Les 50 ans de "The Man Who Sold The World" de David Bowie

Les 50 ans de "The Man Who Sold The World" de David Bowie
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Les 50 ans de "The Man Who Sold The World" de David Bowie - © Tous droits réservés

Troisième album de Bowie, The Man Who Sold The World est devenu aujourd’hui culte. A sa sortie, il y a 50 ans, il était pourtant passé plutôt inaperçu avant de connaître le succès suite à la "Ziggy Mania" 2 ans plus tard. Retour sur la réalisation de cet album inspiré notamment par le son du groupe Cream d’Eric Clapton.

Les prémices de l’album

En juillet 1969, David Bowie a enfin sorti son premier 45 tours à succès, "Space Oddity", qui bénéficie alors d’une forte visibilité puis qu’utilisé notamment par la BBC pour illustrer les premiers pas de l’homme sur la Lune.

Cela fait de nombreuses années que Bowie galère pour se faire un nom. Mais ce moment de succès est de très courte durée, et la célébrité n’arrivera que deux ans plus tard, grâce à la création du personnage extraterrestre, déjanté et androgyne: Ziggy Stardust.

La vie en communauté

Le son de l’album The Man Who Sold The World est celui d’un groupe soudé, une formation qui fusionne et dont les membres se connaissent bien. C’est en partie ce fait de vivre ensemble, en communauté, qui donnera cette touche si particulière à cette production.

Dans une interview accordée à Laurent Rieppi pour Classic 21 en 2007, le producteur et bassiste Tony Visconti précisera :

"David et moi étions très amis et on s’est dit que ça pourrait être une bonne idée de vivre ensemble, dans une communauté. On était encore dans l’esprit post-hippie, et ce genre d’idées existaient encore. Il y avait vraiment cet esprit génial de vivre et de créer de l’art ensemble. On s’est donc établi à Beckenham (Kent) dans cette immense demeure que David et Angela avaient trouvé. La fameux appartement Haddon Hall sur lequel on a tellement écrit aujourd’hui. Au début,c’étaient nos deux couples qui vivaient là-bas. Il y avait deux très grandes chambres, une petite cuisine, une petite salle de bains, mais il y avait aussi un très grand hall d’entrée, un grand salon et un énorme hall central. La demeure appartenait, durant ses premières années, à des gens très riches, mais à l’époque où nous y habitions, la maison était divisée en probablement 8 appartements si mes souvenirs sont bons. On avait le plus grand appartement du lot. On aurait pu mettre un petit avion dans ce hall central tant il était grand. Et, au sous-sol, on avait une cave, ça devait être une ancienne cave à vin. Peu après, nous avons rencontré Mick Ronson et il n’avait pas d’endroit où loger à Londres, il venait de Hull dans le Yorkshire […] Et il est venu vivre avec nous, tout comme le batteur Woody Woodmansey, on a donc installé des matelas un peu partout. Puis, il y a eu le roadie qui est également venu s’installer, puis les copines. On a donc fini par vivre à 10 personnes dans cet appartement".

Répétitions dans la cave

Toujours dans le même témoignage, le producteur et musicien précisait :

"Pendant que nous habitions cet appartement… David avait l’habitude de travailler sur l’écriture des textes de l’album The Man Who Sold The World et nous répétitions dans la cave. Donc, plus tard, quand nous avons débarqué en studio, on n’était pas qu’un groupe, on était des colocs et donc on a réalisé cet album dans une ambiance de franche camaraderie et de vie communautaire. Je pense que ça a été une bonne chose pour l’époque parce que, quand je le réécoute aujourd’hui, on retrouve vraiment ce "feeling de groupe" et ce même si c’était un album signé David Bowie. Ce groupe, c’était presque déjà la formation que les Spiders From Mars en fait".

Hommage à Terry, le demi-frère

Sur The Man Who Sold The World, il y a ce clin d’œil à Terry Burns, le demi-frère de David Bowie, plus âgé que lui, et qui a été quelqu’un d’important durant l’enfance et l’adolescence de l’artiste.

C’est en effet Terry qui va être un des premiers mentors de Bowie, lui ouvrant les portes de la Beat Generation et notamment de l’œuvre de Jack Kerouac ou encore du jazz, dont Terry était un grand admirateur.

Atteint d’une forme de schizophrénie, Terry finira pas être interné dans un hôpital psychiatrique. Dans "All The Madmen", Bowie revient sur la vie en asile, et se met à la place de ces patients qui semblent finalement moins fous que les hommes libres, ceux qui font alors tourner la société des années 70.

The Man Who Sold The World et la reprise de Nirvana

Méconnue du grand public pendant de nombreuses années, la plage titre de l'album sera reprise, avec grande surprise, dans le fameux MTV Unplugged In New York de Nirvana, enregistré en novembre 1993 et sorti un an plus tard, suite à la disparition de Kurt Cobain.

Dans l'interview qu'il nous avait accordé en 2007, le producteur et bassiste de l'album, Tony Visconti précisait à propos de ce classique:

"Mon titre favori sur cet album est probablement la plage titre The Man Who Sold The World, vous savez, c'est un titre simple mais tellement iconique. C'est tellement beau. Même quand Nirvana l'a repris, ils ont exactement copié nos arrangements. C'est marrant que de nombreux jeunes pensent que c'est Kurt Cobain qui a écrit Man Who Sold The World. Je crois que l'album est aussi mon favori, j'ai deux albums favoris de Bowie, celui-ci et un autre que j'ai fait bien plus tard". 

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