Metallica : le Black Album a 30 ans

L’album éponyme de Metallica, cinquième de la formation, est sorti le 12 août 1991 et est son plus grand succès commercial. On y retrouve les classiques "Enter Sandman", la ballade "Nothing Else Matters" ou encore "The Unforgiven". À l’occasion du 30e anniversaire de l’album, retour sur sa création…

Le successeur d'"… And Justice For All"

Metallica succède à… And Justice For All sorti 3 ans plus tôt, en 1988. A cette époque Metallica est un groupe reconnu par les fans du heavy metal mais n’est pas encore célèbre dans le monde du rock "généraliste".

Sur ses 4 premiers albums, Metallica a une attitude et un son plus radical. Les musiciens proposent de très longues plages, une ambiance très violente, sans concession. Metallica est alors très peu diffusé en radio mais, à la suite du succès de "One" et de son clip vidéo en 1988, le management sent que le groupe peut prendre une nouvelle direction, plus accessible, plus "mainstream"...

Bob Rock est proposé pour la production du prochain album, il rejoint James Hetfield (guitares, chant), Kirk Hammett (guitares), Jason Newsted (basse) et Lars Ulrich (batterie) et devient, d’une certaine façon, le 5e membre de Metallica.

Bob Rock a déjà une sérieuse expérience, ingénieur du son pour Bon Jovi, Aerosmith, producteur des hits de Mötley Crue, Bob Rock connaît la formule pour marier heavy metal et succès FM.


 

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Enter Sandman

© Niels van Iperen/Getty Images

"Enter Sandman" est le premier single extrait de cet album.
Alors que le reste du groupe et de la production souhaitent faire de "Holier than Thou" (autre extrait de l’album) le premier single, Lars Ulrich insiste pour que ce soit plutôt Enter Sandman, un choix judicieux vu le potentiel du titre !

'Enter Sandman' fait référence au personnage du marchand de sable qui est censé endormir les enfants. Plus précisément ici il évoque un petit garçon qui a peur de s’endormir par crainte de faire des cauchemars.

James Hetfield avait écrit tout d’abord un premier texte dans lequel il évoquait le syndrome de mort subite du nourrisson (MSN), un sujet jugé un peu trop dur par le producteur Bob Rock qui demande alors au groupe d’effectuer quelques petits changements.

Musicalement, le riff est une brillante idée du guitariste Kirk Hammett.  Kirk Hammett compose le riff principal du morceau en s’inspirant du travail de Soundgarden, Lars Ulrich proposera aussi quelques légères modifications.

Ambiance tendue en studio…


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Si la collaboration entre le groupe et le producteur Bob Rock est très fructueuse, cela ne sera pas pour autant très simple en studio.

Les sessions d’enregistrements de l’album s’étalent entre octobre 1990 et juin 1991 dans une ambiance un peu tendue. Et, lors des trois premiers mois, le groupe a tendance à totalement ignorer les remarques de Bob Rock.

Les musiciens sont jeunes et naïfs et ne supportent pas la moindre critique, le moindre commentaire. Avec le temps, le groupe finit par accorder sa confiance au producteur qui presse les musiciens comme des citrons, pour en ressortir le meilleur.

James Hetfield apprend beaucoup durant les sessions d’enregistrements. Hetfield donne tout ce qu’il a, se casse la voix et doit par la suite prendre des cours de chants pour la récupérer.

Bob Rock est perfectionniste et Lars Ulrich doit souvent recommencer plusieurs fois ses sections batteries. Ce qu’on entend sur le disque est un "copié-collé" des meilleurs passages. Lars Ulrich frappe avec tellement de force et de hargne qu’après 5-6 prises, il est nécessaire de changer les peaux de la batterie.


Sur le Black album Metallica simplifie la structure de ses titres, les musiciens vont à l’essentiel. Si les fans des débuts se sentent trahis, Metallica s’ouvre alors à la scène rock générale. Malgré ces difficultés lors des longues sessions d’enregistrements, le groupe et Bob Rock finissent par trouver un terrain d’entente et deviennent même complices.

Un succès gigantesque

Le Black Album se classe à la première place des charts US et britannique à sa sortie.

Il reçoit également l’Award de meilleur album de hard rock/heavy metal lors de la 34e cérémonie des Grammy Awards en 1991.
Metallica avait loupé de peu cette décoration en 1988 avec son album… And Justice For All. A l’époque c’était Jethro Tull et leur album Crest Of A Knave qui l’avait remporté. En 1991 alors qu’il reçoit l’award, Lars Ulrich remercie, non sans humour, Jethro Tull de ne pas avoir sorti d’album cette année…

The Unforgiven

C’est aussi sur le Black Album que l’on retrouve "The Unforgiven" à l’introduction empruntée d’un "western". Le groupe ne voudra jamais révéler l’origine exacte du son pour des raisons légales Il est cependant probable que ce soit extrait de la bande originale du film "Le bon, la brute et le truand" signée Ennio Morricone, intro également diffusée durant certaines prestations du groupe.

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1991 MTV Video Music Awards – Arrivals © Ron Galella, Ltd./Ron Galella Collection via Getty Images

Nothing Else Matters

Photo of METALLICA and James HETFIELD and Kirk HAMMETT © Photo by Mick Hutson/Redferns

Si les sujets des précédents albums du groupe étaient principalement la mort, les guerres, la corruption politique… le Black Album comporte plus d’éléments personnels.

Par exemple "The God That Failed", autre extrait, parle de la mère de James Hetfield, décédée des suites d’un cancer.

"Nothing Else Matters" est un titre sentimental qui évoque une ex-copine de James Hetfield. Un titre tellement perso qu’Hetfield souhaite alors garder pour lui et ne pas le proposer aux autres membres du groupe. A sa grande surprise, les membres de Metallica vont adorer cette composition et vouloir l’interpréter.

James Hetfield expliquera plus tard qu’il a eu l’idée de l’introduction guitare de "Nothing Else Matters" alors qu’il était occupé au téléphone et qu’il avait sa guitare sur ses genoux…