Main Stage : Le Casino de Paris

Le mot casino, d’origine italienne, signifie littéralement 'petite maison' et en France, au 19e siècle, cela voulait dire 'salle des fêtes'. Le Casino de Paris dans sa mouture actuelle construit par le baron Haussmann est un hall de loisirs avec grande patinoire 'à roulettes' très en vogue à la Belle Époque. Après la première guerre mondiale, ce lieu fut la splendeur du Music-Hall avec les revues de Mistinguett et de Maurice Chevalier puis, dans les années 30, le succès de la 'perle noire' Joséphine Baker.

En 1959, Elvis Presley fait son service militaire en Allemagne, le 17 juin il passe un week-end de permission à Paris et décide d’aller voir un concert de ses amis du Golden Gate Quartet, en première partie de Line Renaud au Casino de Paris, avec sa revue ''Plaisirs''. À la fin du spectacle, Elvis rejoint ses amis en coulisses, à l’invitation de Loulou Gasté, le mari de Line Renaud. Mais le King repère une superbe guitare Selmer dans un coin de la loge et s’ensuit une jam-session avec les membres du golden Gate quartet qui dura jusqu’à l’aube. Ce sera l’unique concert, que le King donnera en Europe, certes en backstage et devant quelques amis. Rappelons qu’à cette époque, le casino accueillait essentiellement des spectacles de revue avec notamment Line Renaud et plus tard de Zizi Jeanmaire, pour laquelle les chansons étaient écrites par Serge Gainsbourg, Jean Ferrat, Michel Legrand et pour les costumes et décors, Yves Saint Laurent et Victor Vazarely. A la fin des années 70, ce type de spectacle, qui demande énormément de personnel, n’est plus rentable ! Après 2 tentatives de sauvetage de la salle d’abord par le directeur du Moulin Rouge ensuite par l’actrice Annie Girardot, le Casino de Paris tourne définitivement le dos au Music-Hall, passé de mode.

Lors de sa réouverture en 1982, Tino Rossi y fait ses adieux, là même où il avait commencé sa carrière 50 ans plus tôt.

Mais c’est Jacques Higelin qui, durant l’automne/hiver 1983 (pendant 4 mois d’affilée), ouvre le bal et étrenne une nouvelle période qui va voir se succéder des chanteurs et comiques de la scène française. Parmi eux, Serge Gainsbourg en 1985 (album ''Gainsbourg Live''), Jacques Dutronc en 1992, Eddy Mitchell, Michel Jonasz, Maxime Le Forestier… Mais aussi des stars de renommée mondiale comme Sheryl Crow, Ben Harper, Muse lors d’un concert privé en 2010, et l’année suivante Brian Wilson, des Beach Boys.

Je vous propose de revenir sur la prestation de Jacques Dutronc. Après 20 ans d’absence et une carrière consacrée au cinéma, il remonte sur scène. Il devait y rester quelques semaines qui se prolongent en mois avant d’entamer une tournée dans plusieurs pays. ''L’Opportuniste'', version live, s’est mieux classé dans les charts en 1992 que la version originale de 1968.

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