Les 50 ans de Cosmo's Factory de CCR

Les 50 ans de Cosmo's Factury de CCR
Les 50 ans de Cosmo's Factury de CCR - © Tous droits réservés

Il y a 50 ans sortait le cinquième album de Creedence Clearwater Revival. Retour sur ce grand album de la formation dirigée par John Fogerty.

5e album de Creedence Clearwater Revival, "Cosmo’s Factory" est également probablement l’un des albums les plus célèbres de la formation. Une véritable usine à tubes, comme s’en souviendra John Fogerty, chanteur/guitariste et leader de la formation, en 2008, au micro de Laurent Rieppi pour Classic 21 : "L’ambiance était bonne en studio et je me suis attelé à y apporter beaucoup d’éléments de ce qui faisait le son Creedence Clearwater Revival. Et ce afin de produire un album très fort. Et – chose dont je ne me suis rendu compte que bien plus tard – je pense qu’on y retrouve six singles/45 tours sur cet album ou quelque chose comme ça. Ce qui, pour l’époque, était complètement inédit. On pourrait dire que cet album représente Creedence Clearwater Revival au sommet de son art".

L’album suit d’un peu plus de 8 mois celle du précédent, "Willy and the Poor Boys", autre excellente production du répertoire du groupe.

Pour obtenir le meilleur, Fogerty fait répéter sans cesse les musiciens, les fait reprendre à de très nombreuses reprises et finit même par les épuiser.

C’est cet entêtement qui donnera son nom à l’album. En effet, John Fogerty se montrera tellement exigeant avec ses musiciens, que le batteur du groupe Doug "Cosmo" Clifford renommera le local de répétition (un entrepôt qui était situé à Berkeley), l’"usine". C’est ainsi que l’album sera baptisé "Cosmo’s Factory" (l’usine de Cosmo).

 

Cosmo’s Factory est enregistré, tout comme d’autres albums de Creedence, aux célèbres Wally Heider’s Studios à San Francisco. Studio mythique du son "West Coast" puisque d’autres grands classiques tels que "Déjà Vu" de Crosby, Stills, Nash&Young, "American Beauty" de Grateful Dead ou encore "Volonteers" de Jefferson Airplane y ont été également enregistrés.

Who’ll Stop The Rain

"Who’ll Stop The Rain" est un grand classique du répertoire de Creedence Clearwater Revival et de John Fogerty en solo. Fogerty écrira ce titre suite à la prestation de Creedence au mythique festival de Woodstock où la pluie a été omniprésente.

"Who’ll Stop The Rain" peut être également vu comme un commentaire politique, notamment une critique contre l’engagement américain au Vietnam.

Fogerty sera souvent opposé à la politique du gouvernement américain et ce même bien plus tard. Un titre tel que "Déjà Vu, All Over Again", sorti plus de 30 ans plus tard, le confirme.

Travelin' Band

Travelin’Band, un titre présent sur cet album “Cosmo’s Factory”, posera quelques petits problèmes à John Fogerty à l’époque.

En effet, la société qui possédait les droits sur le catalogue de Little Richard accusera Fogerty de plagiat en prétextant que "Travelin’Band" aurait été bien plus qu’inspiré par "Good Golly, Miss Molly", classique du rockeur américain.

Heureusement, le procès n’ira pas très loin et, finalement, la société laissera tomber ses accusations puisqu’il y avait certes une inspiration, mais on ne pouvait pas vraiment parler de plagiat.

Interviewé en 2008 par Laurent Rieppi pour Classic 21, Fogerty se souviendra : "Oh, pour ce titre, j’ai été très influencé par Little Richard et ce genre de rock’n’roll assez puissant, avec du piano et des cuivres, ce genre de choses… Donc j’ai voulu faire un titre dans ce style, et c’est devenu ce morceau qui parle de la vie sur la route, des musiciens qui voyagent. Depuis ce titre, il y a eu tellement de groupes qui ont repris ce sujet et en ont fait un tube… Un an après, ils écrivaient tous leurs titres à propos de ce qu’était leur vie sur la route…".

Un titre de Marvin Gaye revisité

L’un des titres les plus marquants de cet album est sans aucun doute la reprise du "I Heard It Through The Grapevine" de Marvin Gaye ou plutôt "popularisé par" Marvin Gaye puisqu’il s’agit en fait d’une composition signée par Norman Whitfield et Barret Strong, le duo de choc qui écrira de nombreux standards motown dans les années 60 et 70.

John Fogerty (toujours extrait de l’interview de 2008 par Laurent Rieppi) : "La version de Marvin Gaye était déjà sortie depuis pas mal de temps, de nombreux mois… Vous savez dans les productions Motown il y a toujours beaucoup d’éléments : des violons, des percussions, beaucoup d’écho… C’était un titre très commercial, je n’arrivais pas vraiment à y distinguer la véritable performance de Marvin Gaye, qui était enfouie en dessous de tous ces arrangements sirupeux. Et un jour – je pense que je faisais du shopping à Los Angeles - on était au milieu d’une tournée et je me suis rendu dans un de ces magasins qui vend des vêtements en cuir. Et en me rendant dans l’arrière du magasin, j’ai eu la révélation, ils diffusaient alors une version stéréo du titre. Et comme je me suis baladé à l’arrière de la pièce, je n’entendais qu’un des deux diffuseurs sur lequel on pouvait entendre essentiellement la voix de Marvin Gaye. Et j’entendais vraiment sa voix pour la première fois et il chantait tellement bien… Et en l’écoutant je me suis dit : 'waw, ça c’est un morceau que j’aimerais chanter'. Et donc ensuite j’ai commencé à travailler sur de nouveaux arrangements pour ce titre, et me suis arrangé pour que la guitare puisse avoir ce côté 'marécageux' qui était ma signature et qui restituait le riff joué au piano sur la version de Marvin Gaye. J’ai travaillé là-dessus pendant un petit temps à la maison et je me suis rendu compte que ça pourrait se transformer un bon morceau de 'jam' et c’est ainsi que ma version a vu le jour".

Un album numéro 1 en Angleterre et aux Etats-Unis

Porté par le succès de ses différents singles et par cette reprise incroyable d’un tube soul, "Cosmo’s Factory devient directement un grand succès. Premier en Angleterre et aux Etats-Unis, l’album se classera aussi, grâce à cette version de "I Heard It Through The Grapevine", à la 11e place du TOP 20 Soul aux Etats-Unis.

Newsletter Classic 21

Recevez chaque jeudi matin un aperçu de la programmation à venir.

OK