mises en garde et avait clairement cité "Let's Get It On" en concert. Ainsi, une vidéo disponible sur Youtube montre Sheeran, glissant de "Thinking Out Loud" à "Let's Get It On" sur sa guitare, lors d'un concert donné en 2014 à Zurich, en Suisse. Les héritiers de Ed Townsend espéraient pouvoir convaincre des jurés d'empêcher le chanteur britannique d'interpréter sa ballade devenu un grand classique dans les mariages, ainsi que de faire fixer le montant des dommages et intérêts. Ed Sheeran était cité à titre personnel dans la plainte, tout comme son label et sa maison de disque.

Mais le “cas Led Zeppelin” ferait à présent jurisprudence. Petit rappel des faits: un jury avait décidé en juin 2017 que Led Zeppelin n'avait pas "volé" le riff d'ouverture de "Stairway To Heaven" du titre "Taurus" de Spirit. Le groupe avait alors gagné le procès, car, selon le jury, les accords en question étaient trop communs pour être protégés par des droits d'auteur. 

L’affaire Led Zeppelin a souligné un point important de la Loi Américaine: “les copyrights protègent uniquement les morceaux déposés auprès du Copyright Office. Les documents doivent avoir été déposés au moment de l’enregistrement du copyright, ce qui est d’application pour des morceaux anciens tels que " Let’s Get It On ". Mais des éléments ajoutés par la suite, après l’enregistrement, ne sont pas protégés.

Se référant à ce cas, les avocats d’Ed Sheeran avancent que “"[La cour d’appel] a statué que" la copie du dépôt de [l’œuvre du demandeur], plutôt qu’un enregistrement sonore, définissait la portée du droit d’auteur à protéger". Ce faisant, le neuvième circuit a examiné et rejeté plusieurs des arguments avancés par les demandeurs dans la présente affaire […] concernant la portée appropriée du droit d'auteur ".

Cette technicité limite la protection par le droit d’auteur du travail antérieur et pourrait donc renforcer l’argument de l’équipe Sheeran.

Cependant, dans l’affaire susmentionnée - initialement gagnée par le parti Zeppelin - la cour d’appel a annulé la décision en raison des diverses erreurs commises par le juge initial.


Les avocats de Sheeran confirment que les remarques formulées dans le jugement rendu par la cour d’appel leur sont toujours favorables. Pendant ce temps, le clanTownsend a répondu avec son propre dépôt légal, affirmant que le procès devait être soumis à un jury.

Une cour d'appel fédérale de San Francisco a estimé récemment que le procès remporté par le groupe en 2016 avait été entaché de nombreux vices de procédure. La justice avait alors été saisie pour déterminer si Led Zeppelin avait pillé l'introduction de la légendaire ballade "Stairway to Heaven" à un groupe californien des années 70, Spirit.

Les deux stars de "Led Zep", le chanteur Robert Plant et le guitariste Jimmy Page, s'étaient alors défendus d'avoir emprunté la mélodie d'introduction de leur chanson emblématique à "Taurus", un morceau instrumental de Spirit.

Le guitariste du groupe, Randy California, qui a composé "Taurus", n'avait jamais engagé de poursuites et est mort par noyade en 1997. Il a toutefois longtemps maintenu auprès de ses proches et dans certains articles de presse qu'il méritait un crédit d'écriture pour "Stairway to Heaven", qualifiant la chanson de "vol".

La plainte a été déposée en 2015 par le gérant de sa succession, Michael Skidmore, demandant des dommages et intérêts et une mention d'auteur pour la participation à l'écriture de "la plus formidable chanson du rock", qui a généré des millions de dollars.

L'affaire est "renvoyée pour un nouveau jugement", écrit la cour d'appel de San Francisco dans une décision de 37 pages soutenant la requête de Skidmore et soulignant les failles du premier jugement rendu en 2016.

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