Pourquoi la Bourse américaine s'en fiche du coronavirus

chronique economique
chronique economique - © Tous droits réservés

Alors que l’épidémie de Coronavirus a déjà fait 500 morts, la Bourse américaine enfile record sur record, c’est étonnant, très étonnant même. Mais pourquoi cette euphorie ? Explications.

Il y a des moments où la logique est mise à rude épreuve. C’est le cas cette semaine. Alors que l’épidémie de Coronavirus progresse, alors qu’elle affecte aussi le Japon et Singapour, alors que cette épidémie a déjà fait plus de 500 morts, la bourse américaine s’en fiche et continue de progresser.

Après avoir été nerveuse pendant quelques jours, Wall Street enchaîne maintenant record sur record. Les deux principaux indices phares de la Bourse de New York, l’indice S & P 500 et le Nasdaq sont d’ailleurs en pleine euphorie.

Attention : je ne vous parle pas de la Bourse chinoise qui, elle, boit la tasse, mais bien de la Bourse américaine. Mais comme nous sommes dans un monde interdépendant, cette euphorie américaine reste un peu incompréhensible.

Est-ce parce qu’après le vote de l’Iowa, les investisseurs sont maintenant convaincus que Donald Trump va être réélu le 3 novembre prochain ? Sans doute. Est-ce parce que les chiffres de l’emploi du mois de janvier ont été meilleurs que prévu et même les meilleurs depuis 2015, qu’il y a cette euphorie ? C’est possible. Est-ce parce que les investisseurs se disent que quoiqu’il arrive, les banques centrales seront là pour éviter qu’ils ne boivent la tasse ? C’est probable.

Mais, c’est quand même bizarre cette attitude du marché des actions américaines, les marchés des matières premières réagissent de manière plus logique : les cours sont en baisse partout, car la Chine est le premier consommateur de matières premières.

Or, si la consommation en Chine baisse à cause de l’épidémie, il est normal que le cours de toutes les matières premières baisse. C’est le cas sauf de l’Or. Le métal jaune remplit donc bien son rôle de valeur refuge quand tout va mal. Il n’empêche, cette exubérance de la Bourse américaine étonne – beaucoup même – les plus cyniques des investisseurs. Et il y en a hélas. Ils savent que ce virus tue 3 personnes sur 100 qui l’ont contracté. Autrement dit, si 100 millions d’Américains tombaient malades, ça ferait 3 millions de morts.

Bill Bonner l’auteur de ce calcul morbide reconnaît cyniquement que cela n’affecterait pas la survie de l’espèce. Mais 3 millions de morts, ça ferait mal au niveau des ventes et donc des profits.

Et puis, ce qui est incompréhensible, c’est que la Chine a beau être loin, elle a beau avoir mis en quarantaine une partie de sa population, des firmes comme Apple dépendent toujours de la Chine pour l’assemblage de ses iPhone et autres iPad par exemple.

Or, chacun le sait, la stratégie des multinationales c’est d’avoir un minimum de stock, car les stocks coûtent cher. Si cette stratégie de stock zéro fonctionne quand l’économie fonctionne normalement, ce n’est plus le cas quand un pays comme la Chine tourne au ralenti et que la plupart des vols internationaux sont interdits.

En clair, d’ici quelques semaines, des firmes technologiques comme Apple seront en rupture de stock et cela se traduire par des ventes en baisse. La question est donc de savoir pourquoi la Bourse américaine n’en tient pas compte et continue de filer vers le haut ? Vos remarques et commentaires sont les bienvenus pour expliquer ce paradoxe !