Media 21 : Pour éviter d'être filmés lors de leurs interventions, des policiers US diffusent de la musique

Aux Etats-Unis et ailleurs, de plus en plus de groupes appellent le public à filmer les interventions de la police. Des policiers américains ont trouvé un moyen d’éviter d’être filmés pendant leurs interventions, ils diffusent de la musique sous copyright.

Et pas seulement lorsque les policiers recourent à la force. Le média Vice raconte la mésaventure d’un activiste américain Sennett Devermon qui est l’animateur du compte Instagram : Always Film the Police, Filmez toujours la police. Il compte plus de 300.000 abonnés !

Après avoir reçu une contravention qu’il conteste, il s’est rendu dans un commissariat de Beverly Hills pour faire usage du Freedom of Information Act, la loi sur la transparence des documents officiels aux Etats-Unis. Conformément à ses principes, il a lancé la diffusion en direct de son échange avec les policiers présents via son smartphone.

Et c’est à ce moment-là que la conversation prend une tournure un peu particulière :

Sur la vidéo postée par Vice, on voit le sergent Billy Fair, jusque-là très cordial, comme son nom l’indique, changer d’attitude quand il s’aperçoit que la discussion est live-streamée. Il interroge Devermon : combien de personnes sont en train de regarder ? Réponse de l’activiste qui ne laisse pas démonter : enough, suffisamment. L’agent se tait alors, sort son téléphone, cherche une appli et lance la diffusion de Santeria, du groupe californien de ska et de reggae Sublime. Il monte le son et ignore les questions du militant.

Une scène assez surréaliste !

Mais tout à fait explicable selon Sennett Devermon qui dans une interview à CBS News a dénoncé une atteinte à la liberté d’expression de la part de la police. Pourquoi ? Parce que les algorithmes des réseaux identifient les musiques sous copyright et interrompent immédiatement la diffusion des vidéos qui les contiennent. Ce n’est pas une première. Lors d’un autre incident, un policier avait cette fois joué Yesterday des Beatles. En tout cas, ça n’amuse pas les activistes qui dénoncent un détournement du droit d’auteur. Ils ont entrepris des démarches auprès des plateformes pour empêcher la suppression de ce type de vidéos, suppression qu’ils assimilent à de la censure.

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