Les jeunes et les trous dans la raquette

La vie d’avant ou presque va reprendre lentement ses droits. Sauf pour les jeunes, véritables trous dans la raquette des différents plans de relance ou de soutien.

Les restaurateurs sont sur les genoux mais ils vont enfin pouvoir ouvrir dans des conditions plus dignes et plus rentables. Les salariés du privé et les fonctionnaires vont quitter lentement mais sûrement le télétravail à temps plein pour un mode de travail hybride.

Bref, la vie d’avant ou presque va reprendre lentement ses droits. Sauf pour les jeunes, véritables trous dans la raquette des différents plans de relance ou de soutien. Lorsqu’il avait souhaité ses vœux pour 2021, l’excellent journaliste David Abiker préconisait d’écouter les ados entre eux pour ne pas sombrer dans le pessimisme de l’âge.

La raison ? Les ados ne disent jamais "c’était mieux avant". Bien vu, hormis que la remarque n’est hélas plus d’actualité. D’ailleurs, parler des "jeunes" ne veut rien dire, c’est une paresse intellectuelle. En réalité, il y a plusieurs catégories de laissés pour compte. Les étudiants qui travaillent pour payer leurs études ou plutôt travaillaient lorsque l’Horeca était encore leur débouché naturel.

C’est clair, ces jeunes, il faudra les aider en urgence pour leur éviter de sombrer dans une spirale négative. L’autre catégorie de jeunes, ce sont ceux et celles qui par malchance sont arrivés sur le marché du travail au pire moment. Et comme ils ou elles étaient souvent sous contrat d’intérim, ils sont parmi les premiers à être passés sous la trappe.

Parfois même sans avoir droit au chômage faute d’avoir travaillé assez longtemps. Et puis, n’oublions pas la troisième catégorie de jeunes, c’est la cohorte de diplômés qui va postuler en septembre et va se retrouver face un marché de l’emploi, non pas gelé, mais plus difficile.

Il ne faut pas être grand devin pour comprendre que les emplois CDI seront moins nombreux que les CDD et que vu le choix disponible du côté de la demande, les salaires seront naturellement poussés à la baisse. Les sociologues appellent ce phénomène "l’effet cicatrice". C’est une constante historique, après chaque crise importante, le chômage explose et les nouveaux diplômés.

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