Media 21 : Concerts et virus, deux sets plutôt qu'un pour contourner les restrictions ?

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Media 21 - © CHRISTOPHE SIMON - AFP-belga

Comment faire lorsque le concert que vous deviez donner est supprimé parce que le nombre de spectateurs tombe sous le coup de l’interdiction de rassemblement de plus de 1000 personnes ? En donner deux pour que l’assistance de chaque représentation tombe en dessous de cette limite !

C’est l’idée acceptée par Nada Surf quand le groupe new-yorkais a appris dimanche soir la décision des autorités françaises de bannir les regroupements de plus de 1000 personnes dans des lieux clos. Il devait se produire à Paris ce mercredi 11 mars, et plus précisément à la Cigale, une salle de 1400 places. Selon le Huffington Post, tous les protagonistes se sont rapidement ralliés à cette modification. Elle a été ensuite annoncée notamment sur la page Facebook de la Maison de production.

Les concerts ont donc eu lieu, annoncés à 19 heures et à 21 heures 15, sans changement de durée. Seule la première partie a dû passer à la trappe. Le journal Le Monde rappelle que cette formule du double concert à la suite l’un de l’autre n’est pas neuve, elle a existé jusque dans les années 80. Mais si les fans peuvent y trouver leur compte – quoique le nombre de désistements ne cesse d’augmenter un peu partout – d’un point de vue financier, ce n’est pas une opération neutre. Si le groupe, en pleine promotion de son neuvième album, a donné les deux concerts pour le montant initial de son cachet, la formule implique des dépenses supplémentaires en salaires et en sécurité, à charge des organisateurs. Un choix difficile donc et qui ne fait pas l’unanimité de la profession. Ce ne sera donc pas la solution idéale même si l’artiste britannique Rex Orange County a lui aussi dédoublé son concert de Copenhague du lundi 9 mars en deux représentations, pour les mêmes raisons. Mais qu’en sera-t-il si ce plafond est à nouveau abaissé ?

En réalité, tout indique donc que le monde de la musique sera particulièrement touché par les conséquences économiques de la crise mondiale du Coronavirus. Et cela d’autant plus que la part des tournées et concerts dans les revenus de l’industrie musicale a augmenté ces dernières années en réaction à la baisse des revenus provenant de la vente physique des albums qui ne sont que partiellement compensés par les montants octroyés par les plateformes de streaming. À grand-peine, l’industrie avait récemment renoué avec les profits et retrouvé le sourire. L’embellie risque bien de n’être que de courte durée si la situation actuelle perdure.

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