Pierre Rapsat : la réédition anniversaire de "Dazibao" à remporter

Pour célébrer les 20 ans de cet album culte de Pierre Rapsat, Pierre Lorand vous offre ce mercredi 5 mai la réédition de Dazibao.

Remportez ce double album dont le tracklisting vous est dévoilé ci-dessous en écoutant attentivement l’émission On the Road Again entre 15h30 et 19h30 mercredi.

Le journaliste Thierry Coljon s’est exprimé autour de cette sortie dans un communiqué de presse :

"Considérer Dazibao, l’ultime album de Pierre RAPSAT, comme le meilleur de sa longue discographie ne nous fait pas oublier la qualité historique des Je suis moi (1977), Lâchez les fauves (1982), Ligne claire (1984) ou encore Brasero (1992).
Seize albums en vingt-huit ans !
Mais tant à sa sortie, le vendredi 9 mars 2001, que vingt ans plus tard, cette conviction ne nous quitte pas : Pierrot était bien à son sommet créatif.

Pour les vingt ans de Dazibao, Team For Action réédite l’album remastérisé pour l’occasion à Abbey Road (Pierrot aurait aimé ce petit clin d’œil aux Beatles qu’il aimait tant) et y joint treize titres rares, dont notamment les trois chansons qui auraient dû se trouver sur le successeur de Dazibao que Pierrot n’a pas eu le temps de finir (" Saisons ", " Nos esprits se mélangent " et " Qu’il est difficile de se dire je t’aime ") ; les deux duos réalisés avec Lio le 7 mars 2002 (" Rien qu’une chanson " et " Tout le monde veut y croire ") ; ou encore " Jardin secret " interprétée par Maurane lors du concert hommage à Pierre rendu en 2003 par les Francofolies de Spa.
Un bonus resté inédit jusqu’à aujourd’hui.

Ainsi Pierrot est prêt pour traverser les décennies et rappeler que son art est intemporel, ses chansons fraîches comme au premier jour.

Pierrot est toujours parmi nous et il rêve encore…"

Toutes les infos sur l’album ici.

Tracklist

CD 1 :
1. Les rêves sont en nous
2. Adeu
3. Ensemble (intro)
4. Ensemble
5. Jardin secret
6. Sitcom
7. On existe encore
8. Un coeur qui se bat
9. Chacun pour soi
10. Rien qu’une chanson
11. Tout le monde veut y croire
12. Dazibao

CD 2 :
1. Jardin secret – Version Live 2003 – Maurane
2. Le plaisir des yeux – Jean-François Maljean,
Céléna Tornabene (de CélénaSophia)
3. Rien qu’une chanson – Pierre Rapsat, Lio
4. Les rêves sont en nous – Live 2001 – Pierre Rapsat
5. Qu’il est difficile de se dire je t’aime – Pierre Rapsat
6. Les Saisons – Pierre Rapsat
7. Les rêves sont en nous – Renato
8. Du bleu dans les nuages – Alexis
9. Un coeur qui se bat – Brasero
10. Nos esprits se mélangent – Pierre Rapsat
11. Tout le monde veut y croire – Pierre Rapsat, Lio
12. Alle dromen zijn van ons – Johan Verminnen
13. Ensemble – Instrumental piano – Jean-François Maljean

Pierre Rapsat : sa carrière

Au début des années 70, Pierre Rapsat fonde son premier groupe : "Laurelie". Un seul album voit le jour et le groupe se dissout. Son deuxième groupe "Jenghis Khan" lui ouvre de nouvelles portes et élargit son approche musicale. Après un album qui pourtant rencontre un important succès, c’est à nouveau le split. Las de toujours tout recommencer à zéro, Pierre décide de se lancer dans une carrière solo et surtout de se mettre au chant. Pour vivre, il est, tour à tour, disc-jockey et garçon de bistrot. Il prépare des démos pendant un an et demi. Premier contrat chez WEA, premier album "New-York". Une version française et une version anglaise. Cet album, en français, a étonné beaucoup de monde. Sans s’en rendre compte, Rapsat était précurseur et visionnaire.

L’Enfant du 92ème

D’ailleurs, Patrice Tison, Pascal Arroyo, François Bréant et Albert Marcoeur feront partie, en studio, de son groupe, avant de devenir les musiciens de Lavilliers. Un an plus tard, il sort un nouvel album « Musicolor ». Durant cette période, il écrira « L’Enfant du 92ème », titre à succès qu’il offrira à Jeanne-Marie Sens et qu’il réenregistrera lui-même pour son troisième album « Je Suis Moi », un album qui assure parfaitement la jonction entre l’inventivité musicale anglo-saxonne et la chanson « à texte ». Suivent « Gémeaux », « 1980 » et surtout d’incessantes tournées qui lui permettent de devenir un showman formidable, au punch inégalé. Dès 1973, le public belge a adopté Pierre, chaque année, son nom figure aux places d’honneur des charts. À la sortie de « Donner tout son cœur » en 1980, Michel Perrin, réalisateur à la Radio Télévision Belge, réalise « Byzarostyl », un portrait de Pierre Rapsat qui remporte une mention spéciale au festival de Montreux.

Lâchez les Fauves

« Un Coup de Rouge, un Coup de Blues », est l’album qui, pour la première fois, lui donne une impression de satisfaction totale. Tellement heureux de ce dernier album, et certain d’avoir trouvé sa voie, Pierre met immédiatement en chantier « Lâchez les Fauves ». Précédé par un single imparable, « Passager de la Nuit ». Cet album se trouve, dès sa sortie, en tête des hit-parades et est très vite couronné par un disque d’or, le premier d’une longue série. Les concerts suivent et se donnent à bureaux fermés. On doubla toutes les dates, triplant même certaines. Pierre devient l’artiste francophone numéro un en Belgique. En 84, c’est l’album « Ligne Claire », un concert triomphal au Cirque Royal, une semaine au Centre Culturel de Seraing, une série impressionnante de simples classés dans les hit-parades, une tournée glorieuse et une première visite au Québec.

Forest National

« J’Aime Ça » est le titre plein d’optimisme du dixième album. Les ventes énormes de ce nouvel album, poussent les promoteurs de concerts et Pierre à se lancer un nouveau défi : conquérir Forest National. Pari gagné, le 24 mai, le concert se jouera à guichets fermés, une première pour un artiste francophone belge. Il renforce pour l’occasion son band, s’offrant notamment les services de guitar hero : J-P Froidbise E et Thierry Plas. Sur « Haut les Mains », le onzième album, figure « Soleil Noir », qui deviendra un classique des prestations scéniques de Pierre Rapsat. Viendra ensuite « J’Ouvre les Yeux », nouvelle tournée et nouvelle équipe de musiciens. Seul Christian Willems, l’inséparable batteur de Pierre fera partie de la nouvelle formation. Après avoir changé de musiciens, Pierre décide de prendre l’air et de travailler avec une nouvelle équipe de production. Le premier fruit de cette collaboration : « J’Ai Besoin de Nous », album-compilation reprenant 17 des meilleurs titres de sa longue carrière, ainsi qu’un titre inédit, plage titulaire de l’album et début de la collaboration Melaerts-Rapsat. Nouveau succès et nouveau disque d’or, un de plus. À l’heure actuelle, les ventes de ce disque continuent et avoisinent les 25.000 exemplaires… Devant cette popularité, T4A, sa nouvelle maison de disques, décide de rééditer sur CD chacun de ses albums.

Brasero

La collaboration entre Pierre et Éric Melaerts se développe sur « Brasero », un album qui marque le retour de Pierre à une production volontairement plus dépouillée. Sous la houlette de ce dernier (producteur et arrangeur) et de Dominique Blanc-Francard (mixage), deux fameuses références, Pierre Rapsat assume ses rides naissantes et ses premiers cheveux blancs. C’est aussi le moment où Pierre décide de retrouver la chaleur des salles plus petites. C’est la tournée « Face à Face » qui s’installe pour quelques jours au Beursschouwburg de Bruxelles et au Trocadero de Liège. Le band de scène est remanié : Francis Charlier (guitares) et Xavier Tribolet (claviers) font leur apparition. 1994, c’est aussi la première édition des Francofolies de Spa, un projet dans lequel Pierre s’implique dès le début. Il y inaugurera la série des « Fêtes à » avec notamment à ses côtés Jeff Bodart et Jean-Luc de Sttellla pour une version d’anthologie de « Animal ». Le même soir, il remonte sur scène auprès de Laurent Voulzy pour un « Soleil Donne » mémorable.

Petite déception

C’est avec un reggae au thème écologique que Pierre revient dans l’actualité discographique avant l’été 95 « Blue Note Dans l’Univers » est le premier pas d’une collaboration avec Jean Tranchant (ingénieur du son de Voulzy, Souchon, Maurane, …) choisit pour assurer la production du prochain album. Pour la première fois depuis des années, Pierre a confié l’écriture de certains titres à d’autres auteurs, et non des moindres : Jacques Duval et Jean-Luc Fonck. Intitulé sobrement « Pierre Rapsat », ce 14ème album laissera pourtant à Pierre l’impression qu’il n’est pas allé au bout de ses envies et de son éclectisme. Un nouveau projet est déjà sur les rails : l’enregistrement d’un « live ». Le premier de sa carrière ! Ce sera chose faite au cours de la prochaine tournée et notamment aux Francofolies de Spa 96, au cours desquelles Pierre ouvre pour Johnny Hallyday devant 10.000 personnes (une mission dangereuse accomplie haut la main).

Premier live

« Passager d’un Soir » paraît en novembre 96. On y retrouve tous ses standards dans des versions explosives : le son est énorme, les rythmiques puissantes. En studio, durant la postproduction aux côtés de Christian Martin, Pierre retrouve un frisson qui l’avait quitté depuis quelques albums : celui de la spontanéité. Il sait déjà que son prochain album sera vivant ou ne sera pas. Il nous livre au même moment « Un Dimanche en Automne » l’une de ses plus belles chansons, une chanson qu’il portait en lui depuis longtemps, à l’image de sa Belgitude, et qu’il a terminée un « certain » dimanche d’automne 96. « Passager d’un Soir » marque la fin d’une époque : il est temps pour Pierre de s’ouvrir à de nouvelles voies.

Seul en scène… ou presque

Quelque chose le titille : depuis longtemps il a envie de proposer un spectacle différent et le moment lui paraît idéal. Il monte ainsi « Pierre Rapsat seul en scène… enfin presque », un presque « One man show » dans lequel il revisite sa carrière au travers d’anecdotes, de clin d’œil, et de chansons moins connues, dans des versions remaniées et toujours inattendues. Les réactions enthousiastes du public le rassurent : il n’a pas besoin de décibels pour convaincre. À ses côtés, on trouve un seul musicien, polyvalent : Didier Dessers. Complice, complémentaire, alter ego : c’est la rencontre idéale, celle que Pierre attendait.
 

Volte-Face : le retour gagnant

C’est aussi le début d’une nouvelle histoire… celle de « Volte-Face » … Dès les premières notes, cet album se dresse naturellement à la hauteur des inoubliables « Lâchez les Fauves » et « Ligne Claire » en ne cessant d’explorer de nouvelles voies. Close-up sur la pochette : le renouveau saute aux yeux, avec de magnifiques portraits signés Eddy Bolly. Et le contenu confirme : annoncé par trois singles imparables (Pile ou Face, J’attends le Soleil et Si les Femmes), appuyés par la justesse des textes, « Volte Face » a surpris et séduit tous azimuts. L’énergie y était omniprésente et terriblement contagieuse. Totalement libéré Rapsat s’est amusé avec une pêche et un enthousiasme qui faisaient plaisir à entendre. La preuve : l’album fut couronné de succès et la tournée dépassa toutes les espérances au niveau de l’ambiance et de l’assistance (25.000 personnes).

En route vers un 15ème album étonnant, « Dazibao », déjà plébiscité par le public ! Fort de ce renouveau, Pierre, plus serein que jamais, vient de composer coup sur coup 11 merveilleux titres. Il rêvait un jour de pouvoir les enregistrer avec un grand ensemble de cordes. Ce sera chose faite ainsi que quatre dates exceptionnelles avec ce même ensemble et bien sûr toujours accompagné de son band puissant (Frédéric Jacquemin, Didier Dessers, Alain Léonard, Giovani Rizzuto). Une nouvelle et belle aventure (re) commence à l’aube de ce nouveau millénaire !

L’album est Disque d’or en février 2002. La tournée Dazibao Tour, entamée sur les chapeaux de roues, accompagnée sur scène par l’Ensemble à cordes Musiques Nouvelles est un triomphe.

Cruel destin : c’est quand sort l’album en France et qu’est programmée une série de concerts à l’Olympia de Paris qu’il est terrassé par la maladie.

Pierre décède à Verviers le 20 avril 2002.

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