Metallica au stade Roi Baudouin : le compte rendu et les photos

Metallica au stade Roi Baudouin: le compte-rendu et les photos
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Metallica au stade Roi Baudouin: le compte-rendu et les photos - © Tous droits réservés

Dimanche 16 juin 2019. Cette date belge, au Stade Roi Baudouin à Bruxelles, plus de 50.000 fans l’attendaient. Un véritable événement pour les amateurs de metal, aux portes de l’été, et quelques jours avant l’ouverture de l’édition 2019 du Graspop Metal Meeting.

Et même si Metallica reste un groupe que beaucoup adorent détester et critiquer, le monde rassemblé au sein de cette " Metallica Family " en aurait fait taire plus d’un.

La soirée a débuté sous un nuage hostile avec la prestation des Norvégiens de Bokassa, coup de cœur de l’année 2018 du batteur de Metallica, Lars Ulrich. Un stoner efficace, parfaitement en place, une bouffée d’air frais, comme le souhaitait la tête d’affiche, pour leur tournée européenne.

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Mention spéciale ensuite pour les Suédois de Ghost, loin d’être des débutants, mais qui assurent également les ouvertures de soirée pour ces dates sur notre continent. L’an dernier, nous avions rencontré le frontman Tobias Forge et il expliquait ressentir un frisson particulier quand le public réagissait bien aux morceaux, raison pour laquelle, sur le dernier album en date, " Prequelle ", certains titres paraissent plus " arena rock ", permettant de " faire danser les foules ". Ici, la recette a été appliquée à merveille, et adaptée au public amateur de sons plus lourds.

A première vue, les publics de Ghost et Metallica sont assez différents, et pourtant, le groupe mené par le Cardinal Copia a fait l’unanimité, en choisissant une setlist nettement plus heavy, sélectionnée parmi les quatre albums qui constituent leur discographie actuelle.

Tout de rouge vêtu, Tobias Forge a mené une heure de concert de main de maître, partageant enthousiasme, humour et bonne humeur, faisant même revenir le soleil.

Petit bémol tout de même pour le son franchement confidentiel pour Bokassa, et nettement insuffisant pour Ghost. Deux premières parties destinées davantage à la fosse qu’aux tribunes, depuis lesquelles il fallait tendre l’oreille et conjuguer avec le vent qui s’amusait à faire tournoyer le son.

Un son qui s’est heureusement amélioré en cours de soirée pour les deux heures trente de concert livrées par Metallica.

Le ton sera rapidement donné : après l’incontournable intro de "The ecstasy of gold" , et son thème signé Ennio Morricone, le groupe attaque avec le single " Hardwired ", qui avait annoncé la sortie du dernier album en date, " Hardwired… to self Destruct "… en novembre 2016. James Hetfield soulignera à plusieurs reprises au cours de la soirée, l’amour qu’il porte à cet album, qu’il considère comme le plus réussi de leur carrière.

Cela ne l’empêchera pas de taquiner le public sur son amour, à lui, pour les albums des débuts et les hits plus anciens.

De manière générale, le groupe ne sera avare de rien : ni de dialogue avec le public, ni de pointes d’humour bienvenues, ni de hits, ni de morceaux plus rares, ni de remerciements à leurs fans, présents depuis plus de 35 ans maintenant…

Côté visuel, la scène est grande, très grande, totalement sertie d’écrans géants recouvrant tout le fond de scène, mais avec une sobriété appréciable. On n’est pas ici dans un grand " show à l’américaine ", Metallica est là pour la musique, et le public n’a pas été lésé. Car cette musique, James Hetfield a rappelé à quel point elle est importante : elle lui a " sauvé la vie tant de fois " et le groupe était là ce soir pour " célébrer la vie grâce à la musique ".

Côté setlist, un agréable mélange équilibré : The memory remains (avec Marianne Faithfull sur écran), Disposable Heroes, Harvester of Sorrow, The Unforgiven (et ce solo, le préféré de Kirk Hammett), Here comes revenge, Moth into flame, Sad but true, Fade to Black,… les morceaux se sont enchaînés, entremêlant les albums, et les époques.

Puis cet interlude " local ", tradition pour le bassiste Robert Trujillo et le guitariste Kirk Hammett, de reprendre des morceaux cultes des lieux où ils s’arrêtent pour jouer. Comme lors de leur précédent passage, ils ont opté pour " ça plane pour moi " de Plastic Bertrand, et ils ont pu compter sur les fans pour faire les chœurs.

Le public a ensuite eu droit à un clin d’œil au regretté Cliff Burton pendant le solo du bassiste Robert Trujillo, avec quelques mesures de "Orion", avant de poursuivre avec St. Anger, One, une très belle version de Master of Puppets chantée à l’unisson par la foule, For Whom the Bell Tolls, Creeping Death, et un survolté Seek and Destroy.

A ce moment, plus de deux heures sont passées, à une vitesse incroyable en compagnie du groupe, en merveilleuse forme. Hetfield arbore une moustache à la Lemmy et les cheveux plus longs, look qui s’approche de celui qu’il avait choisi dans les années 90 ; Robert Trujillo et ses longues nattes n’a pas faibli un instant pendant le show, déployant cette énergie fantastique qu’on lui connaît ; Lars Ulrich fidèle à lui-même et qui a fourni une très belle prestation, augmentée de ses " chorégraphies de langue " dont il a le secret, et puis Kirk Hammet, tout de glam vêtu !

Il a reçu ce soir la palme de la plus belle tenue, taquiné même par Hetfield qui l’a qualifié " d’habillé pour faire la fête / dressed for party", avec un pantalon à rayures latérales dorées, une veste en jeans à tête de mort, un t-shirt assorti " cage thoracique de squelette ", jusqu’aux chaussures avec dessins de phalanges des métatarses du plus bel effet, le tout encore magnifié par un vernis noir sur les ongles.

Après quelques minutes d’attente et de demande soutenue du public, Metallica est revenu pour trois titres : " Lords of Summer ", enregistré pendant les sessions de Death Magnetic, sorti en single pour le Black Friday, et qui apparaissait sur le troisième cd de l’édition augmentée d' " Hardwired… to self destruct " ; et les incontournables " Nothing Else matters ", joué dans une vague de " flashs " de smartphones, à défaut des briquets d’antan, et enfin " Enter Sandman ", merveilleuse cerise sur le gâteau déjà très gourmand.

Alors bien sûr, les conditions ne sont pas idéales, c’est un concert en stade, il y a du vent, les prix sont élevés, l’organisation est ce qu’elle est, mais Metallica, de son côté, a montré une nouvelle fois qu’ils méritent, toujours aujourd’hui, le titre d’un des plus grands groupes (si pas LE plus grand) de metal de l’histoire.

Crédits photos: Benoît Bouchez

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